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Depuis plus de trois ans que les familles occupent ce terrain municipal. L’an dernier, une partie du terrain a été expulsée sur la demande de la RATP. Les habitants, s’étaient regroupés alors sur le terrain municipal adjacent occupé en partie, dont la mairie, n’avait pas demandé l’expulsion.

Depuis plus de trois ans que les familles occupent ce terrain municipal. L’an dernier, une partie du terrain a été expulsée sur la demande de la RATPet du conseil général. Les habitants, s’étaient regroupés alors sur la parcelle de terrain municipal adjacent occupé en partie, dont la mairie, n’avait pas demandé l’expulsion.

Photos : Ludo Versace.

Mais voilà, un incendie plus tard, dans lequel la petite Melisa trouve la mort – l’enquête n’a pas donné d’explication quant aux causes de l’incendie- et une élection municipale plus tard : c’est l’expulsion. Le nouveau maire UDI, Stéphane De Paoli, promet de gérer le problème ? Mais pas le problème de logement comme on pourrait le penser de ces enfants de Bobigny qui sont quasiment tous scolarisés dans les écoles voisines. Scolarisation massive qui a permis de garder une classe menacée de fermeture par manque d’effectif … et de risquer ainsi de perdre un poste d’enseignant qui après -on le sait bien est difficile a récupérer… Non le maire veut tous simplement se débarrasser des familles…

Deux décisions juridiques contradictoires

Le 26 août dernier, le tribunal administratif de Montreuil a donné raison au maire UDI de Bobigny. Il a validé l’arrêté d’expulsion pris par Stéphane de Paoli. Alors que le 2 juillet le tribunal de Bobigny compétant en la matière puisque le terrain n’a pas d’interêt public particulier lui donnait tort et mettait en avant l’interêt des familles.

Problème juridique ? La Ligue des droits de l’homme a alors déposé un recours. Mais ce recours n’est pas suspensif, c’est-à-dire, que l’expulsion peut être prononcée et réalisée sans que cela ne soit re-jugé.

Un diagnostic social se félicite Didier Leschi ?

Mardi matin, les familles ont été expulsées sous la pluie froide. Il y aurait eu un diagnostic social-obligatoire depuis la circulaire du 26 août 2012, par le Groupement d’intérêt public habitat et interventions sociales (GIP HIS) : ce qui signifie que ces gestionnaires sont venus un jour sur le terrain et on soit disant réalisé un diagnostic personnalisé (tel est le principe de la circulaire) pour chaque habitant : Autours de 350 en une journée ?

Combien d’habitants étaient présent sur le terrain ? Combien coûte se diagnostic fait à la va vite ? Le sous-prefet au discrimination, Didier Leschi, se félicite : une trentaine de familles ont été envoyées dans la précipitation dans des hébergements ponctuels ; éparpillées dans toute la France et seront relogées dans des appartements géré par ADOMA -les spécialistes des foyers de travailleurs immigrés.

Beaucoup d’argent dépensés, dit le sous prefet. Oui et où va l’argent, dans les poches de ADOMA, les familles elles ont un travail et paieront normalement leur loyer. Par contre les enfants vont se retrouver déscolarisés et les parents relogés dans d’autres départements et régions vont perdre leur emplois !! Bravo pour le suivie social de ces familles du 93.

Et pour les autres. Une soixantaine de personnes à la rue, sous la pluie… Les familles et les collectifs qui les soutiennent, se sont regroupés place de la République à Paris, lieu symbolique de résistance. Puis, ils ont investi l’hôpital Saint-Louis non loin de là. Le directeur a également appelé la police qui les a délogé.

Hébergés dans un gymnase à Paris

Au final, grâce à leurs actions, la mairie de Paris leur a ouvert un gymnase prés de la gare de l’Est. Pour combien de temps ? C’est les vacances, et après ? Les enfants composent la moitié du groupe et ne pourront pas retourner dans leur école, retrouver leur camarades de Bobigny. La directrice Véronique Decker déplore la manière dont tous cela c’est passé et déclare dans Libération :

« L’histoire de Mugurel Latcu, père de deux enfants scolarisés et qui travaille à Aulnay-sous-Bois, illustre cette précipitation. « Alors qu’il venait d’obtenir un logement social après quinze ans passés en France, on va l’expulser des Coquetiers, s’alarme Véronique Decker. En échange, on lui propose des nuits d’hôtel à Hardricourt [localité des Yvelines située à 60 kilomètres de là, ndlr]. Il risque de perdre son emploi et ses enfants d’être déscolarisés. »

L’école ? Le travail ?

Cela ne semble pas faire partie des préoccupations des gestionnaires politiques et administratifs. Mais alors que prennent-ils en compte ? A quoi sert leur soit-disant travail social, qui coûte , « plusieurs centaines de milliers d’euros à déclaré le sous-préfet ?

N’entretiennent-ils pas simplement les emplois des gestionnaires eux-mêmes, sans assurer d’aide aux familles ? D’ailleurs les familles demandent surtout a entrer dans le droit commun, c’est-dire à ce que l’on respect leur droit en tant que citoyens. Ceux-là ne semblent pas faire partie des administrés de Stéphane De Paoli. Pourtant, nouveaux immigrés européens, les Roumains et Bulgares du terrain des coquetiers, feront les électeurs de demain, déjà aux dernières municipales, de nombreux immigrés européens – qui ont une domiciliation- ont participé aux élections municipale.

Les enfants traumatisés par ces expulsions répétées se rendront un jour compte que l’administration leur à voler leur enfance, que feront-ils alors ?

Collectif contre la xénophobie : Maïssoun Zeineddine