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Les vigiles de l’établissement parisien ont bloqué l’entrée aux salariés
sortis distribuer des tracts.

La soirée aura été chaude, mardi 3 juin, au Barrio Latino. Non pas en
raison de la salsa diffusée à plein tube dans ce bar restaurant du 12e
arrondissement de Paris. Mais à cause d’une opération provocation guidée
par la direction de l’établissement dont vingt-sept salariés sans
papiers sont en grève depuis le 20 mai. Alors que neuf d’entre eux ont
quitté le piquet de grève pour distribuer des tracts sur le trottoir de la
rue du Faubourg-Saint-Antoine, une armée de vigiles, vraisemblablement
appelés par la direction, leur a interdit de retourner à l’intérieur.

« Les agents de sécurité étaient d’abord quatre puis une vingtaine à la
fin. Ils ont multiplié les provocations, jetant des mégots de cigarette sur
les grévistes, prononçant des propos racistes et menaçant de lâcher les
chiens »
, témoigne Olivier Villeret, de la CGT Paris.

En réponse à la pression, la solidarité s’organise. Malgré l’heure avancée,
SMS, e-mails, coups de téléphone réunissent une centaine de militants
syndicaux mais aussi du Parti communiste dont les élus
Emmanuel Becker et Jacques Daguenet, en écharpe, eux aussi empêchés
de pénétrer dans les lieux par des cerbères, affirmant détenir « des
armes de cinquième catégorie »
, selon Gérard Pellois, du PCF. Les
demandes successives de dialogue avec les responsables du Barrio
Latino aboutissent à des fins de non-recevoir. Un huissier est alors
appelé par la CGT pour constater l’entrave au droit de grève. Ce n’est
qu’à l’arrivée de la police puis d’Olivier Bonnet, élu communiste de
l’arrondissement chargé de la tranquillité publique, que la négociation
a fini par aboutir.

Les grévistes ont finalement pu rejoindre leurs collègues et être ravitaillés
en nourriture. Irritée par sa défaite, la direction du Barrio Latino a
assigné en référé les salariés en lutte pour leur régularisation pour blocage
de l’activité. Depuis le début de la grève simultanée des travailleurs
sans papiers d’Île-de-France, tous les employeurs qui ont choisi
cette voie ont été déboutés, à l’exception de la Fédération des entreprises
de propreté et Paris-Store. Au Barrio Latino, sur les vingt-sept salariés
sans papiers, seulement deux ont pour l’heure été convoqués par la
préfecture de Paris en vue de leur régularisation.

[Source : L’Humanité]