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VERS UN SYNDICAT DE SANS-PAPIERS ?

VERS DES ÉTATS GÉNÉRAUX DES SANS-PAPIERS DE FRANCE ?

Il n’est de richesse que d’hommes. (Jean Bodin)

Samedi 13 décembre s’est tenu, à la Bourse du travail de Paris, le deuxième « débat télévisé sur
matelas », organisé par la coordination des sans-papiers 75 et notre journal.

Venant après le premier débat tenu en juin dernier consacré aux « enjeux et perspectives » des luttes
des sans-papiers, et, surtout, après plus de sept mois d’occupation de la Bourse du travail, cette
deuxième rencontre et son thème, « le travail des sans-papiers en France », laissaient espérer mieux :

une discussion franche et riche non seulement en informations sur les conditions et prémisses d’une telle
main-d’oeuvre « informelle », mais encore et notamment en perspectives d’organisation et d’action.

Ceux qui s’attendaient à un débat d’envergure sur ce deuxième volet sont restés sur leur soif, la discussion
n’a simplement pas eu lieu. C’est dommage, et avant tout pour les sans-papiers de l’occupation.

Pour des travailleurs en lutte, aucun doute que le thème du travail et des conditions du travail
implique celui des moyens spécifiques et généraux de la lutte. Si celle-ci marque le pas, à plus
forte raison il implique la discussion des voies à suivre pour la relancer.
Pourquoi ce résultat décevant alors que ces points avaient été spécialement annoncés ?

Faisons abstraction du défaut dans la conduite des débats. Si ceux-ci sont partis dans tous les sens
sans plus revenir au principal, sans revenir à la fin dont ce débat devait être le moyen - une discussion
élargie des deux derniers points prévus, la question syndicale et les perspectives d’organisation
et de lutte -, cela a été aussi l’effet d’une attitude opposée, dès qu’elle prend le dessus, à celle d’un
débat de recherche et de proposition en cours de lutte. Cette attitude n’est pas le fruit du hasard, elle
vient d’une logique dominante, celle de la mise en spectacle.

Le spectacle, partie intégrante de la géométrie du pouvoir et de la domination depuis l’antiquité, en
occident, peut-il se plier à d’autres règles que les siennes ? Un débat qui se met en spectacle, comme
cela a été le cas, tout au moins dans la deuxième partie de ce « débat sur matelas », peut-il encore
prétendre à rester tel, ne risque-t-il pas de changer foncièrement de nature, de s’abandonner, de ce
fait, dans les bras du spectacle global du pouvoir, donc d’en faire le jeu ? (Pouvoir au sens large,
puisque le pouvoir de domination est, par excellence, dans les sociétés modernes, le fait social structurant
le plus large.)

Voilà les questions auxquelles il faudrait que répondent les organisateurs et animateurs du débat.
Si ce n’est pas pour de telles raisons de fond, pour quelle autre raison les deux points annoncés, écrits en
forme de questions en tête du présent numéro, sont-ils restés sans la moindre ébauche de réponse ?

Ce n’est pas à notre journal d’y répondre à la place d’autres. Pour notre part, nous renonçons même
à faire le compte-rendu de ce débat. Son film sera bientôt disponible en DVD et mis en ligne. Nous
préférons publier des matériaux « en marge ».

Toutefois, ces critiques ne sauraient faire méjuger de la première partie du débat. Les voix des délégués
de l’occupation de la Bourse du travail s’y sont surtout exprimées. Elles nous ont rappelé
jusqu’à quel point est encore seul vrai le mot d’il y a quatre siècles, reproduit ci-dessus en exergue.

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Le journal de la Bourse du travail occupée Numéro 9

SOMMAIRE : EN MARGE DU DÉBAT SUR MATELAS • page 2, Voyage au Mali • page 3, Proposition : un syndicat main-d’oeuvre
immigrée CGT • page 4-5, Émigration, le drame des femmes africaines • page 6-7, Présentation de l’occupation de
la Bourse du travail, son originalité • page 7, Communiqué CSP 75 du 10 décembre