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- « Au Tchad ou au Soudan, les réfugiés n’ont pas les moyens de venir à nous, c’est le HCR qui vient à eux. A Calais, ça sera la même chose »

- « Le HCR s’engage à informer les associations sur la situation des pays d’où sont originaires les migrants (...). Pour les associations calaisiennes, cela peut avoir un intérêt pour informer les migrants sur un retour volontaire dans leur pays d’origine par exemple ».

Le HCR prend ses marques
Une délégation du Haut commissariat aux réfugiés était hier à Calais

Voir aussi l’article : Le HCR à Calais et sur le Littoral : un bureau pour expulser les Afghans ?

C’est une journée bien remplie qu’ont vécue hier plusieurs membres du Haut commissariat aux réfugiés des Nations Unies.

À quelques jours de leur installation dans la Cité des Six-Bourgeois, programmée le 3 juin, le HCR a souhaité prendre le pouls de la situation locale en rencontrant les différents acteurs qui gravitent autour de la problématique des migrants.
Dans la matinée, un premier rendez-vous était fixé en sous-préfecture où le HCR a pu présenter ses missions à Gérard Gavory, représentant de l’État dans l’arrondissement de Calais, mais aussi les responsables calaisiens de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII) et de l’Organisation internationale pour les migrants (OIM). « On leur a expliqué qu’on venait avant tout pour informer les migrants mais qu’on n’était pas là pour faire de l’humanitaire comme dans les camps de réfugiés dans les zones de conflits », souligne Marie-Ange Lescure, chargée de l’information publique du HCR.

 Une rencontre « très franche » avec Natacha Bouchart

En sortant de cette première entrevue, les membres du HCR ont rejoint l’hôtel de ville où les attendait Natacha Bouchart, maire de Calais. « L’entretien a été d’une très grande franchise, reconnaît-on du côté de l’organisme des Nations Unies. Pour avoir préparé cette rencontre en lisant plusieurs interviews qu’elle avait accordées aux médias britanniques, on connaissait déjà son point de vue sur le sujet.

Natacha Bouchart nous a alors expliqué la complexité de la situation des migrants à Calais. De notre côté, on lui a présenté dans les détails ce qu’on comptait faire. » L’élue calaisienne n’a eu la confirmation de son rendez-vous avec le HCR que mercredi soir, soit deux jours après que l’ONG eut informé les médias de son arrivée à Calais. Un choix délibéré. « Le protocole fait qu’en général, on agit différemment mais pour l’occasion, on ne voulait pas de distorsions dans notre message. Informer les élus avant la presse, c’était prendre le risque de voir naître des rumeurs et des contre-vérités.
Dans un sujet aussi sensible, on ne pouvait pas se le permettre »
, confie Marie-Ange Lescure.

Malgré cette entorse aux règles de bienséance, Natacha Bouchart a apprécié ce face-à-face « très instructif ». « Le HCR possède une vraie expérience dans le domaine des réfugiés avec du personnel formé, qui sait de quoi il parle. Il va être pour nous un relais intéressant au niveau européen. Pendant plus d’une heure, le HCR m’a présenté ses intentions et de mon côté, je me suis assurée qu’il avait bien conscience d’où il mettait les pieds. » Tout en louant « le sérieux et le professionnalisme du HCR », l’élue calaisienne n’a pas oublié l’objectif principal de cette arrivée : « Cela rentre dans le cadre du démantèlement prochain de la jungle. Le HCR vient informer les migrants de la mise en place de nouvelles conditions avantageuses pour retourner dans leur pays ».

 « Le HCR ne va pas tout révolutionner à Calais »

La journée s’est poursuivie à la Maison pour tous où le HCR a rencontré l’ensemble des associations qui œuvrent en faveur des migrants, « des experts de la situation qui, pour certaines, ont jusqu’à 10 ans d’expérience dans l’aide aux sans-papiers. » « On a écouté ce qu’elles avaient à dire avant de nous intéresser à leur travail sur le terrain. » Et le HCR de rassurer les associations : pas question de marcher sur leurs plates-bandes. « Ce n’est pas parce que le HCR s’installe à Calais qu’il va tout révolutionner. On va travailler en étroite collaboration avec les associations présentes qui ont dans le domaine une plus grande expertise que nous. » Ce travail de collaboration se matérialisera avec le partage d’informations. Les associations locales seront appelées à faire remonter des informations recueillies sur le terrain au sujet de tel ou tel migrant susceptible de demander l’asile. De son côté, le HCR s’engage à informer les associations sur la situation des pays d’où sont originaires les migrants : « Deux fois par semaine, le HCR organise une conférence de presse à son siège de Genève pour informer les médias sur la situation dans le monde. Il s’agit d’une photographie en temps réel de différents pays comme l’Irak, le Pakistan... Pour les associations calaisiennes, cela peut avoir un intérêt pour informer les migrants sur un retour volontaire dans leur pays d’origine par exemple. »

C’est mercredi prochain que le Haut commissariat aux réfugiés s’installera officiellement dans un local administratif du centre-ville avec l’association France Terre d’asile. Mais Marie-Ange Lescure prévient déjà : « Nos bureaux n’accueilleront pas de public. On va mettre en place le même dispositif que lorsqu’on intervient auprès des réfugiés en situation de crise. Avec un ordinateur portable, on va se rendre le plus possible sur le terrain et rencontrer les migrants là où ils se restaurent et ils se soignent. Au Tchad ou au Soudan, les réfugiés n’ont pas les moyens de venir à nous, c’est le HCR qui vient à eux. À Calais, ça sera la même chose ».

http://www.nordlittoral.fr/actualite/la_une/article_1052099.shtml

[Source : « Nord Littoral », 29 mai 2009]