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Voilà maintenant plus d’un mois que l’opération militaro-policière patauge dans le bourbier nantais. La préfet de Loire-Atlantique avait précisé que toutes les précautions de sécurité étaient prises. Hélas, sur place, les méthodes utilisées pour la répression sont alarmantes.

Au fil des témoignages, on retiendra que le « maintien de la paix » passe par l’emploi de flash-ball à bout-portant, d’innombrables grenades lacrymogènes parfois lancées en tir-tendu, des grenades assourdissantes et même des grenades au gaz poivre ne semble pas faire sourcilier la presse nationale !
L’État utilise également tous les moyens - y compris du matériel militaire spécifique comme une tour mobile d’une trentaine de mètres de haut aveuglant à des centaines de mètres à la ronde - pour faire taire cette résistance écologique héroïque. Sans oublier les contrôles d’identité au poste et les gardes à vues d’opposants - avec fichage ADN.

Tout ça pour quoi ? Pour protéger les engins de la multinationale, ses filiales et sous-traitants qui détruisent des abris et commencer son aéroport plus que jamais controversé.
Le groupe Vinci avait fait accepter son projet comme « d’utilité publique » auprès d’un tribunal peu regardant - ignorant au passage la contre-expertise hostile - pouvait se targuer d’être en conformité avec la loi. Il considère cette décision comme une carte blanche et règne désormais avec la préfecture qui s’est accaparée tous les pouvoirs face aux petites municipalités.

Or, il est extrêmement honteux qu’outre le saccage de la nature, l’intimidation des paysans du coin pour les expulser hâtivement, on ne compte plus désormais les actes illégaux qui mettent en danger les « zadistes » victimes de la violence d’État, les agents de la force publique (dont certains se sont blessés en tombant des arbres) ainsi que les démolisseurs qui ont dû travailler avec de l’amiante sans protection suffisante. Les occupants l’ont signalé à l’inspection du travail pour retarder leur sale besogne.
On en oublierait presque les promesses non-tenues du candidat Hollande aux grévistes de la faim de ne pas expulser les personnes installées légalement, des agriculteurs et des précaires. Mais aussi, un comble, le groupe préfère payer 9 millions d’euros pour « dédommager » le préjudice à la loi sur l’eau. Tout s’achète et tout se vend.

Si la ZAD (Zone À Défendre) est un laboratoire de culture biologique auto-géré par des gens d’horizons très divers, cette opération « César » ressemble elle à un avant-goût du système totalitaire qui peine désormais à se dissimuler : l’État travaillant main dans la main avec les multinationales, usant de méthodes mafieuses et technologiques contre sa population.
Les résistants d’aujourd’hui sont qualifiés d’« ultra-gauche » (d’après Manuel Valls), comme pour le groupe de Tarnac où les lois floues anti-terroristes ont été appliquées arbitrairement.

Face à ça, les gens sur ce bocage tiennent, avec courage et ingéniosité. Mais il y a urgence, urgence à aider Notre Dame des Landes à résister, sur place, partout et durablement.
Les milieux militants et politiques locaux ont compris l’importance du symbole. Ils sont en effervescence, des comités et des rassemblements de soutien naissent un peu partout en France, contre ce projet et tous les « Grands Projets Inutiles ».
Et ainsi, la haute sphère politique commence à bouillir et se déchirer discrètement après les messages de l’ancien médiateur Patrick Warin, Stéphane Hessel ou de François Bayrou...

Mais il appartient à chacun de prendre part à la lutte contre cette gentrification du paysage et des esprits... par tous les moyens pacifiques imaginables.

Un défilé est prévu à Paris samedi 10 novembre à 14h de Belleville vers l’Hôtel de Ville, et la grande manifestation de réoccupation se déroulera à proximité de Notre Dame des Landes le 17 novembre. Soyons-y avec de quoi reconstruire !

Paris s’éveille

Notre-Dame-des-Landes : Allez dire à Rome que son empire s’arrête ici !

Mercredi 7 novembre : 500 robocops s’épuisent pendant 6 plombes pour détruire 5 barricades immédiatement reconstruites !

Cela fait maintenant plus de 3 Semaines que des Anarcho-Autonomes Ultras-Mon-Cul qui font pousser plein de vrais légumes sans pesticides et construisent des cabanes dans les arbres résistent aux agressions et ravages provoqués par un envahisseur capitaliste des plus béliqueux.

Ce matin, vers 8 heures les talkies nous signalent la venue de 20 camions blindés de Play-Mobiles en provenance de Fay-de-Bretagne qui se dirigent rapidement vers les barrages nord.

A peine arrivées, les forces du désordre se déploient rapidement et prononcent les trois sommations de rigueur en mode accéléré avant de foncer en mode gros bourrins sur le premier barrage qui est aussitôt repris.

Les tirs de lacrymos fusent accompagnés d’explosions de bombes assourdissantes.

Une quinzaine de camions bleu-marine, des véhicules de la DDE et une grue alignés le long de la D281 témoignent de la lourdeur du dispositif répressif mis en place par la Préfecture de Loire-Atlantique.

Le deuxième barrage tombe, les légions de César progressant à chaque charge d’une cinquentaine de mètres. Petit à petit, ils arrivent au niveau du chemin du Sabot sous une épaisse fumée.

Le dispositif policier continue tout au long de l’assaut à se renforcer pour finalement former un mûr compact d’au moins 150 Play-Mobiles.

Les zadistes et sympathisant.e.s qui leurs font face sont moins nombreux et surtout beaucoup moins bien équipés. Tout le monde a en esprit la défense du Far-Ouezt jusqu’à là préservé des saccages perpétrés sur la ZAD depuis maintenant plus de 20 jours par les chiens de garde de Vinci et de sa filiale AGO.

Les tirs de Flash-balls sont limités par la présence continue de plusieurs journalistes qui peuvent témoigner à tout moment de violences policières. Les flics cherchent à nous blesser sans témoin et un de nos camarades est atteint par un tir tendu de flash-ball dans la jambe juste au dessus de la rotule.

Les dégénérés casqués n’hésitent pas à lancer de nombreux jets de gaz au dessus de nos épaules. Certaines cartouches de lacrymos nous tombant directement sur la tête. Plusieurs grenades assourdissantes explosent parfois tout près de nous..

Plusieurs fois d’affilé l’atmosphère est rendue irrespirable par les gaz. Protégées par l’épais écran de fumée, les forces terroristes de l’État saucialo-fasciste continuent leur progression sur la route.

Au niveau du chemin de la Chèvrerie, les Play-Mobiles prennent une nouvelle barricade grâce à leur appareillage guerrier sophistiqué et à leur supériorité numérique, forçant les zadistes et sympathisant.e.s à se replier derrière une nouvelle barricade proche de la maison du Far-Ouezt. L’hélico de la gendarme déboule avec son fracas rotatif, mais une fusée éclairante est lancée en sa direction et il fait demi-tour.

Au bout de trois heures de charges successives, les Play-Mobiles reprennent plus ou moins un contrôle très précaire de la route pour permettre aux collabos de la DDE de remblayer les trous dans la chaussée et d’embarquer ce qu’il reste des barricades à l’aide d’une grue dans des camions prévus à cet effet.

Sauf que... C’est un convoi de Play-Mobiles, de CRS et de machines stationnées sur une route bordée de haies de trois mètres de haut et de petits bois touffus. Les keufs n’ont aucune visibilité de ce qui se passe autour d’eux. Cachés dans les fourrés, les camarades transformés en guérilleros bocagers, les harcèlent de cailloux, d’œufs de peinture, de verres, de pétards, sur tous les points du convoi, du sud au nord.

Des collabos de la DDE et des véhicules de chantiers évitent de peu des bouteilles lancées sur la route, et les flics censés les protéger réagissent avec un temps de retard, à l’aveuglette, bombardent de lacrymos des champs où il n’y a que du mais et des taupes.

Ces invertébrés laissent même, au cul du convoi, un véhicule de fonction du Conseil Général sans protection pensant qu’il n’y aura personne, mais des camarades jaillissent des fourrés, pètent une vitre avec une bouteille en verre vide et disparaissent la seconde qui suit.

S’engage alors un face à face surréaliste dans un champ qui relaie le D281 au Far-Ouezt tout proche. Un de nos camarades habillé en Gaulois se met à railler ces imbéciles de romains alignés le long du champ comme des quilles de jeu :

« Allez dire à Rome que son empire s’arrête ici ! »

« Je n’ai pas envie de vous tuer mais j’ai besoin de vos crânes pour boire de la bière ! »

« J’ai embrassé ma femme ce matin et mangé de la chair humaine, je suis fort et prèt à mourir ! ».

« Au delà de cette limite (il plante son épée) je ne garantis plus votre sécurité ! »

Sous le chant d’une clarinette et le rythme d’une batucada les Play-Mobiles se gâsent tous seuls comme des cons à plusieurs reprises sous les risées et insultes. Un pique nique s’organise dans le champ face aux flic. Certains font bronzette au soleil. Le face à face dure jusqu’à 14 heures qui marque le départ des forces de répression de l’État saucialo-fasciste.

Cet acharnement Ripoux-blicain contre les habitant.e.s des 2000 hectares de lande et de bocages qui composent la ZAD ne fait que renforcer notre détermination et nos convictions.

Le Premier Sinistre Jean-Marc Ayrault s’acharne encore et toujours sur son projet mégalo, bien plus soucieux de satisfaire l’appétit vorace des actionnaires de Vinci plutôt que de mettre en pratique une politique au service du bien-être commun de toutes et de tous.

Cette dernière attaque de la ZAD montre l’absurdité d’un système tout entier qui vacille, menacé par les outrances successives qu’il a lui-même engendré.

La résistance à ce projet d’Aéroport absurde et à la destruction totale de la ZAD avant bétonnage n’est pas prête de s’arrêter.

En poursuivant sur le chemin du tout répressif, l’Etat, par les actions scandaleuses de destruction de nos lieux nos de vie, jette aux yeux de l’opinion publique, qui s’interroge de plus en plus du bien-fondé de l’opération César, un spectacle révoltant, lamentable, injustifiable.

A l’heure du réchauffement climatique, de la catastrophe de Fukushima et d’une gestion dévastatrice de la crise économique tournée au service des seuls intérêts spéculatifs et financiers, rien ne peut justifier une opération policière disproportionnée pour réaliser un projet industriel et commercial déjà obsolète avant le début de sa mise en chantier.

A Athènes, à Barcelone, à Notre-Dame-des-Landes comme ailleurs, nous refusons de laisser nos vies entre les mains d’une oligarchie criminelle et sociopathe.

Les saucialos-fascistes pratiquent chez nous la politique de la terre brûlée, aveuglés par la seule flamme qui les anime. Celle de la préservation des intérêts du capital et des grands groupes privés comme Vinci alors que toute l’Europe est traversée par une crise sociale, écologique et politique sans précédant.

Les grands discours pseudos écolos de l’alliance socialos-verte ne changent rien à la mascarade électorale de mai qui a abouti à un nouveau monstre politique rose-vert après des années de sarkozysme tout aussi destructeur et nuisible. Monstre qui détruit tout sous nos yeux.

Le bilan de la journée reste, somme toute, assez modeste pour les Play-Mobiles et leurs version citadine, les CRS : 5 barricades pétées en presque 6 heures... Une présence policière hallucinante pour un résultat proche de zéro. De nouvelles barricades fleurissent au même endroit que les anciennes un peu partout le long de la route bloquée depuis 5 jours.

Il est hors de question de laisser une oligarchie irresponsable décider plus longtemps à notre place. Ce qui est bon pour les actionnaires de Vinci ne l’est pas pour nous.

Nous voulons faire pousser nos légumes, apprendre à nous passer d’un système oppresseur en recherchant l’autonomie qui nous en émancipera.

La résistance continue de s’amplifier sur la ZAD grâce à la solidarité qui s’est mise en place, les actions contre le PS et Vinci, les initiatives citoyennes de désobéissance civile les plus diverses et la présence nombreuse de nouvelles/nouveaux camarades sur les barricades et pour la phase de reconstruction.

Tous les jours de nouvelles personnes solidaires soit nous rejoignent dans la lutte, soit viennent nous apporter réconfort moral et appuis logistique.

Nous voulons une vie riche, pas une vie de riches.

Le capitalisme crève, aidons-le !

Vinci dégage !

Des habitant.e.s de la Zone d’Autonomie Définitive.

[Source : blog Mediapart]

[L’interview de Stéphane Hessel sur reporterre.net]

Lettre ouverte à Monsieur François Hollande, Président de la République,

De la part de Patrick Warin, ancien élève de l’ENA, Promotion Voltaire, ancien Directeur à la Caisse des Dépôts et Consignations, Professeur associé aux Universités, membre de Démocratie 2012.

Monsieur le Président, mon cher camarade, cher François,

J’ai décidé de vous adresser cette lettre, écrite ce matin du 30 octobre, alors qu’une nouvelle opération de police de grande envergure se déroule à quelques dizaines de kilomètres d’Angers, mon lieu de résidence, ville et région qui vous sont également familières.

Sur le territoire prévu pour accueillir le futur aéroport de Nantes/Grand Ouest des hommes et des femmes qui, pour l’écrasante majorité d’entre eux ont voté pour vous, doivent se confronter une nouvelle fois à un déploiement de forces de police dépêchées par un gouvernement de gauche, dirigé par l’ancien maire de Nantes. Alors que depuis des années ces femmes et ces hommes, tous non violents, tous soutenus par une solidarité locale, régionale et nationale demandent simplement à être entendus au-delà des procédures légales et formelles dont ils estiment à juste titre qu’elles ont été menées de manière tronquées, et trompeuses, la seule réponse que votre gouvernement leur apporte est celle de l’emploi de la force. Cette attitude, Monsieur le Président, cher camarade est inacceptable.

Le PS est en train de s’isoler

Parmi bien d’autres, je me suis engagé pour assurer votre élection, puis vous garantir une majorité solide. Dans notre circonscription du Maine et Loire tenue par la droite depuis plusieurs dizaines d’années nous avons failli à 86 voix près envoyer l’ancien ministre Marc Laffineur à une retraite bienvenue. Nous sommes fiers d’avoir mené ce combat et de nous retrouver dans cet Ouest déjà largement conquis par la gauche en terre de futures conquêtes en compagnie de nos alliés écologistes.

Cher François, la manière dont le pouvoir que vous incarnez gère le projet Notre Dame des Landes va totalement bouleverser ces positions politiques chèrement acquises car vous n’imaginez pas l’immense potentiel de sympathie, de soutien militant, de soutiens politiques à la base dont bénéficient ces personnes en lutte, alors que la technostructure du Parti socialiste et des grands élus régionaux est en train de s’isoler.

Vous êtes face à un nouveau Larzac !

Monsieur le Président je vous l’affirme avec la conviction d’un sympathisant socialiste de longue date, de tradition enracinée auprès de mes proches, mon père Jacques Warin, qui collabora avec Pierre Mauroy au moment de l’alternance en 1981, vous êtes face à un nouveau Larzac !

Déjà au moment de votre élection je vous avais alerté discrètement, par l’intermédiaire de nos amis communs de Démocratie 2012, dont Pierre René Lemas, pour éviter qu’en pleine campagne la situation ne provoque des conséquences électorales néfastes. Il me semblait avoir, avec bien d’autres qui avaient intercédé, été entendu.

Aujourd’hui il est temps que vous ne vous contentiez plus de répondre aux lettres qui vous sont adressées à ce sujet par des formules standards qui renvoient à votre ministre Monsieur Cuvillier le soin de traiter le dossier. Outre que cette attitude peu respectueuse de l’écoute citoyenne ne vous ressemble pas, vous êtes face à une situation qui exige une attitude d’homme d’État.

Provocations dont vous porterez seul la responsabilité

La révision du Schéma national des infrastructures de transport, l’emploi parcimonieux de la dépense publique, le souci de la transition écologique, l’application loyale de la Loi sur l’Eau, dans sa dimension universelle et a fortiori européenne, sont autant de motifs pour rouvrir le dialogue et éviter que votre quinquennat ne soit entaché par un abcès de fixation politiquement désastreux. Cela vous fait courir, compte tenu de la manière utilisée aujourd’hui, des risques sérieux de dérapages, de provocations dont vous porterez seul la responsabilité face à des personnes dont la conviction s’exprime de manière pacifique, non violente, respectueuse de la loi républicaine dès lors que celle-ci s’exerce elle aussi dans le respect du dialogue citoyen.

Monsieur le Président, cher camarade, j’ai eu le privilège de vivre un parcours professionnel dont tous ceux qui furent mes supérieurs, collaborateurs, collègues, partenaires s’accordent à dire qu’il fut toujours ouvert à l’innovation, à l’adaptation au monde changeant, à la recherche de nouveaux paradigmes et à la réalité de la concurrence globalisée. Je continue en tant qu’enseignant universitaire à stimuler la créativité de mes étudiants, dans le monde entier, tout en leur transmettant mon expérience de dirigeant du service public puis d’homme d’entreprise. Je ne suis pas un nostalgique, ni un tenant de la décroissance, ni un « illuminé anti progrès ». Ces traits de caractère sont partagés par les personnes que je côtoie lors des réunions d’information sur le projet Notre Dame des Landes. En vérité, c’est nous qui incarnons la modernité et l’ouverture au 21éme siècle.

Mégalomanie ridicule

En effet, qui peut croire que les opérateurs aériens vont implanter dans le Grand Ouest des infrastructures aéroportuaires renforcées et surdimensionnées, au moment où nous atteignons le pic de l’énergie fossile, et alors que leur modèle économique est de ramener les passagers vers quelques hubs majeurs soit par des avions qui rallient Nantes à Orly, ou Charles De Gaulle, ou Francfort ou Londres, ou Amsterdam ou Madrid ? A partir de ces plateformes le modèle est alors de procéder au remplissage maximum de très gros porteurs économes en carburant. Sauf à souffrir d’une mégalomanie ridicule, qui peut croire qu’un Grand Ouest aujourd’hui déjà bien relié par TGV aux plates formes parisiennes en cours de modernisation a besoin d’un équipement nouveau, coûteux, détruisant plusieurs milliers d’hectares de terres agricoles, déracinant au propre et au figuré paysages et hommes attachés à leur territoire ?

Nantes a déjà 2 aéroports qui figurent dans les codes internationaux de l’IATA, Nantes Atlantique qui croît sans que cela permette de justifier le transfert coûteux et… la gare SNCF de Nantes qui est utilisée dans la tarification aérienne pour acheminer les passagers vers les plateformes parisiennes et retour. Nantes Atlantique va devoir de toutes façons être conservé pour les besoins logistiques de la fabrication d’Airbus sur l’usine nantaise, et la gare de Nantes me parait être une bonne solution pour les voyageurs de notre région pour leur transfert vers les hubs parisiens. Posons donc la question à Air France sur sa vision du transport aérien au 21e siècle et remettons-nous autour d’une table pour réexaminer les prévisions de trafic utilisées pour justifier le transfert !

Je vous conjure d’écouter ce qui se vit

Monsieur le Président, cher camarade, vous qui êtes aujourd’hui soucieux que vos hautes fonctions et votre agenda ne vous coupent pas de la réalité que vivent nos concitoyens, vous qui vous entourez des avis et opinions issus de la société civile, comme en témoigne la mission confiée à votre proche Bernard Poignant (qu’en dit-on à Quimper ?), je vous conjure d’écouter ce qui se vit dans notre région auprès de personnes qui vous soutiennent, qui partagent vos valeurs, qui se mobiliseront autant qu’il le faudra et aussi longtemps qu’il le faudra pour que leurs argument soient écoutés une fois que les gaz lacrymogènes de ce matin se seront dissipés.

Cher François, le Larzac a rencontré son homme d’État, le magnifique film qui a retracé cette lutte rend hommage à des Français ordinaires, femmes et hommes de conviction mais aussi à l’homme d’État qui les a entendus.

Ceux de Notre Dame des Landes et ceux du Larzac sont de la même trempe de Français, nous serons des millions à les soutenir pour qu’on les écoute.

Monsieur le Président, cher François Hollande, nous attendons de vous que vous soyez à notre rendez-vous citoyen comme l’a été François Mitterrand.

Je vous prie d’agréer l’expression de mes sentiments respectueux et de mon cordial souvenir,

Patrick Warin, ENA Promotion Voltaire

Copie : Monsieur Jean Marc Ayrault, Monsieur Pierre René Lemas, Monsieur Michel Sapin, Monsieur Jean Pierre Jouyet, Monsieur Bernard Poignant, Monsieur le Préfet de la Région Pays de la Loire.

Copies adressées par courrier électronique : élus de la région Pays de la Loire, divers collectifs au sein d’ACIPA

ÇA FAIT PLAISIR, BRAVO !

Marseille, Tours, Couëron, Lyon, Paris, Carcassonne, Limoges, Arles, Blois, la roche sur Yon, Rennes, Dijon, Poitiers, Brest, Quimper, Saint Brieux, Angers, Toulouse, Barcelone, Cologne, Lille, Bruxelles... et la liste est loin d’être exhaustive : Solidarité

Merci à toutes les personnes qui, de près ou de loin, ont participé à ces initiatives, ça nous a fait et nous fait toujours très chaud au cœur d’apprendre les rassemblements de soutien, les stands d’infos lors d’un marché, les sabotages, les trous dans les vitrines des locaux du parti socialiste... surtout lorsque nous sommes dans une nasse policière.

Au cours de ces dernières années, on s’est parfois senti-e-s un peu seul-e-s entre les techniques médiatico-policières de stigmatisation/criminalisation du mouvement d’occupation et les relations parfois difficiles avec les autres composantes de la lutte. Tout comme les années précedentes, pendant les expulsions beaucoup de médias ont relayé les paroles du pouvoir qui utilisent un vocabulaire biaisé qui a pour but d’enrichir les clichés, de stigmatiser afin de diviser la lutte. On retrouve les catégorisations habituelles de squatteur-euses / habitant-e-s ou de pacifistes / violent-e-s, ultras ...qui sont associées à un rapport de légitimité de lutte due à une situation géographique, le style de vie que l’on a ou bien d’autres stupides critères. Nous sommes tous-tes des habitant-e-s qui résistent ! Ce sont les mêmes techniques qui sont employées partout et qui contribuent à la criminalisation des mouvements de résistance qu’ils soient syndicaux, étudiants, ou encore dans les luttes contre d’autres projets comme la ligne THT ou le TAV (TGV Lyon/Turin). Il semblerait que cette fois ça ne marche pas trop, en tout cas on n’en voit pas les fruits ni ici, ni ailleurs…

Concrètement depuis 3 semaines on voit des centaines de personnes venues sur place pour 1h, 2 ou 15 jours voir en « CDI » pour aider matériellement apportant nourriture, outils…, soutenir moralement, financièrement ou encore pour nous aider à faire des barricades ou creuser une tranchée dans la route. Comme si se matérialisaient toutes les solidarités tissées pendant ces années d’occupation et d’avant, le travail d’information, de communication, les relations inter-individuelles, les rencontres sur d’autres luttes ou sur d’autres temporalités, la sympathie des gens d’ici et d’ailleurs qui ne veulent pas de vos clichés.

Monsieur le Préfet ou autre charogne, « radical » veut dire prendre le problème à la racine. Alors oui nous sommes radicaux dans ce sens, c’est une des raisons concrètes pour avoir choisi de rester vivre et lutter ici.

Le mot radical est toujours utilisé de façon connotée avec violence, intégrisme, intolérance mais si il a un sens c’est bien le premier et dans ce cas il nous semble que les centaines de personnes qui sont venues le sont aussi, prenez garde Mr le Préfet ! Il semblerait bien que de plus en plus de personnes voient une complémentarité et non une incompatibilité dans les différents modes d’actions ou qui du moins ne veulent pas dénigrer ou condamner ceux qui ne leurs correspondent pas.

Lutter contre l’artificialisation des terres, le contrôle et la gestion de nos vies par l’aménagement du territoire, exprimer un refus de la société de consommation, lutter contre Vinci (grand constructeur d’autoroutes, de TGV, de prisons, de centrales nucléaires...), vouloir protéger la faune, la flore, l’agriculture locale ou encore pour plein de ces raisons réuniEs, il y a 1000 motivations pour s’opposer à ce projet. Cette lutte dépasse plus que jamais Notre-Dame-Des-Landes, La Zone À Défendre, une quelconque barricade, l’ACIPA ou les autres composantes. Peut-être que ça en effraie quelque un-e-s, parce qu’ils /elles veulent garder le contrôle, nous on s’en réjouit. La lutte s’internationalise et c’est tant mieux, nous espérons que l’écho qui résonne partout en france et ailleurs trouve résonnanCe et soit utile à d’autres luttes ailleurs et vice versa..

On voulait dire un grand bravo pour toutes ces solidarités, un grand bravo aussi aux personnes qui nous ont écrit par centaines pour soutenir : ce sont ces multitudes d’actes, de prises de position qui nous donnent tant de force et d’énergie sur le terrain ! Espérant que l’ampleur de la lutte contre ce projet d’aéroport renforce vos luttes partout. On espère que l’écho va résonner plus fort, plus loin et ne faiblisse pas en intensité alors on vous invite à continuer à leur mettre des bâtons dans les roues chez vous, partout, de toutes les manières que vous imaginerez et qui vous correspondent.

On vous attend nombreux-euses pour la manifestation de réoccupation le 17 novembre et courage pour vos luttes !!!

Quelques opposant-e-s plus détérminé-e-s que jamais !

[Source : ZAD]


Toutes les informations en continu de la ZAD sur : http://zad.nadir.org/

Les documents de l’ACIPA : http://acippa.free.fr

La carte des comités de soutien : http://comites-ndl.blogspot.fr/p/carte.html