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Nous connaissions déjà la marche Paris-Nice, puis nous avons participé à la caravane Bamako-Dakar à l’occasion du forum social mondial de 2011, on y parlait déjà de la possibilité d’une marche européenne. Quand la CSP75 nous en a fait la proposition, nous avons donc adhéré tout de suite. Dès la première réunion, nous avons proposé les trois villes allemandes qui ont été retenues : Mannheim, Heidelbeg, Freiburg. Et avons aussi proposé de joindre aux revendications globales européennes nos revendications particulières allemandes : abolition de la loi d’assignation à résidence (les demandeurs d’asile, y compris ceux qu’en France on appelle sans-papiers, ne peuvent pas sortir de leur district) ; fermeture immédiate des lager (camps de demandeurs d’asile) et des prisons d’expulsion (les personnes en attente d’être expulsées y sont enfermées) ; présence d’un avocat et d’un traducteur dès le premier contact avec l’administration (sans ce droit, les étrangers ne connaissant ni la langue ni les lois se font le plus souvent abuser).

La marche nous a apporté un véritable élan. La lutte n’est plus seulement nationale, mais internationale, cela renforce nos possibilités. Depuis la marche, beaucoup de demandeurs viennent nous voir, ils ont compris qu’ils ne sont plus seuls. Ils ont pu voir de leurs yeux que nous disions vrai : la marche est venue, les sans-papiers français sont venus, ils étaient nombreux. À Mannheim, il y a même eu quelque chose de très positif : grâce à la marche et à la manifestation organisée devant le camp où il faisait la grève de la faim, un demandeur d’asile iranien a pu enfin obtenir d’être rejoint par sa famille.

Notre collectif rassemble aussi des activistes, et entre nous, à Mannheim, nous ne disons déjà plus Coalition des sans-papiers et migrants, mais Coalition des sans-papiers, migrants et activistes (CISPMA). Nous pensons que cet ajout est important, nous allons le proposer aux autres membres de la coalition.
Les perspectives ? Je pense que la coalition, pour être vivante, doit devenir une coordination internationale permanente, avec des rencontres régulières. Elle doit laisser les membres des différents pays libres de décider leurs actions et en même temps les soutenir et les publiciser, puis aussi proposer chaque année deux ou trois actions communes européennes.

Dans l’immédiat, en Allemagne nous préparons trois actions importantes. À Karlsruhe le 28 septembre. Puis une double marche, à partir de la Bavière et de Francfort, pour rejoindre, en passant par le sud et par le nord, le Bundestag (parlement allemand) à Berlin, vers le 10 octobre. Enfin, une action à Baden-Baden le 18 octobre : ce jour-là est annoncée la première grande expulsion massive d’étrangers arrêtés un peu partout en Allemagne, nous voulons l’empêcher. Ce serait bien si les camarades français manifestaient en même temps devant l’ambassade allemande à Paris, au moins pour l’action de Baden-Baden.


NOTE. Depuis cette interview (25 août), Alain a envoyé à Paris un projet de charte de fonctionnement (CISPMA) où il est question d’espaces autogérés. Cela paraît loin des représentants, élus ou non, proposée par la CSP75 (voir p.8).

Une interview avait aussi commencé, sans être achevée, avec Mirj et Marco de Bleiberecht (droit de rester). Voici nos quelques notes :

Bleiberecht est présent dans cinq villes suisses. Les collectifs ont pendant longtemps parlé sans rien faire de concret. En septembre 2010, enfin, une campagne pour former une liste d’Illegalisiert : personnes « illégalisés », rendues « illégales » par les lois xénophobes, appartenant aux deux catégories qu’en France on appelle « sans-papiers » et « déboutés du droit d’asile ». 173 noms recueillis pour une régularisation collective. Ils n’ont tout simplement pas le droit d’exister en Suisse, c’est-à-dire qu’ils n’ont pas le droit d’être là : ils sont enfermés dans les Notunterkünfte (hébergements d’urgence), pour y recevoir une aide « d’urgence » à un recours qui est purement théorique…