L’information au jour le jour sur le quotidien des sans-papiers.

Nous suivre :



Media :
 
Articles :

OCCUPATION

OÙ EN SONT LES RAPPORTS AVEC L’INTERSYNDICALE ?

Le vendredi 25 juillet, à l’initiative de la CGT, une réunion s’est tenue entre, d’un côté, les délégués de l’occupation
de la Bourse du travail et, de l’autre, l’intersyndicale et les associations. Le but déclaré était de
« faire le bilan » du dépôt des dossiers en préfecture.

Trois « sages » étaient aussi présents [voir article page 3] à la demande de la coordination 75.

Quelques heures avant la réunion un hors-d’oeuvre a été servi aux délégués sous la forme d’une
« Déclaration de l’union départementale CGT de Paris » [voir texte page 2].
Pour le “bilan”, il n’a strictement consisté qu’en une seule et insistante question posée aux déléguées :
« Quand partez-vous ? ». La CGT a argué de son entière implication dans la cause des sans-papiers et de
l’efficacité – à peu près la moitié des dossiers déjà déposés en préfecture – de l’« action unitaire » intersyndicale-
associations-coordination 75, pour exiger la « libération » de la Bourse.
Une fois de plus les associations, au lieu de s’en tenir à leur rôle “médiateur” (est-ce jouer un tel rôle que
de s’en prendre toujours, et avec véhémence, à une seule des parties en présence ?), ont appuyé et même
renchéri sur le discours CGT de libération de la Bourse. Devant le refus des délégués, elles ont, en particulier,
insisté à vouloir savoir à quel chiffre de régularisations ils se seraient enfin exécutés.

Les délégués ont répondu que si la CGT leur reprochait d’« oublier » bien des choses [voir la déclaration
de l’UD-CGT], celle-ci oubliait à son tour ce simple fait : que sans l’occupation de la Bourse du travail aucun
dépôt groupé de leurs dossiers n’aurait jamais été fait. Fin avril, lorsque la préfecture a renvoyé la coordination
75 à la CGT, l’UD de Paris a refusé de prendre en charge les dossiers et elle a, à son tour, renvoyé
la coordination 75 à la CGT nationale. De là précisément la décision d’occuper la Bourse [voir les
deux premiers articles du numéro 1 du Journal de la Bourse du travail occupée]. Avoir déposé des dossiers,
cela ne veut rien dire en lui-même, le dépôt des dossiers ne revient aucunement à des régularisations.
Un tel amalgame est une erreur ou un mensonge. Pour qu’ait un sens mettre à l’ordre du jour de
l’occupation la discussion sur la décision de quitter la Bourse, il faut d’abord que soient obtenues des régularisations
réelles (et non des APS, par exemple). D’ailleurs, avant toute réponse là-dessus, ce qu’il faut
aussi c’est de poser les bonnes questions, à commencer par les suivantes. N’est-il pas vrai que les syndicats,
quant à eux, quittent les lieux d’occupation à la dernière régularisation obtenue ? Pourquoi les occupants
de la Bourse en devraient-ils faire autrement ?

Finalement, les délégués ont communiqué à la réunion leur décision de tenir une manifestation de la Bourse
à la préfecture chaque mercredi, et un rassemblement devant la Bourse chaque vendredi, comme moyens
pour mettre la pression sur la préfecture. Ils ont invité les syndicats et les associations à y prendre part
aussi, selon cet esprit « unitaire » qu’ils continuent d’afficher. Leur réponse a été négative. Avec cette belle
explication que « les syndicats et les associations s’opposent aux manifestations partant de la bourse du travail qui est le lieu des travailleurs ».

[Voir le compte-rendu de la réunion par
la CGT sur zpajol.]
« En réalité », conclut Sissoko, coordinateur
de la coordination 75, « un
constat s’impose désormais. C’est la
volonté de créer un véritable rapport de
force avec la préfecture et, au-delà, avec
le gouvernement – un rapport de force
efficace, qui aboutisse à de véritables
régularisations –, c’est cela qui fait
cruellement défaut à l’intersyndicale et
aux associations. »

Tout ceci, pendant que les rumeurs
(et les menaces plus ou moins voilées
[voir aussi la déclaration de l’UD-CGT,
où par deux fois l’« invitation » est faite
aux délégués pour qu’ils « assument leur
responsabilité »]), tout ceci, pendant
que les rumeurs d’une expulsion par la
contrainte vont bon train.

[NB. Au 31 juillet, 609 dossiers sont
déposés. D’autres le seront dans la première
semaine du mois d’août, avant la
rencontre prévue pour le 7 à la préfecture.]

Télécharger pour impression et diffusion le numéro au format pdf :

PDF - 197 ko
QSP Bourse A4 - n°4
QSP « Spécial Bourse » A4 • Numéro 4
PDF - 196.6 ko
QSP Bourse A3 - n°4
QSP « Spécial Bourse » A3 • Numéro 4

Téléchargez également le Numéro 27

Quotidien des Sans-Papiers paru lundi 14 juillet 2008 :

NON À L’EUROPE BUNKER !