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À l’heure où il faut s’alarmer de l’absence de réactions politiques face à la création de milices de la police et de la gendarmerie, on peut se féliciter d’enregistrer une réaction syndicale, du SGP, premier syndicat de policiers (avec 48% des voix lors des dernières élections professionnelles). Il dénonce la création de « milices armées », soulignant le fait que ces « réservistes » et « citoyens volontaires » pourraient être armés.

Point essentiel, comme le fait que les « réservistes » puissent porter l’uniforme des fonctionnaires de police ou de gendarmerie. On attendait une réaction syndicale sur la question du statut sans couverture sociale proposé aux réservistes, et le fait que les auteurs de la loi font valoir que les miliciens pourront se substituer aux fonctionnaires, dans le contexte de réduction du personnel affichée.

Le Parti socialiste s’est également exprimé en ce sens, ainsi qu’on a pu le lire dans Libé-papier du 27 janvier, au lendemain de la fixation définitive du texte par la Commission mixte paritaire : Jean-Jacques Urvoas, “monsieur sécurité” du PS s’y montrait carrément favorable à ces milices, puisqu’elle permettraient de compléter les effectifs de police là où il en manquerai selon lui – « L’idée n’est pas choquante si le dispositif vient appuyer les policiers », dit-il.

Ainsi, la création des milices nous est présentée comme une disposition qui consisterait “seulement”… à précariser les emplois de policiers, qui deviendraient en quelque sorte des “intermittents” de la sécurité, exonérés d’impôts et de charges sociales – tels des travailleurs au noir en fait. La seule différence étant qu’il s’agit de « citoyens volontaires », comme il est dit, c’est-à-dire recrutés sur une base d’engagement idéologique.

S’il n’insiste pas sur cette dimension de “casse sociale”, le SGP dénonce d’abord le scandale politique, qui prime sur toute autre considération, consistant à vouloir instaurer un État milicien. Le fait que ces milices soient de surcroît « armées » indique bien le véritable danger pour la démocratie – même si des milices sans armes à feu peuvent également être redoutables.

Replongeant dans l’histoire du SGP – premier syndicat policier, remontant aux années 1920 –, on trouve traces à de multiples reprises de manifestations courageuses comme, en 1961, pendant la guerre d’Algérie, quand la police parisienne était requise pour mettre en œuvre y compris la torture. Le secrétaire général du SGP d’alors, François Rouve, sera révoqué par le Ministre de l’Intérieur, Roger Frey après avoir déclaré que « les gardiens de la Paix ont le droit d’avoir une conscience ».

Le syndicat Unité SGP-Police s’oppose à la création au sein de la police nationale d’une réserve citoyenne qui s’apparente, selon lui, à une « milice armée ».

La loi sur la sécurité intérieur (Loppsi 2) examinée mercredi par les députés prévoit d’étendre aux citoyens volontaires la réserve civile créée en 2003 pour les retraités de la police nationale âgés de moins de 65 ans.

Le recrutement de volontaires réservistes, notamment parmi les étudiants, vise à compenser la baisse des effectifs dans la police nationale. Ils pourront être armés et dresser des procès-verbaux après avoir été formés sur le tas.

Pour Nicolas Comte, secrétaire général d’Unité SGP-Police, la sécurité ne peut être confiée « qu’à des hommes formés aguerris et aptes à répondre à toutes les situations comme le sont les policiers nationaux. »

Il s’interroge dans un communiqué sur « cette volonté de créer un semblant de “milices” armées et mal formées plutôt que de maintenir des policiers nationaux ».

Nicolas Comte juge cette décision d’autant plus mal fondée qu’en même temps le ministère de l’Intérieur s’apprête à fermer plusieurs compagnies républicaines de sécurité et poursuit la réduction des effectifs dans le cadre de la réforme générale des politiques publiques.

L’UMP justifie la création du statut de réserviste volontaire par le trop petit nombre de candidats dans les rangs des retraités de la police, un peu plus de 5.000 en 2009.

« L’objectif, c’est plus d’effectifs mobilisables en temps réel et plus disponibles », explique jeudi dans Libération Eric Ciotti, qui a en charge les questions de sécurité à l’UMP.

Il souligne que la réserve dans la gendarmerie compte 40.000 hommes.

[Source : Reuters]

Communiqués de Presse

Des milices à la place des professionnels de la sécurité

Le 27/01/2011

Notre syndicat UNITÉ SGP POLICE réprouve la décision de l’Assemblée Nationale de créer des réservistes armés dans la police nationale. Comment peut on imaginer qu’au moment où on nous parle de fermetures de services et notamment de plusieurs Compagnies Républicaines de Sécurité, on puisse prendre de telles décisions ? Nicolas COMTE, Secrétaire Général de l’organisation a déclaré : « UNITÉ SGP POLICE s’oppose à la création de milices armées ».

Pour UNITÉ SGP POLICE, la sécurité de nos concitoyens ne peut être confiées qu’à des hommes formés, aguerris et aptes à répondre à toutes les situations comme le sont les policiers nationaux.

UNITÉ SGP POLICE - FORCE OUVRIERE s’interroge sur cette volonté de créer un semblant de « milices » armées et mal formées plutôt que de maintenir des policiers nationaux.

UNITÉ SGP POLICE considère, qu’une nouvelle fois, on ne prend pas le problème de la sécurité par le bon bout et que ce sera la sécurité de nos concitoyens et les libertés individuelles qui se verront menacées.

UNITÉ SGP POLICE réitère son opposition à ce nouveau démantèlement du service public police et à la fermeture des différents services et plus particulièrement de Compagnies Républicaines de Sécurité

UNITÉ SGP POLICE - FORCE OUVRIÈRE fera des propositions dans le cadre du livre blanc sur la sécurité.

[Source : SGP]

UNITÉ SGP POLICE, réitère son appel à la mobilisation de l’ensemble des policiers car, aujourd’hui, ce démantèlement touchera tous les services de police sans exception. Ce n’est pas en créant des « miliciens » et en démantelant les Compagnies Républicaines de Sécurité que l’on résoudra le problème de la sécurité dans notre pays.