L’information au jour le jour sur le quotidien des sans-papiers.

Nous suivre :



Media :
 
Articles :

20970 euros serait le prix d’une expulsion, selon la Commission des finances du Sénat... Compte non tenus des frais de fonctionnement de la police, de la gendarmerie et de la justice, mobilisées à temps plein dans la traque aux sans-papiers...

Lors de la discussion précédant l’adoption par l’Assemblée nationale du budget 2009 du ministère de l’Immigration, le jeudi 13 novembre, le député PS Christophe Caresche a interpellé le gouvernement : « au lieu de continuer à augmenter considérablement les moyens dédiés aux éloignements contraints », mieux vaudrait les « redéploy(er) » afin « d’encourager l’aide au retour ». « Dès lors que l’on encourage des personnes à rentrer dans leur pays, notamment par des incitations financières, on constate qu’elles le font », a plaidé le député socialiste.

De son côté, la Commission des finances du Sénat – lequel examinera le budget du ministère de l’Immigration le 4 décembre – fait le même constat. « Le coût de l’aide au retour volontaire est très en deça de celui d’une reconduite à la frontière qu’une première estimation, à affiner, évalue à environ 20970 euros par personne reconduite ». Pour autant, les retours volontaires ont aussi un coût. L’Etat prend en charge le réacheminement des étrangers vers leur région d’origine et leur verse une cagnotte. 3500 € pour un couple, 2000 € pour un adulte seul, 1000 € par enfant mineur jusqu’au 3e enfant et 500 € pour chacun des enfants suivants. Les ressortissants de certains pays ayant un projet d’entreprise peuvent également percevoir 7000 euros pour le démarrage de leur activité.

L’expulsion d’un sans-papiers, qu’elle soit ou non volontaire, a donc un prix. Sur lequel le gouvernement entretient le flou. Pendant la discussion à l’Assemblée nationale, Patrick Braouezec, député PC des Hauts-de-Seine a fait remarquer que, concernant « la lutte contre l’immigration irrégulière, la prévision est 42 millions d’euros, avec 39 millions pour les frais de billetterie et 3 millions pour la location d’avions » mais que « ce budget ne donne aucun indicateur précis pour évaluer les coûts réels d’éloignement ».
Dans un ouvrage collectif intitulé Immigration, fantasmes et réalités (éditions La Découverte), la journaliste de Mediapart Carine Fouteau chiffre le montant total des expulsions à près de 700 millions d’euros par an. Y compris les coûts de fonctionnement des centres de rétention, les frais d’éloignement (billets d’avion, bateau ou train), la rémunération des agents de police chargés des escortes, etc. [Mais non compris le fonctionnement général de la chasse aux sans-papiers, soit la mobilisation permanente de la police, de la gendarmerie et de la justice... Incalculable ?]

De son côté, Brice Hortefeux est sans doute arrivé aux mêmes conclusions que Christophe Caresche et la Commission des finances du Sénat. Le 30 octobre, il a annoncé, tout réjoui, que les retours volontaires devraient atteindre « 37 à 38% » du total des éloignements d’ici la fin 2008, contre 7% en 2006. Entre janvier et août 2008, le ministère de l’Immigration a enregistré 7456 retours volontaires contre 913 sur la même période de 2007, soit une progression de 726.5%. Christophe Caresche va être content.

[Source : Libéblog-hexagone]