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De Tunisie en Egypte, de Maroc en Lybie, de Djibouti à Pékin en passant par le Yémen et Bahrein… Le parfum du jasmin parcourt le monde. On rêverait qu’il embaume la terre… À Tripoli et Benghazi, l’horrible Khadafi mobilise ses réserves françafricaines et ne craint pas de devoir s’en aller dans le sang. À Djibouti aussi, archétype néo-colonial, la répression se voudrait de fer – mais le pouvoir a déjà dû relâcher les trois leaders de l’opposition arrêtés samedi. En Chine, le mot « jasmin » est filtré sur internet. En France, le filtrage est voté – en train d’être examiné par le Conseil constitutionnel, avec le reste de la Loppsi ; où l’on voit l’État ne pas craindre de se munir des moyens les plus autoritaires – pour les laisser demain entre les mains de Marine Le Pen ?

Ci-dessous, un tour bref d’horizon, emprunté à la « check-list » du Monde, auquel on a jouté quelques nouvelles de Djibouti, d’où les nouvelles parviennent au compte-goutte. Sans attendre le filtrage.

Paris s’éveille

Libye : bain de sang

Une répression meurtrière a sévi lundi en Libye, où le dirigeant, Mouammar Kadhafi, a démenti avoir quitté le pays lors d’une première apparition « en direct » à la télévision d’État depuis le début de la contestation, le 15 février, alors que des dirigeants, des diplomates et des militaires libyens ont fait défection. Les forces de sécurité ont mené une opération contre les « saboteurs et (ceux qui sèment) la terreur », faisant des morts, a indiqué la télévision d’État sans en préciser le lieu.
Les communications téléphoniques et l’accès à Internet étaient toujours très perturbés lundi. La chef de la diplomatie américaine, Hillary Clinton, a réclamé « l’arrêt du bain de sang inacceptable ». Les pays européens s’organisent pour faire partir leurs citoyens face à l’insurrection dans le pays qui menace de tourner à la guerre civile, mais sont divisés entre partisans de la fermeté et de la prudence à l’égard de M. Kadhafi.

Bahreïn : libération de détenus

Le roi a ordonné lundi soir la libération de détenus chiites, une des revendications de l’opposition, qui prévoit mardi une démonstration de force avec une grande marche à Manama.

Yémen : sit-in à Sanaa

La contestation s’étend contre le régime du président Ali Abdallah Saleh.
Elle touche le nord chiite du Yémen tandis que des dizaines de milliers
de personnes organisaient un sit-in dans la capitale, Sanaa.

Djibouti : répression sauvage

L’opposition a condamné lundi la « répression sauvage » de la manifestation de vendredi à Djibouti, demandant « un changement pacifique et démocratique ».

On parle peu de Djibouti, base militaire française... De Gouled, qui régna de l’“indépendance”, en 1977, à 1999, pour céder la place à son chef de cabinet Guelleh, Djibouti aussi a connu un trop long règne... Ci-dessous quelques compléments d’infos :

AFP

Trois dirigeants de l’opposition djiboutienne, arrêtés quelques heures samedi, sont désormais en « liberté provisoire ».

C’est ce qu’a annoncé dimanche le procureur général de Djibouti. Ils sont accusés d’avoir joué un rôle dans les violences nocturnes survenues après la manifestation organisée vendredi contre le régime du président Ismaël Omar Guelleh.

Aden Robleh Awaleh, Ismaël Guedi Hared et Mohamed Daoud Chehem avaient été placés samedi en garde à vue.

« Nous les avons libérés provisoirement parce que nous estimons encore que, malgré leur irresponsabilité, ils sont des dirigeants de partis politiques, l’un d’eux étant un parlementaire », a déclaré à l’AFP le procureur général Djama Souleiman.

Aden Robleh Awaleh, Ismaël Guedi Hared et Mohamed Daoud Chehem sont respectivement présidents du Parti national démocratique (PND), de l’Union pour la justice et la démocratie (UDJ) et du Parti démocratique djiboutien (PDD). Ismaël Guedi Hared dirige également l’Union pour l’alternance démocratique (UAD), principale coalition de l’opposition à l’origine de la manifestation de vendredi qui a rassemblé plusieurs milliers de personnes près du stade Gouled.

Un policier et un manifestant ont été tués dans les violences qui se sont poursuivies de façon sporadique samedi dans la banlieue populaire de Balbala. Les manifestants, se revendiquant des révolutions égyptienne et tunisienne, exigeaient le départ du président Ismaël Omar Guelleh, au pouvoir depuis 1999 et qui briguera un troisième mandat à la présidentielle du 8 avril. « Des personnes ont été arrêtées en flagrant délit, elles seront jugées et punies selon la loi », a ajouté le procureur général, qui n’a pas précisé le nombre de personnes interpellées. « Nous avions autorisé cette manifestation, mais malheureusement les manifestants ont dépassé les horaires prévus (...), tout ce qui s’est passé est sur les épaules des dirigeants » de l’opposition, a-t-il accusé.

La situation était revenue à la normale dimanche dans la capitale djiboutienne, où la présence policière était beaucoup plus discrète qu’au cours des dernières 48 heures.

Manifestation et incidents vendredi

Une importante manifestation, soldée par des incidents en soirée, avait eu lieu vendredi. Les affrontements ont débuté à la nuit tombée autour du stade Gouled, où étaient réunis depuis l’après-midi plusieurs milliers de manifestants. Les forces de l’ordre ont tiré des grenades lacrymogènes pour disperser les manifestants, qui ont répondu par des jets de pierre et harcelé les policiers par petits groupes. Des détonations ont résonné dans ce secteur de la capitale, où des voitures ont brûlé, alors que plusieurs véhicules aux vitres brisés ont été endommagés par les protestataires.

Dans la soirée de vendredi, toute la capitale djiboutienne a été quadrillée par les forces de l’ordre, qui occupaient notamment la place près du stade Gouled. La manifestation, organisée par la principale coalition de l’opposition, l’Union pour l’alternance démocratique (UAD), s’était déroulée toute la journée de vendredi dans le calme. Elle a rassemblé plusieurs milliers de personnes faisant sans cesse référence aux révolutions tunisienne et égyptienne.

Reprise des heurts à Djibouti

AFP, 19/02/2011 | Mise à jour : 11:02

Des affrontements ont repris ce matin dans une banlieue populaire de Djibouti entre partisans de l’opposition qui réclament la fin du régime du président Ismaël Omar Guelleh et forces de l’ordre.

Au lendemain d’un grand rassemblement de l’opposition dans la capitale qui avait dégénéré en violences dans la soirée, des heurts ont repris dans la banlieue de Balbala, en périphérie sud-est de la ville. Des petits groupes d’émeutiers harcelaient avec des jets de pierre les policiers qui répliquaient à coup de grenades lacrymogènes.

Ces affrontements se déroulaient en plusieurs carrefours de Balbala, en particulier près de l’hôpital italien où une vingtaine de policiers en tenue anti-émeute étaient déployés. Le nombre de manifestants ne cessaient d’augmenter au cours de la matinée dans ce quartier populaire, malgré l’action de la police.

La situation dans la capitale elle-même, quadrillée par les forces de l’ordre, restait cependant calme en fin de matinée.

Djibouti : l’opposition dénonce la « répression », veut le « changement » comme en Tunisie

AFP / 21 février 2011 16h00)

DJIBOUTI - L’opposition djiboutienne a condamné la « répression sauvage » de la manifestation de vendredi à Djibouti, demandant « un changement pacifique et démocratique » du régime « à l’instar de la Tunisie », selon un communiqué transmis lundi à l’AFP.

Les deux principales coalitions de l’opposition, l’Union pour l’alternance démocratique (UAD) et l’Union des mouvements démocratiques (UMD) demandent « un changement pacifique et démocratique – à l’instar de la Tunisie – qui met fin à la mauvaise gouvernance et à la corruption endémique », déclare ce communiqué commun.

« Nous condamnons la répression sauvage contre des Djiboutiens qui ne faisaient que s’exprimer à l’esplanade du stade Gouled », ajoute le texte, en référence à la grande manifestation de l’opposition qui avait rassemblé plusieurs milliers de personnes vendredi dans la capitale à l’appel de l’UAD.

De violents affrontements avaient éclaté dans la soirée entre protestataires et policiers, faisant deux tués (un policier et un manifestant) et occasionnant de « gros dégâts matériels » après qu’une « foule surexcitée » eut « attaqué les policiers », selon le bilan des autorités.

Trois dirigeants de l’opposition, dont le président de l’UAD Ismaël Guedi Hared, avaient été interpellés samedi, mais ont été depuis remis en liberté provisoire.

Les manifestants, se revendiquant des révolutions égyptienne et tunisienne, exigeaient le départ du président Ismaël Omar Guelleh, au pouvoir depuis 1999 et qui briguera un troisième mandat à la présidentielle du 8 avril.

« Nous demandons l’ouverture d’une enquête pour déterminer les responsables de ce carnage à la suite de la charge policière au moment de la prière (...) sur des manifestants pacifiques », affirment les deux coalitions d’opposition, qui donnent leur propre version des faits.

Les manifestants « se préparaient à passer la nuit sur l’esplanade, à l’écart de toute circulation automobile, avec leurs groupes électrogènes, lorsque la police a chargé sauvagement », selon le communiqué.

« Les résultats sont les suivants : deux ou trois militants décédés, une centaine de blessés plus ou moins graves », assurent l’UAD et l’UMD, qui demandent par ailleurs « la libération immédiate de tous les militants arrêtés » ce jour, mais également ceux interpellés le 6 février après de premières manifestations estudiantines.

[Sources : lemonde, lefigaro, romandienews]