UNION EUROPÉENNE

Le Parlement européen condamne le fichage des Rroms par l’Italie


Publié le: 16 juillet 2008

Les eurodéputés ont adopté une résolution condamnant le fichage ethnique des Rroms en Italie.

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Le gouvernement de droite populiste de Silvio Berluscon qui affiche ouvertement son racisme a récemment adopté des mesures portant sur la création d’un délit d’immigration clandestine et permettant des expulsions « plus faciles », qui visent notamment les immigrés rroms. Il a imposé l’obligation de disposer d’un revenu minimum d’origine légale et d’un logement décent. Le ministre de l’Intérieur italien Roberto Maroni, membre du parti populiste et xénophobe de la Ligue du nord, a rencheri en proposant d’envoyer les forces de l’ordre dans l’ensemble des camps nomades du territoire pour relever les empreintes digitales de tous les occupants, adultes comme enfants. « Il ne s’agira pas d’un fichage ethnique mais d’une garantie supplémentaire pour la protection de leurs droits », a prétendu le ministre italien devant la Commission des Affaires constitutionnelles de la Chambre des députés. « Nous prendrons aussi les empreintes des mineurs pour éviter des phénomènes comme la mendicité. La garde des enfants sera retirée aux parents qui les envoient mendier plutôt qu’étudier à l’école », a souligné Roberto Maroni qui justifie sa décision en précisant : « Ce sera un véritable recensement pour pouvoir garantir à ceux qui ont le droit de rester dans le pays, de pouvoir vivre dans des conditions décentes. Et de renvoyer chez eux ceux qui n’ont pas le droit de rester en Italie ». Pour Rosy Bindi du Parti démocrate, principal parti d’opposition « Le gouvernement veut remettre en cause les fondements de la solidarité, en prenant leurs empreintes digitales aux enfants comme s’ils étaient des criminels. »

À Strasbourg, les eurodéputés ont estimé que cette pratique était « un acte de discrimination directe » fondé sur la race et l’origine ethnique, une mesure interdite par l’article 14 de la Convention européenne des droits de l’homme. Malgré l’opposition de la droite européenne, ils ont voté une résolution réclamant la fin de ce recensement, adoptée par 336 voix contre 220 et 77 abstentions.

Le gouvernement italien à très mal réagit à l’annonce de cette condamnation de sa politique raciste. « La résolution du Parlement européen d’aujourd’hui est l’un des pires aspects des institutions de l’UE », s’est insurgé Andrea Ronchi, le ministre des affaires européennes italien. « Nous repoussons avec force et indignation les accusations de racisme  ». Roberto Maroni a immédiatement tenu à assurer que « le gouvernement italien ira jusqu’au bout. » en dépit de sa condamnation européenne.

[Source : Le Monde, Levif.be, Belga]