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« La menace d’une expulsion musclée des sans-papiers de la Bourse du travail se précise de plus en plus », déclare la CSP 75. La CGT chercherait le soutien d’autres organisations et associations, invitées à signer un « appel » demandant l’expulsion des sans-papiers de l’annexe de la Bourse du travail de la rue Charlot que ceux-ci occupent depuis 158 jours. La CSP 75 dément les allégations de la CGT selon lesquelles l’occupation empêcherait le fonctionnement de la Bourse du travail et invite ceux qui seraient tentés de le croire, à venir constater ce qu’il en est par eux-mêmes, « sans œillères », 85 rue Charlot, Métro République.

Communiqué de presse de la coordination 75, 6 octobre 2008 :

La menace d’une expulsion musclée des sans-papiers de la Bourse du travail se précise de plus en plus.

Les gars du service d’ordre de la CGT ont une réputation non usurpée en la
matière et ils sont à pied d’œuvre, paraît-il. En effet, qui ne les a pas vus
n’écoutant que leur courage, lors de l’évacuation du 9e collectif de la Bourse du travail rue du Château d’Eau !

Cette fois-ci, la CGT voudrait éviter de porter seule la honte de briser
l’espoir de régularisation des 1300 travailleuses et travailleurs sans-papiers
isolés et surexploités qui, depuis 158 jours, occupent la Bourse de la rue
Charlot, et elle cherche à rallier à son projet d’expulsion d’autres
associations et orgas. Parmi celles-ci, un appel réservé circule depuis quelques jours, cet appel est à « cosigner », invite-t-on instamment. C’est pour l’« autoriser »… C’est-à-dire, pour la dédouaner par avance.

L’argument principal mis en avant pour justifier cette demande d’une « couverture » morale est le prétendu « blocage » de l’activité suite à
l’occupation. Cet argument est tout à fait fallacieux. Nous sommes à la Bourse 24 heures sur 24 et il n’y a pas de meilleurs témoins. Les activités syndicales vont leur train normal depuis que nous avons libéré, il y a trois mois, les troisième et quatrième étages et l’accès aux bureaux.

Un autre argument est le retard dans la préparation des élections prud’homales à cause d’une prétendue inaccessibilité de l’imprimerie de la Bourse. Là encore c’est faux, l’accès à l’imprimerie n’a jamais été gêné par les sans-papiers.

La CGT voudrait faire croire aussi que la Bourse du travail est devenue, par
notre faute, un repaire d’ivrognes, de sdf, de dealers. Nous démentons cela
formellement. De tels propos ne sont qu’injurieux. Au contraire nous exerçons une vigilance attentive sur les personnes qui entrent à la Bourse, et ceci pour prévenir toute provocation qui ne profiterait qu’à ceux qui nous veulent du mal.

La technique est de nous accuser de tout et de n’importe quoi. Que ne nous
accuse-t-on pas de manger les petits enfants ! Nous n’en mangeons pas, vrai !

D’ailleurs, tous ceux qui seraient enclins à s’en faire accroire par la CGT sont invités à venir nous voir, à constater de leurs propres yeux. À constater par exemple comment la CGT essaie par tous les moyens de nous rendre la vie facile, en nous coupant, par exemple, l’eau chaude par ce temps froid, ce qui indubitablement profite en particulier, surtout le matin, aux enfants de l’occupation.

Tous ceux-là, tous ces amis potentiels de la CGT, ce n’est qu’en se rendant
compte de visu de ce qui se passe réellement au 85, rue Charlot, et non sur des ouï-dire mensongers, qu’ils pourront rendre leur jugement sereinement et sur preuves.

Quant à nous, pour prouver ce que nous affirmons, et puisque « les choses de fait ne se prouvent que par les sens », nous restons ouverts à toute initiative, à toute vérification, mais à la condition que les « vérificateurs » viennent sans idées préconçues, sans mettre des œillères à leurs yeux.

[Source : CSP 75]