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Après avoir mis en pause les expulsions d’agriculteurs et habitants « historiques » de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes pour la COP21, le tribunal a décidé de considérer ces derniers comme indésirables (donc partir sous deux mois pour certaines habitations, immédiatement pour d’autres et toutes les exploitations agricoles). Le site Reporterre revient ici sur le procès.
Au-delà du drame pour ces onze familles, c’est évidemment un très mauvais signe envoyé par l’État à l’avenir du monde paysan et aux initiatives écologiques indépendantes. Car c’est bien le gouvernement qui a demandé la suspension des demandes d’expulsions avant le sommet mondial sur le climat, lui aussi qui a fait la sourde oreille face aux paysans du COPAIN44, encore lui qui a permit à AGO (le partenariat public-privé avec le groupe Vinci) de relancer les demandes d’expulsions une fois la COP21 terminée.
Après ses vagues promesses, le Président de la République n’aura fait que laisser son Premier Ministre gesticuler et annonce un référundum local pour amadouer les aparatchicks « écologistes » dans un but purement tacticien. Il n’a d’ailleurs jamais cessé de parler qu’au futur simple à propos de cet aéroport, se contentant d’un « j’en prendrai note » dans le cas d’un non à l’aéroport (et de son monde) au référendum.
Le conditionnel serait-il aussi promis à disparaître dans la prochaine réforme de l’orthographe ?

L’idée de démocratie locale (et à tous les niveaux) est plutôt bienvenue en général, il sera intéressant de se pencher sur son application concrète. Jusqu’à nouvel ordre, l’opacité règne autour de ce dossier : le rapport de la DGAC (Aviation Civile) n’a toujours pas été rendu public, et les arguments manquent du côté des pro-aéroports (voir le face-à-face vidéo de Mediapart), mise à part la falsification de pétition subventionnée.
Et dans l’état des connaissances sur ce sujet, tant économique qu’écologique, est-il nécessaire de consulter la population (et laquelle ?) alors que toutes les études indépendantes soulignent que le projet actuel est techniquement néfaste (voir les documents que Reporterre s’est procurés).

Alors que les ministres reçoivent les agriculteurs en colère — ceux-là même qui font une grande consommation d’eau, d’énergie et de pesticides — sur les dossiers écologiquement progressistes, la volonté étatique et médiatique est de faire passer les protagonistes pour violents, voire ultra-violents (!), contre toutes les observations sérieuses, y compris dans les grands évènements où les opérations policières étaient préventivement disproportionnées.

Par exemple, lors de l’occupation pacifique du pont de Cheviré (le 13 janvier dernier), la préfecture de Loire Atlantique a réagi l’après-midi même en envoyant une armada policière en vue d’un affrontement... qui n’aura pas lieu : le campement, bien qu’entouré d’une chaîne de tracteurs, a été remballé dans le calme en vingt petites minutes, sous une pluie de grenades lacrymogènes (voir le récit de participants, plus bas).

Au moment où l’urgence climatique se fait plus que pressante, il est étonnant que les initiatives comme celle expérimentée autour de Notre-Dame-des-Landes soient étouffées aussi ostensiblement.

L’ensemble du gouvernement et de la classe politique ont-il une politique écologique ? Une idée sur l’avenir, au-delà de leurs échéances électorales respectives ?

Car le mode de vie expérimenté sur la zone à défendre de Notre-Dame-des-Landes est bien loin de la violente frénésie consumériste de la capitale et de ses imitations.
Il semble bel et bien faire partie d’un autre monde : un avant-garde de l’après civilisation pétro-chimique, dont le modèle nous berce dans le confort matériel d’une intenable illusions.
Les scientifiques sont d’ailleurs en accord sur cette perspective : cette civilisation de la consommation illimitée est voué à se terminer (les politiciens et les industriels, discrets à ce sujet, n’osent pas l’annoncer de peur de précipiter sa chute), la question est : quand ?
On serait bien avisé de regarder les expérimentations novatrices, autonomes et auto-suffisantes, comme celles pratiquées à Notre-Dame-des-Landes !

Et ce samedi 27 février, jour de mobilisation et de FestiZad, est une occasion de s’y rendre encore plus nombreux pour apprendre, échanger, ou juste passer une journée loin des idées reçues et du béton, à cultiver la terre et les rapports humains !

Paris s’éveille

 

 La Noë verte : « De toute façon, l’aéroport ne se fera pas... Offensive à Notre-Dame-des-Landes »

Des zadistes occupent et défendent une jolie maison et ses deux hectares de terrain. La « Noé Verte », située aux limites de la zone d’aménagement [prévue pour l’aéroport], doit servir de conserverie pour le mouvement.
La rencontre avec ses nouveaux habitants nous explique les raisons de leur venue sur la ZAD, ainsi que leurs désaccords avec le Premier ministre qui annonçait leur expulsion imminente.

[52 minutes — source : Lundi.am]

 Des voisins de la Zad s’expriment

NOUS, RESIDENTS, VOISINS DE LA ZAD
Sommes outrés par la propagande quasi quotidienne des « va-t’en guerre » qui se permettent en plus de parler en notre nom : « les habitants excédés » disent-ils.

Cela suffit ! Nous ne voulons plus être spectateurs des mises en scène anti-ZAD de M. Retailleau et du couple Lamisse qui d’ailleurs n’habite plus là depuis des années, ni des mensonges grossiers de M. Valls et consorts sur les soi-disant activistes ultra violents qui rackettent, volent et détruisent.

Nous ne bénéficions pas des 60 000 euros d’encart publicitaire payé par le conseil régional mais nous pouvons néanmoins témoigner de notre réalité d’habitants.

Déambulations champêtres ponctuées de rencontres enrichissantes, petit café offert ou simple bonjour, on se sent chez nous et en sécurité sur la ZAD.

Pour beaucoup d’entre nous c’est l’occasion de redécouvrir notre bocage et sa richesse, de renouer avec un territoire et ses habitants.

La ZAD ce n’est pas une forteresse isolée mais au contraire un lieu foisonnant où se construisent des projets de vie basés sur l’échange solidaire et les valeurs humanistes. En ce sens, pour nous, la ZAD fait partie de la dynamique et de la vie de nos communes.

A ce titre nous sommes heureux d’accéder aux productions faites sur place : pain, légumes, fromages, lait ; d’accéder aux projets culturels qui y germent, aux rencontres où l’on réfléchit sur l’avenir de notre territoire avec ceux qui y vivent et qui luttent pour le préserver.

Pour nous il est urgent de dénoncer les stigmatisations orchestrées par ceux qui veulent nous diviser et décrédibiliser notre lutte.

Sachez que nous « des habitants indignés » nous serons aux côtés de tous ceux que l’on veut expulser de la ZAD.

C’est pourquoi le 27 février nous serons présents dans la mobilisation contre l’aéroport et contre toutes les expulsions."
[source : ACIPA]

 Regain de tension entre opposants et gouvernement (?)

Le chantier du futur aéroport de Notre-Dame-des-Landes, à quinze kilomètres au nord de l’agglomération nantaise, va-t-il débuter prochainement ? Entre les déclarations du premier ministre, Manuel Valls, qui n’a cessé de l’affirmer durant les derniers mois de 2015, et les initiatives des opposants, qui vont se multiplier dans les prochains jours, la tension monte.

Mardi 5 janvier, les opposants, regroupés dans de nombreuses associations dont l’Acipa, l’Association citoyenne intercommunale des populations concernées par le projet d’aéroport, devaient tenir une conférence de presse à La Vache rit, une ferme située dans la ZAD, la zone à défendre, lieu emblématique de la résistance qui s’est manifestée dès 2009 par l’occupation des terrains destinés à la future plate-forme aéroportuaire. Ils ont notamment prévu d’annoncer l’organisation d’une manifestation samedi, qui devrait voir de nombreux tracteurs, vélos et manifestants à pied occuper les boulevards périphériques au nord et au sud de Nantes. Cet encerclement, non interdit par la préfecture, doit permettre d’éviter des débordements dans le centre-ville, tels qu’ils s’étaient déroulés lors de la manifestation du 22 février 2014 [1].

Lire aussi : Plusieurs milliers d’opposants à l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes réunis avant l’ultime décision judiciaire

Lire aussi : Notre-Dame-des-Landes : la justice rejette tous les recours contre l’aéroport (mais pas l’Appel, la cour de Cassation ni la Cour Européenne)

Il s’agit pour les manifestants de protester contre d’éventuels arrêtés d’expulsion, qui pourraient être prononcés par le tribunal de grande instance de Nantes le 13 janvier. Ce rendez-vous judiciaire, prévu à l’origine le 10 décembre 2015, avait été reporté, COP21 oblige. En fin d’année, Aéroport du Grand Ouest (AGO), filiale de Vinci Airports, a relancé la procédure. Elle concerne les opposants historiques, onze maisons et quatre fermes représentant plus de 400 hectares de terres agricoles – le projet d’aéroport couvrant 1 220 ha. Après les mesures d’expropriation déjà prononcées et les recours des opposants rejetés en juillet par la justice, cette nouvelle étape signifierait un feu vert pour les expulsions et l’évacuation de la ZAD, préalables au démarrage des travaux. [...]

Guérilla judiciaire

Les 200 à 300 militants, agriculteurs, occupants de fermes et de maisons, habitants des cabanes et caravanes qui émaillent le bocage nantais, n’en auront pour autant pas fini avec la guérilla judiciaire qui marque la très longue histoire de ce projet, vieux de cinquante ans.

Jeudi 7 janvier, les naturalistes « en lutte contre l’aéroport » tiendront à leur tour une conférence de presse pour présenter cinq nouvelles espèces protégées rencontrées sur la zone [...]. Avec plusieurs associations de défense de l’environnement, ils ont écrit au ministère de l’écologie et à la préfecture pour signaler la présence de ces espèces, non répertoriées dans l’arrêté de dérogation pour la destruction d’espèces protégées pris par le préfet en décembre 2013. Cet arrêté, ainsi que celui sur la « loi sur l’eau », ont déjà été attaqués en justice par les opposants qui attendent le jugement en appel.

[...]

Affrontement inévitable

L’affrontement paraît donc inévitable d’autant que la position gouvernementale n’a pas varié. Le changement de majorité régionale et l’élection du nouveau président de région, Bruno Retailleau (Les Républicains), n’ont pas modifié la donne. Ce dernier a demandé à M. Valls, lors d’une entrevue le 15 décembre, le démarrage rapide des travaux et l’évacuation de la ZAD. Rappelant que l’actuel chef du gouvernement était ministre de l’intérieur lors de l’opération « César », une tentative d’évacuation en novembre 2012, M. Retailleau veut compter sur la détermination de M. Valls, mais redoute « le triangle des Bermudes où se perdent les décisions ».

[...] M. Retailleau redoute en outre que, si l’évacuation de la ZAD n’est pas menée avant mars, elle ne devienne impossible à un an de l’élection présidentielle.

Du côté gouvernemental, la thèse reste la même. « La volonté est de mener à bien ce projet très attendu localement. Il a obtenu les feux verts nécessaires et permettra de ne pas devoir étendre l’aéroport actuel, source de nuisances multiples, notamment pour les 40 000 personnes résidant sur la trajectoire des avions », précise un conseiller. À l’initiative de riverains, une pétition réclamant l’évacuation de la ZAD aurait recueilli plus d’un millier de signatures.

[...]

[Source : Le Monde]

Lire à propos des « riverains » : Autour de ND-des-Landes. L’émergence d’un front de libération de la Zad (Ouest-France — 17 octobre 2015)

 Notre drame des Landes

L’origine et le quotidien d’une lutte passionnée pour protéger les bocages de Notre-Dame des Landes et y empêcher la construction d’un aéroport. [...] Les témoins racontent cette mobilisation qui se poursuit encore aujourd’hui, et qui remonte au début des années 1970, avant même l’affaire du Larzac. [...] le lieu d’une expérience réussie de vie en commun fondée sur la démocratie directe, détachée d’intérêts marchands et respectueuse de l’environnement.

[46 minutes — une vidéo de l’Université populaire d’Amiens — 2015]

 « Reprise des travaux » ou opération de com ?

Communiqué de l’ACIPA suite aux déclarations de la Préfecture Notre-Dame-des-Landes, le 1er novembre 2015

Le 30 octobre 2015 en fin de journée, la préfecture de Loire Atlantique publiait un communiqué annonçant que l’État engageait la « reprise des travaux » du projet d’aéroport.

L’ACIPA rappelle que les travaux à Notre-Dame-des-Landes n’ont jamais commencé.

Elle dénonce l’ambiguïté de ce communiqué : il s’agit d’une opération de communication autour d’un simple appel d’offres pour d’éventuels travaux. Cet appel d’offre vient dans la continuité des procédures administratives que les porteurs du projet (État et Vinci) sont obligés de respecter.

Les porteurs du projet auront aussi besoin des autorisations de travaux pour le défrichement et l’effacement des réseaux (eau et électricité).
Il leur faudra également réactiver la demande de permis de construire avec les études et les enquêtes publiques attenantes, qui sont du ressort de Vinci.

Enfin, l’ACIPA relève que l’État n’a toujours pas déposé de demande de permis de construire pour les installations qui sont de sa responsabilité, comme la tour de contrôle.

Une fois de plus, Manuel Valls veut imposer le démarrage des travaux alors que le Président de la République, seul décideur, a dernièrement réaffirmé son respect des procédures juridiques jusqu’à leur épuisement.
Les associations ont fait appel des recours « loi sur l’eau » et « espèces protégées » le 17 septembre 2015.
Le temps juridique évoqué par François Hollande est donc loin d’être épuisé.

Le Premier ministre prend le risque, pour une telle annonce, d’activer un vent de révolte citoyenne à la veille de la COP21, où la France veut se montrer exemplaire vis-à-vis des autres nations.
En pleine campagne électorale régionale, il bafoue la démocratie et toutes les lois environnementales nationales et européennes.
[source : ACIPA]

 Diffamation, fraude et détournement. La campagne truquée de Bruno Retailleau contre la ZAD

[...]Que le président de région ait besoin de détourner 60 000 euros et de tricher pour faire passer de force ses affirmations belliqueuses donne une certaine idée de la faiblesse de ses arguments et de son cynisme. L’exploitation de faits divers, les achats d’encarts publicitaires dans les journaux, la pétition falsifiée, ne suffisent pas à étouffer les questions de fond que soulèvent en permanence une zone de vie et d’expérimentation hors du monde marchand comme celle de la ZAD : usage collectif des terres et des biens, remise en question concrète des façons d’habiter, de s’organiser, de produire, de vivre, de se défendre. Ce qui se joue à Notre-Dame-Des-Landes dépasse de très loin les ambitions et les manœuvres douteuses de n’importe quel politicien.
[source : zad]

 Le match des arguments

Faut-il construire un aéroport à Notre-Dame-des-Landes ? À l’occasion d’une nouvelle journée d’actions nationale, samedi 16 janvier, Mediapart discute des arguments des pro et des anti avec Françoise Verchère, présidente du comité des élus contre le projet.
[source : Mediapart.fr (partie abonnés)]

 Hollande ! Non aux expulsions !

Hier, nous avons réussi un magnifique rassemblement sur le périphérique nantais.
C’est grâce à la cohésion et la solidarité de l’ensemble des composantes de la lutte.
Réussir à rassembler plus de 20 000 personnes et plus de 450 tracteurs en à peine 10 jours, en plein état d’urgence, est la démonstration de la très grande mobilisation et de la détermination de tous les opposants au projet d’aéroport. 40 villes, partout en France, ont organisé des événements de soutien à notre action.
Notre requête à Hollande reste entière : l’abandon immédiat de la procédure en référé d’expulsion contre les habitants et paysans « historiques » de la ZAD de Notre Dame des Landes, et la garantie, claire et sans ambiguïté, conformément à ses engagements, qu’il n’y aura aucune expulsion de la ZAD avant l’aboutissement total de tous les recours.

Hier, à 16h30, pas de réponse, malgré l’importance de la mobilisation spontanée.

Nous, COPAIN, avons donc décidé de garder 120 tracteurs pour bloquer le pont.
Dans une ambiance calme et festive, les 140 paysans, aidés de près 500 personnes venues les soutenir, ont installé le campement, toujours dans l’attente d’une communication de M. Hollande en réponse à notre requête, soit : l’abandon immédiat de la procédure en référé d’expulsion contre les habitants et paysans « historiques » de la ZAD de Notre Dame des Landes, et la garantie, claire et sans ambiguïté, conformément à ses engagements, qu’il n’y aura aucune expulsion de la ZAD avant l’aboutissement total de tous les recours.

La seule réponse que nous ayons eu du gouvernement, à ce jour, c’est de nous envoyer un énorme dispositif antiémeute : une foule de gardes mobiles équipés jusqu’aux dents, des camions antiémeute à lance à eau, un bataillon de grosses dépanneuses poids lourds et des ambulances.

Après nous avoir pris en tenailles sur les deux côtés du périphérique, positionnés à quelques dizaines de mètres de nos tracteurs, il nous a été ordonné de partir en ces termes : « Vous avez 10 minutes pour vous décider, soit vous partez, soit vous restez et il y aura de la casse et des blessés des deux côtés ». La présence des ambulances ne laisse aucun doute sur les intentions prédéterminées d’une recherche de l’affrontement.

Il a été collectivement décidé de quitter les lieux, nous avons commencé à démonter le campement et à mettre les tracteurs en ordre de départ.
C’est alors, que les forces de l’ordre, sans doute inquiètes qu’il n’y ait pas les affrontements attendus, ont alors déclenché un tir nourri de plusieurs centaines de grenades lacrymogènes et de canons à eau.
Malgré ce déclenchement de violence inouï et sous la pression des gardes mobiles qui avançaient, nous avons terminé les manœuvres de démontage.

Nous avons évacué le pont, sans affrontement, sans casse, sans blessé et sans arrestation, comme nous le souhaitions : c’est une réussite.
Aujourd’hui, dimanche 10 janvier, toujours pas de réponse de l’Élysée à notre requête.

Nous, paysans du COPAIN, avons donc décidé de continuer le blocage.

Tous les comités de soutien et tous les opposants au projet d’aéroport sont invités à se tenir prêts à venir se joindre à l’action du COPAIN, dès demain, surveillez les réseaux.

Nous ne voulons pas de procès le 13 janvier ni d’expulsions sur la ZAD.

COPAIN 44

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