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Les eurodéputés ont adopté une résolution condamnant
le fichage ethnique des Rroms en Italie.

Le gouvernement de droite populiste de Silvio
Berluscon qui affiche ouvertement son racisme a
récemment adopté des mesures portant sur la création
d’un délit d’immigration clandestine et permettant des
expulsions « plus faciles », qui visent notamment les
immigrés rroms. Il a imposé l’obligation de disposer
d’un revenu minimum d’origine légale et d’un logement
décent. Le ministre de l’Intérieur italien Roberto
Maroni, membre du parti populiste et xénophobe de la
Ligue du nord, a rencheri en proposant d’envoyer les
forces de l’ordre dans l’ensemble des camps nomades
du territoire pour relever les empreintes digitales de
tous les occupants, adultes comme enfants. « Il ne
s’agira pas d’un fichage ethnique mais d’une garantie supplémentaire
pour la protection de leurs droits »
, a prétendu
le ministre italien devant la Commission des
Affaires constitutionnelles de la Chambre des députés.
« Nous prendrons aussi les empreintes des mineurs pour
éviter des phénomènes comme la mendicité. La garde des
enfants sera retirée aux parents qui les envoient mendier
plutôt qu’étudier à l’école »
, a souligné Roberto Maroni
qui justifie sa décision en précisant : « Ce sera un véritable
recensement pour pouvoir garantir à ceux qui ont le
droit de rester dans le pays, de pouvoir vivre dans des
conditions décentes. Et de renvoyer chez eux ceux qui
n’ont pas le droit de rester en Italie »
. Pour Rosy Bindi du
Parti démocrate, principal parti d’opposition « Le gouvernement
veut remettre en cause les fondements de la
solidarité, en prenant leurs empreintes digitales aux enfants
comme s’ils étaient des criminels. »

À Strasbourg, les eurodéputés ont estimé que cette
pratique était « un acte de discrimination directe » fondé
sur la race et l’origine ethnique, une mesure interdite
par l’article 14 de la Convention européenne des
droits de l’homme. Malgré l’opposition de la droite
européenne, ils ont voté une résolution réclamant la
fin de ce recensement, adoptée par 336 voix contre
220 et 77 abstentions.

Le gouvernement italien à très mal réagit à l’annonce
de cette condamnation de sa politique raciste. « La
résolution du Parlement européen d’aujourd’hui est l’un
des pires aspects des institutions de l’UE »
, s’est insurgé
Andrea Ronchi, le ministre des affaires européennes
italien. « Nous repoussons avec force et indignation
les accusations de racisme
 ». Roberto Maroni a immédiatement
tenu à assurer que « le gouvernement italien
ira jusqu’au bout. »
en dépit de sa condamnation européenne.

[Source : Le Monde, Levif.be, Belga]