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Ce jeudi 27 octobre, les résidents algériens du Foyer-Taudis d’Epinay ont été expulsés.

Vers 6 heures ce matin, environ une cinquantaine de CRS, soit 7 fourgons postés devant l’entrée, ont débarqués dans les chambres et réveillés les résidents, coup de pied dans les portes et cris... Les plus jeunes ont insisté pour réveiller calmement les anciens mais les flics ne firent pas, une fois encore, d’état d’âme.

Pour visualiser la scène : Un bâtiment encerclé de CRS, un devant chaque porte de chambre, pressant les résidents, pas que verbalement, de sortir dehors. « On aurait dit la guerre ! » nous explique un des expulsés. Une dizaine de résidents, sans doute sans-papiers ont été arrêtés et sont probablement au commissariat de Saint Denis. « Ils ne nous ont même pas laissé expliquer aux anciens, qui ne parlent pas français, ce qui se passe. Ils leur parlaient et ne nous laisser pas traduire ! ». Ils n’ont quasiment rien pu récupérer de leurs affaires personnelles et les photos leur étaient interdites.

Une fois mis à la rue, avec l’aide des maîtres chiens, un barrage de robocops interdisait l’entrée, même aux plus anciens et aux malades. D’ailleurs, certains résidents sont en ce moment à l’hôpital, comment vont-ils faire ? « Vos affaires seront dans un box à Stains, » selon la flic, puis on voit arriver un énorme camion-benne qui passe le barrage des flics vers le foyer...

L’AFTAM a quand même pris soin de ramasser les loyers la veille, bien que les quittances ne soient plus délivrées depuis quelques mois. Mais aucun courrier n’a été envoyé pour les prévenir de cette matinée.

« C’est catastrophique, on se croirait le 17 octobre 1961, » dixit un résident écoeuré.

Rappelons quand même que les résidents de ce foyer-taudis sont là depuis des années (45 ans pour certains) et qu’ils ont travaillé dans les métiers les plus difficiles (bâtiment, nettoiement, etc.). Voir Les habitants du foyer taudis AFTAM d’Epinay en lutte ! pour plus d’infos.

Suite au rassemblement de ce soir 18 h devant la mairie de St-Denis,
les soutiens et les résidents du foyer-taudis Aftam Epinay ont demandé
à un maire-adjoint présent, David PROULT, une solution d’hébergement,
au moins pour cette nuit, des 14 résidents maghrébins expulsés ce
matin.

D. PROULT nous a tout d’abord répondu qu’il n’avait "aucune solution
technique" à proposer. Pourtant nous sommes en période scolaire, des
gymnases, salles de sports doivent être disponibles, comme par exemple
à Montreuil, où la Maire a fourni un gymnase pour héberger des
expulsés vivant sous des tentes. Selon le maire-adjoint, à St-Denis,
aucun équipement de ce genre n’est soi-disant disponible !!

Ensuite des expulsés maghrébins ont alors proposé de téléphoner à
l’Aftam pour leur demander de pouvoir dormir ce soir, dans la salle de
prières du foyer. Le maire-adjoint a bien voulu appeler le Directeur
général de l’Aftam, M. OUDOT qui a accepté, avec comme condition que
l’imam soit d’accord. Après discussion, il a été convenu que ce serait
plutôt dans la salle de réunion.

Demain matin, vendredi 28 octobre, à 11 h, les expulsés maghrébins et
des soutiens vont demander à discuter avec M. OUDOT au siège de
l’Aftam 16, cour St-Eloi M° Ledru Rollin, sur des propositions de
relogement. La négociation risque d’être d’autant plus difficile que
parmi les 14 expulsés, 10 sont sans-papiers.

— 
Collectif Pour l’Avenir des Foyers
copaf@copaf.ouvaton.org
8 rue Gustave Rouanet 75018 Paris
06 87 61 29 77

APPEL REUNION D’ORGANISATION ET SOLIDARITE

Samedi 29 octobre, 14h, Foyer Epinay-République
162, rue de la République, 93800 Epinay
(bus 361 ou 356 à partir de Saint Denis Universités, arrêts
Blumenthal-République ou Cité Blumenthal)

Suite à l’expulsion tôt le matin de l’ensemble des habitants d’un des
bâtiments du foyer préfabriqués 162 av de la République à Epinay,
plusieurs mobilisations ont eu lieu.

L’Aftam a spontanément relogé un nombre très limité de résidents qui
ont leurs noms sur la liste « officiels » qui datent d’au moins cinq
ans. De nombreux résidents dits « officiels » sont de fait au pays et
rien ne garantit qu’à leur retour ils seront relogés. Le reste y
compris des personnes en grande maladie ou en grande détresse
psychologique, ont été jetés à la rue.

Un rassemblement le soir devant la Mairie de Saint Denis accompagné
par l’interpellation forte d’un élu a permis de faire lever la garde
des vigiles devant les portes du foyer d’être levée. 17 personnes
expulsées sans autre solution ont pu ainsi être hébergé pour la nuit
dans l’enceinte du bâtiment qui reste.

Une délégation aux portes de l’Aftam a produit la promesse de la
société gestionnaire d’examiner avec bienveillance toute demande de
logement adressé par un surnuméraire ou remplaçant en situation
régulière.

Mais de grands problèmes persistent et il y a du travail à faire.

Nous ne sommes pas sûrs que toutes les personnes expulsées ont été repérées.
Des dossiers doivent être constitués ce weekend pour toutes les
personnes qui peuvent demander un logement dans un foyer Aftam.
Aucune solution n’est proposée pour la dizaine de sans papiers, dont
une partie a été arrêté et emmené en garde à vue avant d’être libéré
dans l’après-midi du 27.
La situation dans le foyer laisse penser que l’hébergement proposé
pour la première nuit aux expulsés ne pourra pas être renouvelé très
longtemps.

Pour le bâtiment dit « des africains », quelques rafistolages de la
chaudière laisse penser que les habitants devront encore durer un
hiver dans ce taudis, encore que l’Aftam reste extrêmement flou sur
ses intentions.

Il faut qu’on se retrouve tous demain après-midi au foyer pour
répartir le tâches, travailler pour l’unité des résidents et pour la
mobilisation collective.

- Relogement de tous les expulsés du foyer !
- Régularisation des sans papiers !
- Relogement dans la dignité et en groupe des résidents restants !
- Non aux expulsions !

Comité de résidents du foyer Epinay République, Collectif de soutien
au foyer de Epinay République, Coordination des foyers Aftam,
organismes de soutien
— 
Collectif Pour l’Avenir des Foyers
copaf@copaf.ouvaton.org
8 rue Gustave Rouanet 75018 Paris
06 87 61 29 77