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L’assaut prévu par la Préfecture n’a finalement pas (encore ?) eu lieu après les décisions judiciaires d’expulsion et de destruction des cabanes de la Chataigne. Des recours ont été déposés par les zadistes résidant officiellement sur place. Ils sont toujours en cours d’examen.
Les forces de l’ordre, au lieu d’attaquer en bloc, ont changé de stratégie. Ils harcèlent désormais les habitants de la zone : ils déploient des forces considérables autour des barricades, forçant les défenseurs à prendre position.
D’un autre côté, l’hélicoptère est de retour et fait des rondes de nuit à moins de dix mètres au dessus des habitations. Pour le chasser, les zadistes ont envoyé mercredi dernier une fusée de détresse en l’air. Il n’a pas recommencé à voler à cette très basse altitude.

Dans la presse, on a beaucoup entendu parler du guet-apens sur les gendarmes mobiles avec une herse pour les bloquer, pendant que des cocktails molotov, des billes de plomb et des pierres auraient été lancés. Les résistants n’ont pourtant pas confirmé cette attaque ambitieuse. Il semblerait que la presse ait une nouvelle fois repris le communiqué de la préfecture sans vérifier par elle-même. C’est une guerre psychologique qui fait rage...

De leur côté, certains résistants répondent aux provocations de l’agresseur d’État. Une minorité de zadistes contre-attaquent d’une manière spectaculaire en chargeant les gendarmes mobiles, ce qui engage l’image du groupe entier et permet une critique virulente de la part des médias dominants. Pourtant, la réponse a toujours été de lutter avec malice et humour, accompagné de clowns, de batucadas, des chorales de soutien, que les forces de l’ordre ont aspergés de gaz lacrymogènes... les projectiles de l’adversaire sont surtout composés de peinture rose et de bouses.
Jeudi dernier, un petit groupe s’est faufilé dans la nuit à proximité des policiers postés à un carrefour et ont installé deux mannequins de paille sur des chaises en face du détachement puis se sont éclipsés discrètement. Les policiers ont remarqué la présence de deux « individus louches et dangereux » qui ne bougeaient ni répondaient à leurs sommations ! La scène dura près d’une demi-heure avan que les agents ne découvrent la supercherie, ce qui engendra la peur et un stress chez les forces de l’ordre.
Vu le climat de guérilla, hanté par l’histoire des agents infiltrés qui, après avoir littéralement jeté la première pierre sur leurs collègues, ont arrêté de nombreux zadistes, la Préfecture tente de plus en plus de diaboliser les opposants. On ne relaye pas assez la violence d’État ni l’utilisation outrancière des flashballs à bout-portant (crevant deux yeux), de la quantité de gaz lacrymogène répandue ni les grenades assourdissantes qui ont coûté, avant-hier, deux orteils à un opposant qui a dû être amputé. Sans oublier les nombreux hématomes, arrestations arbitraires et la liberté de circulation qui est à nouveau restreinte sur le site.
On attend toujours la création d’une commission parlementaire pour faire la lumière sur ces infractions à la loi.

Mais ce weekend était l’occasion de la rencontre de tous les collectifs de soutien, on en compte désormais près de 200. Les stratégies asymétriques de soutien à la ZAD et les actions locales sont leur objectif. Dans cette optique, les mouvements et positions de repli des gendarmes mobiles (des hôtels low-cost) sont signalés. On peut même savoir l’heure de leur petit déjeuner certains jours !
La mobilisation continue dans la joie et la bonne humeur, la logistique croule sous les dons. Elle se projette en 2013 : un festival de musique est prévu pour le weekend du 5 janvier avec, entre autres, Keny Arkana !
Soyons présents, les nombreuses tentes, matelas et couvertures nous y attendent. Quelqu’un peut-il y convier les membres de la fameuse, mais discrète « commission du dialogue » ?

Paris s’éveille

PS : On a appris que la personne blessée au pied n’a pas été amputée, mais le risque perdure. Nous adressons toutes nos pensées à cette personne.


image d’une action le mercredi 12 décembre 2012 suite au jugement d’expulsion.

Malheur à vous !

Hier, dans l’obscurité, des flambaux sont sortis du bois, des mannequins sur des pics ont été brulés et des incantations ont été dites.
Une tentative comme une autre de nous libérer de la présence policière, de cette occupation militaire qui duuuuuuuuure maintenant depuis plusieurs semaines. Jours et nuit, à 3 ou à 160, les flics sont là, juste pour dire qu ils sont là, même si le gardiennage de carrefour n’ a jamais fait aucun sens.
Hier, après que la cérémonmie vaudou ait pris fin, quelques personnes sont arrivées sur la route et ont pris le relai afin de continuer à emmerder les flics, à leur dire qu’ils devraient vraiment, vraiment partir. Les affrontements ont duré jusqu’à très tard dans la nuit, jusqu’à ce que de très loin meme, on entende des tirs de grenades assourdissantes, plusieurs dizaines d’affilé, encore quelques dizaines de trop.
Hier, quelqu’ un qui croyait dans la confusion des fumées eteindre des lacrymos a en fait mis le pied sur une grenade assourdissante et son pied a explosé.
Aujourd hui cette personne, cet ami a subi trois opérations dont une amputation.

Alors, Cesar, jusqu’où es-tu prêt à mener ton carnage et jusqu’ où les démons de la nuit devront-ils aller pour t’arracher ton ego ?

[Source : ZAD]

Reconstruire l’aéroport sur lui-même

Le CéDpa vient d’écrire à la Direction Générale de l’Aviation Civile pour demander communication de sa note qui, d’après Presse-Océan du 8 décembre 2012, « démonte les conclusions » de l’étude CE Delft. En effet, l’article ne répond précisément à aucune des critiques émises par le bureau d’études européen ; celui-ci avait en effet à la demande du CéDpa expertisé l’étude économique initiale de l’enquête publique de 2006 (faite par la DGAC ?) et avait conclu que les bénéfices de l’opération avaient été largement majorés pour prononcer l’utilité publique du projet. Un an après la sortie de cette expertise, il était effectivement temps qu’il y ait une réponse ; mais elle paraît pour l’instant sans consistance aucune !

Les élus du CéDpa du sud-Loire de l’agglomération s’inquiètent aussi des conséquences d’un transfert de Nantes-Atlantique, sur l’emploi, les équilibres territoriaux, et les déplacements des habitants. Le Sud-Loire doit regagner des emplois.Comment cela pourrait-il se faire en déplaçant l’aéroport et en fragilisant sa zone d’activités associée ?

De même, ils s’étonnent que les porteurs de projet annoncent 15 000 nouveaux habitants au cœur de l’agglomération en cas de transfert de l’aéroport. Les zones actuellement gelées à cause du Plan d’Exposition au Bruit sur les PLU de Bouguenais et Rezé pourraient accueillir environ 3500 à 4000 nouveaux habitants, pas beaucoup plus. Où met-on les autres ? A St-Aignan ? Ce n’est pas le cœur de l’agglomération, on en conviendra. Aux Couëts, dans une vaste opération de densification de l’existant ? Si oui, les habitants en sont-ils informés et d’accord ? Sur la zone actuelle de l’aéroport, à côté d’Airbus et de la piste, qui restera ? Curieuse idée et même question : qu’en dit la population ? Quelle forme prendrait la ville dans ce secteur ? Bref, où sont les 600 ha désignés comme formidable réserve d’urbanisation libérée par le transfert ?

Enfin, les élus du CéDpa affirment que si la ville doit se reconstruire sur elle-même en économisant l’espace, comme l’affirment désormais en cœur urbanistes et élus, elle n’a pas à sacrifier des milliers d’hectares naturels sur d’autres territoires mais doit aussi « reconstruire son aéroport sur lui-même »

[Communiqué de l’ACIPA du 18 décembre 2012]

Histoire d’un accordéon sur la zad

En mars dernier, mon oncle Michel est décédé des suites d’une longue maladie, comme on dit ; c’était un chic type : avant de mourir, il avait exprimé le désir de me léguer son accordéon, qui l’accompagnait depuis bien longtemps, et souhaité que je joue le jour de ses funérailles une valse qu’il appréciait particulièrement.

Quelques mois plus tard, j’ai fait la rencontre importante de quatre zadistes, dont un accordéoniste : G. Le 17 novembre, au soir de la manifestation qui avait réuni 40000 personnes, je me promenais sur le chemin de Suez, décidé à lui offrir l’instrument (non sans m’être au préalable longuement questionné sur la signification d’un tel don, sur le fait de me séparer d’un objet d’une grande valeur émotionnelle pour moi, ma cousine (la fille de Michel), et en vérité, toute une partie de la famille) ; or, je ne parvenais pas à retrouver mon ami.

Soudain, en pleine nuit, un gars est arrivé de nulle part, et m’a pris l’accordéon des bras pour aussitôt se mettre à jouer la fameuse valse que j’interprétais quelques temps plus tôt aux obsèques. J’y vis une belle coïncidence cohérente qui mit aussitôt fin à mes questionnements : Michel, de quelque coin de l’univers qu’il était semblait vouloir contribuer à la lutte !

Il m’a fallu attendre le lendemain pour croiser G. et lui faire ce beau cadeau.

Ainsi, lui et d’autres ont pu faire revivre l’accordéon dans les cabanes, sur les barricades dans la forêt, sur l’étang, faire danser, chanter, etc…

Peu de temps, malheureusement : lors d’un affrontement sur une barricade la semaine dernière, le copain qui en jouait à ce moment a été contraint d’abandonner l’instrument pour fuir au plus vite la violence policière. Après l’assaut, les gendarmes ont reflué, laissant derrière eux un nuage de gaz lacrymogène ; l’accordéon, lui, avait disparu.

Comment expliquer ce fait ?

Un gendarme mobile, en bon papa, souhaite peut être l’offrir à son enfant pour Noel ?

Ou bien cet objet ultra dangereux de 3 kg est-il considéré comme un potentiel projectile ?

A moins que la musique ne fasse peur ? Il est vrai que le message et la joie qu’elle contient motivent, égayent et réchauffent les zadistes ; elle fait danser aussi, et véhicule l’image humaine et sensible de la lutte. Samedi 24 novembre les flics ont gazé, tiré au flashball, balancé des grenades assourdissantes sur un groupe de danseurs ! Auraient-ils désormais pour consigne de voler les instruments de musique ?

Que la créativité s’exprime sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes est d’une importance vitale : elle est une force précieuse, agissante, et le pouvoir en a peur. Les chefs, les sous-chefs, les quart-de-chefs ont déjà perdu mais ne le savent pas encore, alors pour le plaisir de le leur signifier, je, tu, elles, nous continuerons à nous mobiliser, et à jouer aussi, écrire, chanter, construire, danser, peindre…

Car l’art c’est la vie. Et la vie ce n’est pas cet aéroport.

[Source : ZAD]


le site de la ZAD : http://zad.nadir.org
l’ACIPA : http://acipa.free.fr

un court-métrage sur Notre Dame des Landes (en compétition, votez) : http://www.festivalnikon.fr/videos/view/id/2600