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“Mardi 3 Mai, à Paris, les réfugiés Tunisiens dans le 19e ont repoussé les policiers, et les RGs venus les embarquer, dans les fourgons qui leur étaient destinés et les ont contraint à déguerpir.”

Du jamais vu ! Les flics mis en échec par les squatteurs. Si les précédents existent, ils doivent se compter sur les doigts d’une main, et on a beau chercher, on n’en a pas mémoire, en plus de 36 années de trottoir parisien. Ah si ! Fin 1976, rue des Envierges, on avait, à une poignée, réussi à repousser un “J7”, une camionnette de policiers venus du commissariat de Gambetta. Peu après, c’est une compagnie de CRS qui avait été lâchée, matraquant jusqu’au milieu de l’atelier (clandestin) de confection, où des manifestants avaient pu chercher refuge. Mais la leçon avait été entendue, et les flics n’étaient plus revenus qu’à deux gros cars – le plus souvent de gendarmes, d’ailleurs.

Depuis, la règle est constante : les flics ne se déplacent qu’à partir du moment où ils sont assurés de bénéficier d’un rapport de force écrasant. Le ratio s’est aggravé avec le temps, et on est même parvenus au score invraisemblable d’un (gros) camion par manifestant – qu’on a pu enregistrer lors de manifestations anti-loppsi, par exemple.

Que s’est-il passé avenue Simon Bolivar ?

L’interprétation à distance vaut ce qu’elle vaut, mais manifestement, c’est l’énergie et la détermination des tunisiens (et de leurs soutiens) qui a fait la différence.

C’est l’élan de la révolution de jasmin qui traverse la Méditerranée !

Ce n’est rien de moins que la 3e Kasbah !

Rappelons que la 1re a vu déguerpir Ben Ali, et la 2e, son successeur, Ghannouchi. À la 3e, s’agit de dégager Sarkozy et Delanoë ?

Paris s’éveille

Les policiers et les RGs ont tenté de déloger les réfugiés “Tunisiens de Lampedusa à Paris”, ce soir dans la nuit, jusqu’à minuit à peu près. Un des Tunisiens a menacé de se suicider en sautant du bâtiment du 51 avenue Simon Bolivar où ils ont trouvé un toit. Quand les pompiers sont venus pour le cueillir avec l’échelle, les compagnons de celui-ci, près de 150, ont tambouriné de leur poings sur le véhicule-échelle des pompiers qui, secoués, physiquement et mentalement, ont dû repartir.

Devant leur détermination, les policiers aussi ont été poussés puis… repoussés énergiquement dans leurs propres fourgons, ceux-là même qu’ils leur avaient destiné pour les embarquer et les disperser (l’objectif étant qu’ils ne soient plus ensemble pour détruire l’énergie du groupe). Les policiers ont dû partir la queue entre les grilles.

Un des RGs les a menacés de revanche pour ce mercredi matin (probablement à partir de 6h, l’heure policière), semble-t-il avec des « robocops » en vue. Un des présents a indiqué que : « Ça a été comme à Tahrir ! ». « Les Français devraient faire comme eux » s’ils voulaient un changement.

Ils ont pu manger grâce à la « Chorba pour tous ». À 150, ils ont encore de la place pour les autres réfugiés qui sont encore restés au square de la Villette, près du périphérique.

Les habitants de Paris 19e ont commencé à se solidariser et il faut que ça continue, car ni le Préfet de police ni le Maire de Paris ne veulent qu’ils restent là, contrairement à la propagande médiatique à bon compte qu’a utilisée Bertrand Delanoë (PS), aussi menteur que ses collègues de l’UMP.

L’immeuble du 51 avenue Simon Bolivar se trouve près des métros Pyrénées ou Buttes de Chaumont. Venez-y soutenir les Tunisiens !

[Source : mai-paris]

Paris 19e, le 4 mai 2011,

3e Kasbah à Paris

Dimanche 1er mai, à 23 h, une centaine de Tunisiens sans-papiers, soutenus par une cinquantaine de français, dont ce qu’il se fait de mieux dans les squats parisiens, ont investi le 51 Avenue Bolivar.

Progressivement, depuis cette date, les rangs ont quadruplé.

Une manifestation spontanée a regroupé, le 3 mai à 23h, plus de 500 personnes lorsque des pompiers, accompagnés de forces de police (BAC), ont espéré déloger des occupants du toit de l’immeuble. La foule a repoussé cette intrusion au cri de : « étissam, étissam, hatta yaskout annidham ! » « occupation, occupation, à bas le système ! ». L’avenue Simon Bolivar a été par la suite occupée et bloquée pendant plusieurs heures.

Les occupants ont été capables de repousser également toutes les manipulations de la mairie pour les diviser : propositions bidons de relogement pour une centaine de personnes (alors que dès le 2 mai, près de 250 Tunisiens s’étaient regroupés dans les lieux, ce que la mairie savait très bien).

Les occupants ont su repousser encore tous les récupérateurs, associations et partis, inexistants dans la réalité, organismes inhumanitaires et lécheurs de bottes de tous les pouvoirs en place qui veulent se prendre en photo devant la misère humaine. A ceux là nous disons : allez cherchez ailleurs ! Allez vous prendre en photo devant la Tour Eiffel. Vous léchez, nous crachons

L’occupation se transforme de plus en plus en une mobilisation à l’échelle du problème des sans-papiers, de la liberté de circuler, et de la réalité internationale de la révolution en cours. Le 51 avenue Bolivar est devenue le trou noir d’une révolution clandestine. L’occupation du 51 se transforme en une occupation de l’espace ambulant, une occupation de l’espace sonore avec les mêmes chants qui résonnaient dans la Kasbah de Tunis. La parole est l’espace sont arrachées par celles et ceux-là même qui se voient refuser tous les droits et toutes les libertés.

Vive la révolution dans tous les pays !

Occupations de tous les lieux de vie !

Tous au 51 !

Section Paris - Front de Libération Populaire de la Tunisie


2011 باريس في 4 ماي

اعتصام القصبة الثالث يتحول إلى باريس !

احتل مئات « الحراقة » التونسيين، بدعم من قرابة خمسين مناضل أوروبي من خيرة المكتسحين، يوم الأحد 1 ماي، على الساعة 23 ليلا، مبنى 51 شارع بوليفار بباريس. تضاعف عدد الصفوف منذ ذلك اليوم إلى حد هذه الساعة.

لقد تصدى المعتصمون، الذين بلغ عددهم 500، في مظاهرة عفوية ، عهذا اليوم، إلى رجال الاطفاء و الشرطة المحاولين طرد المحعتصمين من سقف المبنى. كما تمكن قالمعتصمون من التصدي لمحولات الركوب على حركتهم و كتسحوا جزءا من شارع سيمون بوليفار مرددين الهتاف الذي دوّى بباريس : إعتصام، إعتصام، حتى يسقط النظام ! وكما تمكن المعتصمون من افشال محاولات ولاية باريس قلتقسيم الحراقة و تفريق صفوفهم. ( اقترحت البلدية مبيتا لمائة شخص مع علمها أنها التونسيين المعتصمين يتجاوز عددهم ال250).

إلى كل الجمعيات والأحزاب ، االغائبة على واقع الأرض، إلى كل المنظمات الإنسانية اللاإنسانية و كل الراضخين للأنظمة البائدة الذين يريدون التقاط صور لهم أمام المآسي الإنسانية ... تنحوا جانبا، و اذهبوا للإلتقاط صوركم أمام برج إيفل !

إن أنتم تلعقون، فنحن نلفظ !

اتحول الإعتصام أكثر وفأكثر لتعبئة معبرة عن عمق مشكلة المهاجرين التونسيين غير الشرعيين، وحرية التنقل والواقع الدولي لثورة لازالت مستمرة. ولقد أصبح 51 شارع بوليفار الثقب الأسود لثورة « غير شرعية »، إلى احتلال فضاء الشارع ، فضاء الصوت يصرخ بنفس االهتافات التي دوت في القصبة بتونس من قبل هؤلاء الذين حرموا من جميع الحقوق والحريات.

عاشت الثورة في جميع البلدان !

لنكتسح شتى فضاءات الحياة !

انظموا إلى 51 !

كتيبة باريس - الجبهة الشعبية لتحرير تونس

Hospitalité pour les sans-papiers ! Solidarité avec les occupants du 51 avenue Simon Bolivar

La Coordination des intermittents et précaires en appelle à la solidarité avec les sans-papiers Tunisiens et Libyens qui occupent un immeuble municipal au 51 avenue Simon Bolivar, Paris 19e.

Ils ont pris part au 1er mai en manifestant avec une banderole. Ni police ni charité, un lieu pour s’organiser !

Le maire de Paris, Bertrand Delanoë, a qualifié la réaction de l’État face aux migrants tunisiens de « minable » ; il a l’occasion de mettre ses actes en adéquation avec ces déclarations à propos des sans papiers tunisiens et aussi plus généralement : « Selon moi le bon candidat doit répondre à trois exigences : avoir un projet et une personnalité qui représentent un potentiel de changement vraiment à gauche, porter très haut le sens de la dignité, de l’Histoire, avoir le potentiel de rassemblement de la gauche, de toute la gauche, des écologistes, et des Français » (3 mai 2011).

Lundi 2 mai, la police a mis l’immeuble sous blocus. Les occupants appellent à venir sur place de suite.

13h30 : Des négociations sont en cours avec la Ville de Paris... Première victoire : le blocus policier est en train d’être levé.

Rassemblement de solidarité à 18h 19h La Ville a proposé d’abord 40 chambres d’hôtel et des hébergements Emmaüs, puis 95 nuitées en 3 lieux ; après en avoir débattu, l’assemblée des occupants, considérant que cela ne permettait d’héberger ni les présents, ni les tunisiens à la rue, a refusé et maintient ses revendications. Les occupants restent dans les lieux.

Mardi 3 mai

La Ville a proposé ce matin de loger 100 sans papiers tunisiens dans un immeuble géré par l’association Aurore, une association qui s’est vu confier un grand nombre de marchés municipaux. L’assemblée des occupants discute actuellement de cette proposition.

15H Les occupants acceptent la proposition de la Ville soulignent, lors de la délégation, qu’une centaine de sans-papiers présents restent sans autre logement que le 51 avenue Simon Bolivar et appellent à un rassemblement de solidarité à 18h.

23h Malgré un dispositif policier sur les trajets possibles, les occupants ont été rejoints par d’autres sans-papiers venu de Porte de la Villette.

L’absence de réponse de la Ville pour les personnes non hébergées a fait qu’aucun occupant n’est finalement allé au foyer Aurore.

De plus, ce foyer est fermé la journée, les hébergés auraient du errer dans le 8e où il est situé, avec les risques que cela suppose.

Mercredi 4 mai : rassemblement de solidarité à 18h

Besoin de monde, nourriture, lait, jus de fruits, tabac, couvertures, duvets, matelas, vêtements et sous-vêtements pour homme, médicaments de base, serpillères, pelles, balais, seaux, sacs poubelle…

1er communiqué des occupants du 51 avenue Simon Bolivar (2 mai)

Le Collectif des Tunisiens de Lampedusa à Paris occupe depuis ce 1er mai à minuit l’immeuble appartenant à la mairie de Paris se situant au 51 avenue Simon Bolivar à Paris 19e.

La mairie de Paris a plusieurs fois exprimé son soutien aux tunisiens récemment arrivés à Paris.

Nous vivons dehors, passons de 24 à 36 heures sans fermer l’œil, nous avons peur, nous avons froid, nous avons faim et manquons de tout les besoins fondamentaux de la vie quotidienne. Malgré ces conditions difficiles nous restons dignes.

Le Collectif des Tunisiens de Lampedusa à Paris demande pour nous tous au maire de Paris un lieu pour vivre ensemble et nous organiser.

Nous resterons ici même tant qu’une solution satisfaisante ne nous sera pas proposée.

Des papiers pour circuler et vivre librement !

Nous appelons tous ceux qui veulent nous soutenir à se rassembler devant le 51 avenue Simon Bolivar dès ce matin du lundi 2 mai, 6h.

Contact : collectifexclulampedusa@yahoo.fr

2e Communiqué, Collectif des Tunisiens de Lampedusa à Paris et des occupants du 51avenue Simon Bolivar

Le Collectif des Tunisiens de Lampedusa à Paris occupe depuis ce 1er mai à minuit l’immeuble appartenant à la mairie de Paris se situant au 51 avenue Simon Bolivar à Paris 19e.

La mairie de Paris a plusieurs fois exprimé son soutien aux tunisiens récemment arrivés à paris.

Nous vivons dehors, passons de 24 à 36 heures sans fermer l’œil, nous avons peur, nous avons froid, nous avons faim et manquons de tous les besoins fondamentaux de la vie quotidienne. Malgré ces conditions difficiles nous restons dignes.

Le Collectif des Tunisiens de Lampedusa à Paris demande pour nous tous au maire de Paris un lieu pour vivre ensemble et nous organiser.

Nous resterons ici même tant qu’une solution satisfaisante ne nous sera pas proposée. Des papiers pour circuler et vivre librement !

Nous appelons tous ceux qui veulent nous soutenir à se rassembler devant le 51 avenue Simon Bolivar toute la journée et appelons à un rassemblement à 18h. (Métro : Belleville ou Buttes Chaumont)

Nos revendications :

• Que chacun puisse entrer et sortir librement de l’immeuble et laisser rentrer le ravitaillement.

• Que la police ne procède à aucune arrestation ni ici, ni sur Paris.

• Un engagement de la Mairie à faire pression auprès de la Préfecture et du Gouvernement pour les papiers et contre les arrestations.

Le Collectif des Tunisiens de Lampedusa à Paris et des occupants du 51 avenue Simon Bolivar

L’occupation, en style télégraphique et images à la volée

Occupation du 51 avenue Bolivar - 3e Kasbah à Paris

Communiqué de la coordination des intermittents et précaires :

Hospitalité pour les sans-papiers !

Depuis quelques jours des centaines d’exilés tunisiens survivant dans les rues à Paris et comme ils peuvent sont persécutés par la police qui a opéré plusieurs rafles non loin de la coordination des intermittents et précaires (porte de la Villette, Corentin Cariou, Stalingrad) et ailleurs.

Jeudi 28, alors qu’avait lieu une projection de film à la coordination, plusieurs dizaines de ces tunisiens, dispersés et traqués par les forces de l’ordre sont venus chercher refuge au 14 quai de charente et nous les avons accueillis.

Si leur prêter main forte alors qu’ils sont en butte à la xénophobie d’état est pour nous une évidence, cette hospitalité ne va pas sans difficultés.

D’une part nous n’avons pas les moyens de subvenir aux besoins (alimentation, hygiène, santé) de ces exilés.

D’autre part, cet hébergement par la coordination ne peut être qu’extrêmement provisoire.

Bien que la Ville de Paris ne nous ait toujours pas proposé un relogement correspondant à nos activités comme elle s’y est engagée, la coordination est en effet sur le point de quitter le bâtiment du quai de Charente. Notre éviction étant imminente, nous venons de conclure un accord avec elle afin d’éviter l’expulsion et le paiement d’une astreinte d’occupation qui se monte à ce jour à près de 100 000 euros. Cet accord prévoit que nous déménagions nos affaires ce mercredi 4 mai pour en installer transitoirement une partie dans un local de deux pièces de 68m2, bd de Strasbourg, dans l’attente d’un relogement correspondant au cahier des charges, que nous rendions le local du quai de charente au plus tard ce vendredi 6 mai, ainsi que l’engagement de la mairie à renoncer à recouvrer l’astreinte d’occupation.

Nous avons donc expliqué aux exilés tunisiens que nous comptions respecter l’accord qui nous lie à la Mairie de Paris et que leur séjour quai de charente ne pourrait excéder les quelques jours qui viennent.

La première de leur revendication, telle qu’il nous l’ont transmise, est de disposer d’un lieu qui leur soit propre afin de dormir à l’abri, de s’organiser pour vivre et pour obtenir leur régularisation. Or la Mairie de Paris dispose de lieux vacants qui pourraient leur convenir. C’est pourquoi nous appuyons les démarches en cours auprès de la Mairie de Paris afin que cette dernière aille au delà des légitimes déclarations de soutien et leur fournisse un lieu d’hébergement.

Nous faisons appel à la solidarité de tous afin que ces tunisiens en exil ne restent pas isolés et pourchassés alors même qu’une large partie de la population de ce pays et de tant d’autres regarde avec enthousiasme les soulèvements populaires que la révolte tunisienne de décembre 2010 a initié.

Paris, le 30 avril 2011

Coordination des intermittents et précaires

La police risquant d’intervenir rapidement quai de Charente si la coordination ne rendait pas les locaux à la mairie, le collectif des tunisiens de Lampedusa a décidé de s’installer ailleurs.

Ne les laissons pas seuls face à la politique anti-immigrés.

Nourriture, eau, couvertures, présence, médicaments, beaucoup de choses peuvent être faite pour contribuer à cette lutte pour la liberté de circulation.

Allons au 51 avenue Simon Bolivar les aider ! Faites passer le mot.

Solidarité avec les migrants tunisiens à Marseille

Urgence pour la solidarité, Premiers signataires : ARDHIS, ATDF (ex ATF-Paris), ATMF, ATTAC, Cedetim-IPAM, Citoyennes des 2 Rives, FASTI, FTCR, GISTI, LDH, MRAP, RESF, Union syndicale Solidaires, Collectif de soutien aux migrants du Bassin Creillois, Traversée, UNEF, Uni’T, Cimade…

Union syndicale Solidaires :

Les opérations de police de M.Guéant contre les migrants tunisiens, égyptiens et libyens sont inacceptables et indignes. Les droits de l’homme et le droit d’asile sont bafoués par ce gouvernement. Ce dernier n’a de cesse de mener une politique anti immigré-es et de coller à l’idéologie nauséabonde du Front National.

Les peuples arabes en lutte pour la démocratie et la liberté méritent respect et dignité, et sont en droit d’attendre notre solidarité lorsqu’ils viennent en Europe.

L’union syndicale Solidaires, avec les associations de migrants, mettra tout en oeuvre pour apporter aide et soutien à toute personne victime des rafles du gouvernement Sarkozy.

[Source : CIP-IDF]

Paris : occupation à Bolivar, 3e jour

mercredi 4 mai, 11h.

Au troisième jour de l’occupation du 51 avenue Bolivar, l’immeuble de la mairie de Paris occupé depuis le 1er mai par des migrants tunisiens tient plus que jamais.

Toute l’après-midi, les keufs ont maintenu la pression en positionnant des dizaines de cars de brigades d’intervention tout autour du parc des Buttes-Chaumont, vu que l’ultimatum mairie/préfecture de police était pour 21h (avant expulsion). Le rassemblement à partir de 18h comme la veille a réunit des centaines de personnes solidaires. En soirée, des rafles ont eu lieu près du parc de La Villette où se trouvent toujours des tunisiens qui arrivent à Paname, tandis que d’autres keufs stationnaient près des stations de métro menant au 51 avenue Bolivar, afin d’empêcher que les migrants continuent d’arriver. Peine perdue, puisqu’ils sont passés des 165 du départ au double aujourd’hui.

La mairie proposait donc 100 minables places dans un immeuble du 8e arrondissement (gérées par l’association Aurore, dont le président et 1er vice-président du conseil d’administration sont par exemple les dirigeants de Vinci !), plus 65 hypothétiques chambres d’hôtel le lendemain dans plusieurs lieux dispersés. Le tout pour un petit mois renouvelable. Quant à l’immeuble du 8e, les migrants devaient en dégager de 9h à 18h chaque jour... Bref, comment choisir 100 personnes sur 165 ? Après des discussions houleuses entre migrants pour établir la liste des 100, avec tout son long cortège d’arbitraire et de sélection dégueulasse, les 100 ont finalement décidé de rester unis dans la lutte, et le car de la mairie est reparti... vide cette nuit.

C’est avec joie et rage que tout le monde a ensuite occupé l’avenue Bolivar devant l’immeuble, aux cris de slogans du soulèvement du début de l’année (comme « lacrymos, balles, les tunisiens n’ont pas peur », « occupation, occupation, à bas le système ! »). La circulation a été définitivement bloquée pendant une heure (même si au début un religieux de Ennada a rempli sa fonction en faisant le pompier de service pour permettre à un bus de passer. Après, lui et ses gardes du corps sont repartis comme ils étaient venus, vu que le rassemblement devenait toujours plus électrique). Des pompiers bien militaires (comme c’est le cas à Paris) se sont fait dégager suite à une tentative d’intervention, puis une équipe de gros bras de la BAC en civil qui tentaient de remonter le trottoir ont été coursés par une foule en délire (au cri de « Police dégage ! »). Ce sont les crapules de Sos-Racisme à leur tour fraîchement arrivés sur place qui leur ont sauvé la peau en s’interposant (merde, manquait plus qu’eux !). Comme d’habitude, dès que la lutte se renforce, on ne compte plus les vautours et les chacals religieux et associatifs qui viennent s’agglutiner pour tenter de pacifier et calmer le jeu.

Peu à peu, les dizaines de cars de CRS et autres civils postés à distance ont fini vers 2h du matin par se casser, dans une ambiance survoltée. Chaque gyrophare qui passait, même au loin, provoquait des envies d’en découdre. Les slogans tagués en grand sur les rideaux de fer du bâtiment (« Police dégage », « Liberté », « Des papiers pour tous (ou plus de papiers du tout) », « Occupation en cours ») prenaient toujours plus de consistance.

Le refus d’accepter les pauvres propositions de relogement de la mairie malgré sa « garantie » d’expulser et d’arrêter tout le monde en cas de refus, l’occupation du boulevard, les chants, les sourires, l’attaque des flics montrent la détermination et la spontanéité des occupants de l’immeuble. De même, le retour des slogans des émeutes tunisiennes du début de l’année, ponctués de « Liberté et papiers ! » (ce qui est peut-être un signe du dépassement de la question du logement), l’enthousiasme commun (avec ou sans-papiers) face aux keufs, ont donné du courage à tous et posé un clair rapport de lutte entre sans-papiers tunisiens après deux jours de négociations et d’hésitations. Comme beaucoup le disent, « on s’en fout, on n’a plus rien à perdre » !

À suivre...

Poursuite de la mobilisation des Tunisiens du 51 avenue Bolivar à Paris

hns, mercredi 4 mai 2011

La journée d’hier, mardi 3 Mai 2011, a révélé, d’une part, la volonté des pouvoirs publics de faire disparaître les « Tunisiens de Lampedusa » du 51 Avenue Bolivar, Paris 19e, mais aussi la volonté farouche des Tunisiens et leurs soutiens d’une lutte de chaque instant...

La Mairie de Paris et ses faux-soutiens ont dressé une liste de environ 100 Tunisiens qu’ils espéraient embarquer dans des bus ( !) vers « un local de 100 places »... cela a échoué. Le bus est parti encadré de flics, association Aurore, Association S.O.S-Racisme et membres de la Sécurité de la Mairie de Paris, avec à peine une dizaine de Tunisiens dedans sur les 100 escomptés... « un local de 100 places  » : expression odieuse, et dans un Bus qui sent le Charter vers la mort.

Des flics en civil qui disent « Nous n’arrêtons pas la nuit, qu’est que vous croyez ? »... Rappelons que les Tunisiens sont en effet traqués et arrêtés jour ET NUIT depuis plusieurs jours à Paris. La foule des manifestants a envahi et bloqué la rue Simon Bolivar pendant plusieurs heures, devant le numéro 51... Les flics en civils ont été chassés malgré leurs flashballs sortis, et peut-être pour une fois pas brandi à bout-portant...

Contrairement à lundi 2 mai, dans l’après-midi, quand les flics ont volé un matelas qui appartenait à une jeune femme qui passait dans la rue pour l’offrir aux Tunisiens ; elle a été bousculée par les flics et aidée par les soutiens ; un des flics a eu alors la bonne idée de viser directement la tête des gens à distance d’un mètre environ...

Revenons à mardi 3 Mai 2011 : « Comment pouvez-vous refuser ce que je vous propose au nom de la Mairie de Paris, alors que les C.R.S vont vous expulser dans 2 heures ? » a déclaré un delanoiste pour faire faire plier les gens... sans succès... « Il faut que vous accompagniez les Tunisiens qui vont partir » a déclaré une autre delano-sarkoziste aux soutiens... sans plus de succès. Même les pompiers ont du rebrousser chemin devant les refus des Tunisiens.

N’oublions pas l’étrange ballet de personnes qui tentent de pousser les Tunisiens vers la sortie à coup d’insidieuses manœuvres habituelles de ces luttes... Cette nuit, un « sous-marin », véhicule de Police bourré d’électronique, est resté devant le 51... Des Tunisiens sont venus s’installer depuis la Porte de La Villette au 51 Avenue Simon Bolivar, et ce matin les soutiens sont déjà revenus.

À Paris, les migrants tunisiens squattent pour exister

Métro, 03-05-2011

Le Collectif des Tunisiens de Lampedusa à Paris squatte depuis trois jours un immeuble appartenant à la mairie de Paris.

« Personne n’entre ! » lance un vigile improvisé. Des habitants du quartiers veillent au grain et appliquent les recommandations du Collectif des Tunisiens de Lampedusa à Paris. Au 51 avenue Simon-Bolivar dans le XIXe arrondissement, l’accès est interdit aux associations, journalistes et autres politiques.

De l’extérieur, on aperçoit une cuisine improvisée au rez-de-chaussée et, au premier étage, des Tunisiens allongés sur des matelas posés à même le sol. Sur la façade, une banderole qui revendique « ni police, ni charité, un lieu pour s’organiser ». Il sont plus de 150 à squatter depuis trois jours ce bâtiment appartenant à la mairie. Très peu d’entre eux sont en règle. « Presque personne n’a de papiers ici », assure l’un d’eux. Alors ils s’organisent.

L’immeuble est considéré comme insalubre. « Nous savons que c’est dangereux, mais c’est mieux que de rester dehors », assure Hamrouni, 25 ans, arrivé en France depuis deux mois via l’Italie. « Avant nous étions au parc de la Porte de la Villette, mais la nuit, il fait vraiment froid. » Souriant et vêtu comme n’importe quel jeune, Hamrouni explique qu’il travaillait dans le tourisme avant la révolution. Depuis, « il n’y a plus de travail et les conditions de sécurité se sont dégradées ».

Pour atteindre ce bâtiment vétuste qui fait face aux Buttes-Chaumont, il a « risqué sa vie ». Hamrouni a passé une vingtaine d’heures en mer avant d’accoster à Lampedusa. Tout ça pour devenir SDF à Paris. A l’instar de ses compatriotes, il est venu chercher « la liberté, du travail et des papiers ». Une fois arrivé en France, il a déchanté. Il cherchait le pays des droits de l’Homme et regrette de ne « pas l’avoir encore trouvé ».

Mardi pourtant, la mairie de Paris a proposé des hébergements d’urgence pour la seconde fois. Une centaine de lits et 50 de plus aujourd’hui. « Nous sommes plus de 150 ici, assure Essid, un autre squatteur. Et au moins autant au parc de la Villette. Nous partirons lorsqu’une solution aura été trouvée pour chacun. » Néanmoins, le choix risque de ne pas leur appartenir. Mardi soir, la préfecture avait chargé les CRS de déloger les squatteurs « pour des raisons de sécurité. »

Articles sur la journée de mardi...

Paris : rassemblement de solidarité avec les Tunisiens en lutte au 51 avenue Simon Bolivar le 3 mai à 18h

hns, mardi 3 mai 2011

Ce lundi 2 mai, la police a mis l’immeuble sous blocus. Les occupants appellent à venir sur place de suite.

13h30 : Des négociations sont en cours avec la Ville de Paris... Première victoire : le blocus policier est en train d’être levé.

19h La Ville a proposé d’abord 40 chambres d’hôtel et des hébergements Emmaüs, puis 95 nuitées en 3 lieux ; après en avoir débattu, l’assemblée des occupants, considérant que cela ne permettait d’héberger ni les présents, ni les tunisiens à la rue, a refusé et maintient ses revendications. Les occupants restent dans les lieux.

Mardi 3 mai

La Ville a proposé ce matin de loger 80 à 100 sans papiers tunisiens dans un immeuble géré par l’association Aurore et des chambres. L’assemblée des occupants discute actuellement de cette proposition et appelle à un rassemblement de solidarité à 18h.

La mairie de Paris héberge des Tunisiens près de l’Élysée

Le Parisien, 03.05.2011, 18h16

Petite provocation amicale ? La mairie assure que non : ce soir, l’équipe de Bertrand Delanoë va ouvrir un centre d’hébergement d’urgence d’une centaine de places pour y accueillir une partie des migrants tunisiens qui squattent depuis lundi un immeuble municipal avenue Simon-Bolivar (XIXe) qui « présente des problèmes de sécurité ».

L’adresse du centre est tout sauf anodine : 127 rue du faubourg Saint-Honoré, en plein VIIIe très chic, à quelques encablures de l’Élysée et du ministère de l’Intérieur ! Un signal envoyé au gouvernement que Bertrand Delanoë accuse de ne rien faire pour les centaines de migrants tunisiens qui errent depuis trois semaines dans la capitale après être passés par l’Italie ? « Pas du tout, c’est un centre qui accueillait des sans-abris cet hiver, et il était disponible, c’est tout », explique Pascale Boistard, adjointe (PS) au maire de Paris, qui suit le dossier des migrants pour la mairie.

[Devant le refus d’accepter cette proposition par les occupants de Bolivar, la mairie a refilé d’urgence cette nuit les 100 places prévues aux migrants qui dormaient dans le parc de la Villette, du moins ceux qui n’avaient pas été raflés en soirée]

[Source : cette semaine]