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Faire un point sur la mobilisation dans les raffineries et dépôts de carburant est loin d’être un exercice évident. Et pour cause, certains médias se livrent à un exercice de désinformation fastidieux… Ouest France titre « Carburant. Six des douze raffineries ne sont plus grève », Yahoo actualité « Sept des 12 raffineries françaises toujours en grève », et l’on apprend partout qu’elles sont toutes arrêtées. Alors, grève ou pas grève ?

[17h : Ouest France a tout de même fini par modifier son article et titre « Carburant. Trois des douze raffineries ne sont plus en grève ». Sans commentaire.]

Au matin du 25 octobre, on ne sait pas si la grève va être reconduite ou non dans certaines raffineries. La supercherie vient du fait que sept ont reconduit le mouvement, alors que les autres doivent se prononcer aujourd’hui même. Et voilà que certains médias s’empressent de titrer que dans la moitié des raffineries, le mouvement est mort. « Six des douze raffineries ne sont plus grève », avec en prime une belle coquille (signe évident que l’auteur de cet article a dû y passer des heures). Sont forts à ce point de connaître avant tout le monde, et avant les grévistes mêmes, les résultats des votes. Et même si l’on écrit dans le corps de l’article : « les autres raffineries doivent se prononcer par vote dans la journée sur la poursuite du mouvement contre la réforme des retraites », pourquoi ne pas titrer que la moitié arrête la grève ? Là où y a de la gêne, y a pas de plaisir. Dormez, citoyens, les médias veillent.

Nous vous proposons ici un point sur l’état du mouvement dans les raffineries et dépôts de carburant.

Dans trois raffineries seulement, le mouvement est arrêté ; dans les autres, le mouvement continue.

 RAFFINERIES

Les douze raffineries de France sont toujours à l’arrêt ce lundi, la production n’a pas recommencé dans les sites qui ne sont plus en grève.

Arrêt de la grève :

La fin de la grève a été votée dans les deux raffineries françaises du groupe Esso. La production ne peut cependant pas reprendre tout de suite :

Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône)
Gravenchon (Seine-Maritime).

Contrairement aux autres raffineries françaises, la grève des salariés de Reichstett, au nord de Strasbourg, ne visait pas à protester contre la réforme des retraites. Les grévistes protestaient depuis le 15 octobre contre un plan social. Ils ont voté aujourd’hui la reprise du travail (voir cet article sur France-Info) :

Reichstett

Reconduite de la grève :

Raffineries du groupe Total :

La Mède

Feyzin :

Les salariés de Total se sont prononcés ce week-end en faveur d’une grève illimitée.

Grandpuits

Gonfreville

Donges :

Les salariés avaient voté vendredi la poursuite du mouvement jusqu’au 29 octobre, soit au-delà de la nouvelle journée d’action nationale prévue le 28.

Dunkerque

Petit-Couronne :

La grève a été reconduite jusqu’à mercredi, 13 heures.

Lavéra :

Les employés des terminaux de Fos-Lavéra sont en grève depuis le 27 septembre, un mouvement social d’abord engagé pour protester contre le projet de restructuration du port de Marseille, mais sur lequel s’est ensuite greffée la contestation de la réforme des retraites.
Soixante-seize navires et quatre barges sont désormais bloqués au port du fait de la grève, contre 73 navires et quatre barges dimanche.

Berre

 DEPÔTS DE CARBURANT

Aujourd’hui (25 octobre), plus aucun dépôt de carburant n’est bloqué en début d’après midi, selon Jean-Louis Schilansky, président de l’Union française des industries pétrolières (Ufip). Cependant, des actions de blocage sont encore possibles : ce matin, à 11 heures, les grévistes ont levé les piquets de grève au dépôt pétrolier de Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône) qu’ils bloquaient depuis 4 heures 30.
Parallèlement, à 4 heures ce matin, les CRS ont débloqué (« sans incident ») le dépôt pétrolier de Saint-Pierre-des-Corps, occupé depuis une semaine.

Le 20 octobre, plus de 5000 stations service étaient vides ou presque vides sur 12000, soit presque la moitié.
Un tiers des stations service sont en pénurie aujourd’hui. La situation se dégrade par rapport à hier, où un quart des stations n’était pas approvisionné. Selon l’aveu même de Jean-Louis Borloo, la situation ne devrait pas s’améliorer.