Nous suivre :



Dossiers :
 
Articles :

Alors que le gouvernement avait annoncé à l’automne dernier un nouvel appel d’offre pour initier des travaux sur le territoire de la ZAD au mois de janvier 2016, les habitants de la ZAD ont lancé leur propre appel d’offre annulant le précédent, afin de réaliser des grands travaux utiles à la consolidation de l’installation sur la zone à défendre.

Désormais le premier ministre, par la voix de Jean-Marie Le Guen, secrétaire d’État en charge des relations avec le parlement, annonce que le début des travaux sera pour l’automne prochain.

Entre temps, le 25 janvier, les habitants historiques, 11 familles se sont vues confirmer leur expulsion par le tribunal, ce dernier leur accordant deux mois supplémentaires — conformément à la trêve hivernale — pour quitter leurs habitations. Parmi ces familles, quatre exploitations en activité sont concernées, qui devraient selon le jugement être expulsables à tout moment, soulevant un mouvement de solidarité de la part des agriculteurs de toute la France inquiets de voir ainsi des terres agricoles disparaître sous le beton de AGO-Vinci. Mais dans ce jugement d’expulsion une bonne nouvelle est à noter pour les concernés : la suppression des indemnités journalières requises par AGO-Vinci par jour d’occupation supplémentaire. Fort d’un soutien tant local que national, les habitants restent sur place et s’organisent. Les copains (collectif d’agriculteur solidaires) seront présents au moindre risque avec leur tracteurs et défendront les familles sur place contre ce projet d’aéroport et son monde...

Quant à l’appel d’offre de la ZAD lancé cet automne, il a connu un fabuleux succès. Vingt cinq chantiers étaient proposés et les candidats ont répondu nombreux, puisque le vendredi 27 janvier la plus part des chantiers étaient complet ; 450 personnes s’étant pré-inscrites. Et c’est plus de 400 volontaires qui sont venus s’ajouter aux premiers inscrits afin de consolider l’installation sur la ZAD et les liens qui lie la zone libre a plus de 200 comités locaux. Ainsi la ZAD a accueilli plus de neuf cent volontaires tous nourris et hébergés sur place. Des jumelages ont été formalisés à la fin du week-end, chacun recevant un « cadeaux » provenant du territoire en lutte : pierres, boulons et bottes !

Le 27 février aura lieu un grand rassemblement festif à Notre-Dame-des-Landes afin d’augmenter la pression sur le gouvernement, qui dans ses déclarations cacophonique n’a toujours pas annoncé l’arrêt de ce projet inutile, nuisible, coûteux pour le contribuable, destructeur d’une zone humide, donc protégée comme les espèces qui s’y trouvent. Ce gouvernement, si fier d’avoir accueilli la COP 21, conférence mondiale sur le réchauffement climatique, doit savoir renoncer à ce projet vieux de quarante ans !


Voir en ligne : zad nadir

Récit du week-end publié sur zadnadir.org :

Un « bourreaux d’intérim accueillait ainsi les arrivants de dernières minutes pour les dispatcher sur les différents chantiers ou en commencer de nouveaux. Certain-e-s arrivent armé-e-s de croissants et de taille-haies ou de pelles et de pioches, d’autres de leurs outils de menuiserie ou de matériel électrique, d’autres encore avec leurs seules mains et parfois même sans bottes ni imperméables ! Mais tout le monde trouve chantier à son pied, des lots supplémentaires permettent d’absorber tant bien que mal cet afflux de main d’œuvre surmotivée qui ne craint manifestement pas la pluie tenace du jour. ( source zadnadir)


La D281 se met progressivement à fourmiller de nettoyeurs-euses, débrouissalleurs-euses et pelleteurs-euses acharné-e-s tandis qu’à proximité, le chemin d’accès des 100 Noms se transforme en « boulevard » drainé avec soin (mais cependant encore très boueux !).

Grâce à la motivation générale du comité de la Chapelle sur Erdre, d’un groupe d’étudiants parisiens et du collectif des Scotcheuses, la corvée de creusement devient un spectacle insolite où l’on constate que les fossés avancent d’1 mètre toutes les 5 minutes !

A l’ouest de la zone, plus de 150 personnes dont 14 comités différents (Loire-Sillon, St Herblain-Indre, Rennes, Clisson ...) ont été organisées en « brigades » et, couvertes de boue de la tête au pied, débroussaillent et drainent d’arrache-pied pour ouvrir un nouveau chemin du Tertre à St-Jean-du-Tertre.

Ambiance beaucoup plus calme mais néanmoins travailleuse aux Rosiers où une joyeuse équipe dégerme des montagnes de pommes de terre produites sur la zad ; ou dans la salle de bain collective de la Wardine où des mains minutieuses posent de la mosaïque jusque tard dans la nuit.



La cantine de la Wardine.
Aux Fosses Noires 50 Lorrains et Lyonnais étalent du remblai et construisent une mezzanine dans l’atelier de transformation.

Dans le champ voisin, au Rouge et Noire, des cirés en provenance de St Jean-Le Pellerin s’acharnent à résoudre le casse-tête que constitue le montage des arceaux d’une serre.

Et de l’autre côté de la haie, la cabane collective des Vraies Rouges prend de plus en plus forme sous les coups de marteau d’un groupe suisse.

Au Domaine libéré un collectif de St-Denis commence une mezzanine et gratte les enduits de la salle de bain collective pour la rénover. Pour elleux ce n’est qu’un début ici : illes reviendront poursuivre le chantier, comme de nombreuses autres personnes présentes ce week-end.

Au Phoenix des électriciens s’activent tandis que le salon est repeint et le jardin débroussaillé.

A la Noë Verte l’aménagement de la conserverie avance à grande vitesse, tout comme celui de l’auberge des Q de Plomb au Liminbout où œuvrent une trentaine de personnes.

Juste à côté de celle-ci un autre groupe monte la charpente d’une bergerie pour les moutons de Sylvie et Marcel, habitants « historiques » que Vinci considère expulsables à partir de fin mars mais qui pour autant ont pris le parti de continuer à bâtir. Ils ont organisé le chantier de ce week-end avec leurs voisin-e-s occupant-e-s, l’occasion de passer du temps ensemble et d’accueillir 25 personnes pour des repas conviviaux où les Finistériens font le récit des actions de solidarité menées chez eux tandis que Marcel raconte l’actualité de la lutte ici.

Quelques centaines de mètres plus loin, COPAIN accueille des Rouennais-es et d’autres motivé-e-s pour aménager la salle de réunion de Bellevue.

A l’Isolette une belle équipe concasse du remblai à en avoir mal au dos le lendemain.

Une quinzaine de Dijonnais et leurs acolytes, pinceaux en main, réalisent une signalétique pour les entrées de la zad : « Bienvenue à la zad » ou « Ici territoire libre – le peuple décide ».

A la Châtteigne des Bordelais et de nombreux autres nettoient et remettent en état des cabanes pour leur redonner un usage collectif. Près des Planchettes des Basques entretiennent les haies plantées collectivement en 2013. A la Grée le mur d’escalade s’élève. Etc. Etc.

Et heureusement que la CGT ZAD, « comité de grève de la zone d’appel d’offres » intervient avec bières et fracas sur les chantiers pour forcer les travailleurs-euses à une pause bien méritée !

Au Maquis un comité sarthois restaure la cabane pour avoir un point de chute sur la zad en cas d’intervention policière.

Ces deux jours donnent une franche avancée à de multiples chantiers de la zad, mais ils sont aussi l’occasion pour de nombreuses personnes de mettre le pied ici pour la première fois, ou de mieux connaître les lieux.

Le dimanche matin, alors que les travaux continuent, les Naturalistes en lutte baladent sur le terrain 250 personnes divisées en sept groupes curieux d’en savoir davantage sur la biodiversité de la zone.


Un couple des fameux tritons crêtés dont la femelle est pleine.

Et l’après-midi deux « visites guidées » arpentent chemins boueux et routes encombrées de voitures garées pour passer voir différents lieux de la zad et raconter ce qui se vit, se construit, et s’organise ici.

Le week-end se termine avec une cérémonie de clôture qui célèbre les chantiers menés et instaure des jumelages entre les comités ou groupes venus participer et les lieux de la zad qui les ont accueillis : des bottes, des pierres ou des boulons scellent ces amitiés de lutte. Parce que les liens créés ou renforcés durant ces deux jours ont vocation à durer et que celleux qui ont mis de leur énergie à construire la zad cette fois-ci seront tout aussi prêt-e-s à la défendre si besoin.

samedi 27 février - Mobilisation générale pour l’abandon du projet d’aéroport et l’avenir de la ZAD

Nous appelons les orgas, collectifs, assos, comités qui le souhaitent à co-signer ce texte ou afficher par d’autres biais leur soutien et leur participation à la mobilisation du 27 février. Des versions papiers et des affiches seront bientôt disponibles.
Notre-Dame-des-Landes – samedi 27 février - Mobilisation générale Pour l’abandon du projet d’aéroport Pour l’avenir de la ZAD Ni expulsions, ni travaux !

Face aux menaces du gouvernement, le mouvement anti-aéroport est plus dense et vivant que jamais. En témoignent la mobilisation en urgence de 20 000 personnes et près de 500 tracteurs sur le périphérique nantais le 9 janvier, les actions de blocages et mobilisations paysannes qui ont suivi, le rassemblement devant le tribunal de Nantes et les multiples manifestations dans des dizaines d’autres villes en France et au-delà. La résistance à Notre-Dame-des-Landes est aujourd’hui devenue emblématique de tant d’autres luttes contre les destructions environnementales et sociales, de tant de combats face à la disparition des terres agricoles ou aux causes du changement climatique. Elle marque un refus ferme de la marchandisation continue du territoire et de nos vies.

Ce qui se construit sur la ZAD est porteur d’un immense espoir parce que s’y inventent d’autres manières d’habiter le monde, de cultiver, de créer et de s’organiser en commun. Les 30 et 31 janvier, c’est un millier de personnes qui sont venues participer à plus de 30 chantiers simultanés pour renforcer ce que Vinci voudrait détruire. En ces temps d’état d’urgence en passe de devenir perpétuel et d’atteinte prolongée aux libertés publiques, la détermination qui anime le bocage est un encouragement contagieux à ne pas se résigner.

Mais le 25 janvier, le juge des expropriations a prononcé l’expulsion des paysan-ne-s et habitant-e-s légaux de la ZAD : immédiate pour les exploitations agricoles, sous deux mois pour les habitations. Les quelques 200 nouvelles personnes qui, depuis 2007, se sont installées sur la ZAD pour y vivre et la protéger, sont, elles aussi, susceptibles d’être délogées par la force. La décision de passer à l’acte est aujourd’hui entre les mains du gouvernement. Hollande s’était engagé à attendre la fin des recours juridiques contre le projet d’aéroport. Ceux-ci ne sont pas épuisés : les recours contre les arrêtés loi sur l’Eau et Espèces Protégées sont en appel, une procédure de pré-contentieux est encore pendante devant la Commission Européenne. Pourtant, Valls, de son côté, martèle toujours sa volonté d’expulser la ZAD et de démarrer les chantiers à court terme, confortant les porteurs du projet. De premiers travaux de défrichage sont censés commencer avant la mi-mars.
Si la pression sur l’ensemble de la zone est aujourd’hui plus forte que jamais, il n’est pas question de partir et de laisser la place aux tractopelles de Vinci, ni de vivre continuellement avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête. Il n’est pas non plus question de diminuer notre propre pression sur les porteurs du projet et le gouvernement. Au contraire, c’est maintenant qu’il faut enfin gagner l’abandon du projet d’aéroport par notre mobilisation !

Dans le bras de fer qui s’est engagé, la puissance du mouvement dans la France entière pendant les semaines à venir va être décisive. Toutes les composantes de la lutte appellent donc à multiplier les actions de solidarité, en préambule d’une journée de mobilisation massive et générale le 27 février. Cette journée aura pour mot d’ordre l’arrêt des menaces d’expulsion sur les paysan-ne-s et habitant-e-s de la ZAD, ainsi que l’abandon définitif du projet d’aéroport. Nous invitons tous les comités et soutiens à relayer très fortement l’appel pour cet événement et à organiser des bus et convois pour s’y rendre.

Nous nous rassemblerons le 27 février en fin de matinée, précisément là où les travaux sont censés commencer, pour y faire la démonstration concrète de notre capacité à les bloquer. Nous convergerons ensuite vers une grande fête pour l’avenir de la ZAD.

Les différentes heures exactes de rendez-vous et points de départ des cortèges seront précisés par la suite.

Celles et ceux qui habitent et cultivent la ZAD ne la quitteront pas !
Il n’y aura jamais d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes !

Premiers signataires : ACIPA, ADECA, ATTAC, CELA, COPAIN 44, des occupant-e-s de la ZAD, EELV, .... + l’assemblée du mouvement réunie le 2 février