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L’acampada de Madrid a produit, le 20 mai, un deuxième programme. Nous avions publié le précédent sans prendre le temps de le traduire : celui-ci nous arrive en français. L’internationalisme avance… Et les propositions s’affinent.

Changement de loi électorale, droit au logement, santé publique, libre circulation, éducation publique et laïque, abrogation des lois discriminatoires et injustes, en particulier le statut des étrangers, réforme fiscale, taxe Tobbin, suppression des paradis fiscaux, réforme de la classe politique, mesures contre la corruption,nationalisation des banques assistées par l’État, séparation de l’Église et de l’État, démocratie directe et participative, véritable régulation des conditions de travail, fermeture de toutes les centrales nucléaires, séparation effective des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire, réduction de la dépense militaire, fermeture des usines d’armements, retour sur la mémoire historique (en particulier de la guerre d’Espagne), etc.

Un peu de bric et de broc, parfois naïf, pas très complet ni toujours radical, ni même forcément cohérent, ce programme a l’immense mérite d’exister, et de représenter une véritable volonté de réformes profondes dont le but est sans ambigüité : il s’agit d’instituer une société plus libre et plus juste.

La réflexion collective qui s’assume est en fait sans précédent. C’est la même nature de réflexion dont on a pu témoigner en Islande. Les citoyens ne font plus du tout confiance à leurs “représentants”, sur lesquels ils ont les plus grandes réserves.

C’est d’abord ça : la faillite totale des gouvernements de la gauche institutionnelle, constatée ici comme ailleurs. Ceux-ci ne servent à rien d’autres qu’à faire perdurer un ordre injuste. Et si on veut aller vers plus de justice, c’est au citoyens eux-mêmes, organisés avec les moyens du bord, de le faire valoir.

Aux élections de dimanche, c’est l’horrible Parti populaire, de la droite post-franquiste, qui a remporté haut la main une majorité écrasante des suffrages. La gauche s’est abstenue ou à voté blanc. Joli bilan pour le Parti socialiste ou l’Izquierda unida, auxquels plus personne nepeut croire, ni même un instant. Quel naufrage !

Quel renouvellement de la vie politique peut-on attendre sur ces cendres ? Mystère. La clef est probablement toujours Puerta del Sol, dans cette volonté qui se lève, comme place Tahrir ou à Tunis – des peuples qui, sans plus de préméditation, mais avec une conviction totale et une détermination non moindre, savent qu’il faut changer, et qu’on ne peut pas aller plus loin dans la voie suicidaire que les institutions, dictatoriales ou « démocratiques », imposent à nos sociétés dans une inconscience devenue complètement insupportable.

La morale de cette histoire, c’est au moins ça : ces sociétés ne peuvent pas aller plus loin dans le chemin de pillage et de connerie destructrice qui les afflige. La vie mérite mieux.

Reste à renforcer, élaborer, réfléchir comment avancer. Et c’est bien ce dont il est question, à Madrid comme à Barcelone, à Paris comme à Tunis.

Paris s’éveille

MADRID, 20 mai 2011

Suite au consensus atteint par l’Assemblée réunie le 20 mai à ACAMPADA SOL (le camp place Puerta del Sol), une première liste de propositions, résultant de la compilation et de la synthèse des milles propositions reçues tout au long de ces jours, a été élaborée.

Nous rappelons que l’Assemblée est un processus ouvert et collaboratif.

Cette liste ne se conçoit pas comme étant fermée.

1. Le changement de la loi électorale pour que les listes soient ouvertes et avec circonscription unique. L’obtention de sièges doit être proportionnelle au nombre de voix.

2. Une attention aux droits basiques et fondamentaux reconnus dans la Constitution tels que :

• Le droit à un logement digne, par la rédaction d’une réforme de la loi hypothécaire afin que la remise du logement annule la dette en cas d’impayé.

• La santé publique, gratuite et universelle.

• La libre circulation des personnes et le renforcement d’une éducation publique et laïque.

3. L’abolition des lois et des mesures discriminatoires et injustes telles que le plan de Bologne et l’Espace européen de l’enseignement supérieur, la loi relative au statut des étrangers et celle connue sous le nom de loi Sinde.

4. Une réforme fiscale favorable aux plus bas revenus, une réforme des impôts sur le patrimoine et les droits de succession. L’application de la taxe Tobin, laquelle impose les transferts financiers internationaux. La suppression des paradis fiscaux.

5. Une réforme des conditions de travail de la classe politique afin que soient abolies leurs indemnités de fonction. Que les programmes et les propositions politiques acquièrent un caractère inaliénable.

6. Le rejet et la condamnation de la corruption. Qu’il soit rendu obligatoire par la loi électorale de présenter des listes nettes et libres de toute personne accusée ou condamnée de corruption.

7. Des mesures plurielles à l’égard des banques et des marchés financiers dans l’esprit de l’article 128 de la Constitution, qui stipule que « toute la richesse du pays, sous ses différentes formes et quelle que soit son appartenance est subordonnée à l’intérêt général ». La réduction des pouvoirs du FMI et de la BCE. La nationalisation immédiate de toutes ces entités bancaires ayant requis le sauvetage de l’État. Le durcissement des contrôles sur ces entités et sur les opérations financières afin d’éviter de possibles abus quelle que soient leur forme.

8. Une vraie séparation de l’Église et de l’État, comme le stipule l’article 16 de la Constitution.

9. Une démocratie participative et directe dans laquelle la citoyenneté prend part activement.

Un accès populaire aux médias, qui devront être éthiques et vrais.

10. Une vraie régulation des conditions de travail. Que son application soit surveillée par l’État.

11. La fermeture de toutes les centrales nucléaires et la promotion d’énergies renouvelables et gratuites.

12. La récupération des entreprises publiques privatisées.

13. Une séparation effective des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire.

14. Une réduction de la dépense militaire, la fermeture immédiate des usines
d’armement et un plus grand contrôle de la sécurité par l’État. En tant que mouvement pacifiste nous croyons au « Non à la guerre ».

15. La récupération de la mémoire historique et des principes fondateurs de la lutte par la Démocratie dans notre pays.

16. La totale transparence des comptes et du financement des partis politiques comme moyen de contention de la corruption politique.

@acampadasol – Movimiento #15M

[Source : bertrand]