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Le dépouillement des réponses des grévistes de la faim par
le CSP59 aux propositions du Préfet via les partenaires
associatifs LDH et MRAP a donné : 54 décisions de suspensions
sur 56 grévistes de la faim, deux ne nous ayant
transmis pas leur réponse.
Le Préfet demandait aussi aux grévistes signataires de
« s’engager à contacter une des associations suivantes :
Aida, Cimade, Emmaüs, LDH, MRAP, Parce que des
Hommes y vivent, Saffia, Voix des nanas, en vue de la
constitution de mon dossier ».
Sur les 54 réponses reçues, deux ont choisi la LDH, treize
le MRAP et trente-neuf se sont prononcés sur aucune association.
À la réunion de restitution de ses résultats, les grévistes
de la faim, qui se sont abstenus ont déclaré l’avoir
fait parce que le CSP59 était exclu du choix préfectoral.
En d’autres termes, les grévistes ont tenu clairement à rejeter
la posture préfectorale du procureur qui désigne l’avocat
à la place du « justiciable ».
Les grévistes de la faim ont tous ensemble rappelé aussi les
revendications de la grève de la faim qui a duré soixante-quinze
jours :
- la régularisation des cinquante-six grévistes de la faim,
donc y compris les expulsés en Guinée et au Maroc ;
- la remise des récépissés aux trente-cinq annoncés régularisés
lors des rencontres mensuelles ;
- la visite médicale à l’ANAEME des cinquante-neuf ;
- la régularisation échelonnée de la liste des 12%.
Après deux mois de résistance courageuse et exemplaire,
après deux mois de répression acharnée du préfet, après
deux mois de mobilisation toujours croissante de l’opinion
publique solidaire avec les grévistes de la faim, arrive maintenant,
avec la suspension de la grève de la faim, le temps
d’une mobilisation vigilante des grévistes, des sans papiers
et des soutiens, pour mettre sous surveillance le préfet du
Nord quand à ses engagements de « réexamen bienveillant
 » sur la base des critères de l’accord Delarue, critères
qui ne peuvent, pour nous, que déboucher sur la régularisation
effective et la satisfaction des revendications des
grévistes.
Si cette 14e grève de la faim, déclenchée par la rafle du
préfet Canepa, le 15 juin 07, apparaissait dès le départ
comme un combat du pot de terre contre le pot de fer, les
grévistes de la faim par leurs déterminations, les soutiens
par leurs mobilisations, l’ont progressivement transformée
en un combat de « David contre Goliath ». La grève de la
faim est suspendue, mais la crise demeure jusqu’à la satisfaction
des revendications portées par la grève de la faim.
Il appartient à chacun de nous, grévistes de la faim, sans
papiers et soutiens, d’organiser le siège en règle de la préfecture
du Nord par nos actions de mobilisations populaires
pour une vraie sortie de crise.
Lille, le 30 août 2007