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Toutes les nuits, devant le bâtiment réservé à « l’accueil des étrangers » - et quel accueil ! - une file d’attente se forme...

Pour retirer un formulaire de régularisation, pour venir chercher sa carte de séjours ou un récépissé ou pour un simple changement d’adresse, des centaines de personnes s’entassent dans le froid dès la veille au soir et ce jusqu’au petit matin.


Voir en ligne : Télé Liberté

Malgré plusieurs dénonciations de cette organisation administrative, la préfecture de Bobigny fait subir à tous - femmes enceintes, vieillards et enfants en bas âges- se traitement inhumain et dégradant, et ce depuis « toujours ».

Pour retirer un formulaire de régularisation, pour venir chercher sa carte de séjours ou un récépissé, pour une demande d’asile ou un simple changement d’adresse, des centaines de personnes s’entassent dans le froid dès la veille soir et ce jusqu’au petit matin.

« Bobigny c’est un autre pays, ce n’est pas comme à Paris où l’on reçoit une convocation et où l’on passe assez rapidement. Ici même si on est convoqué à onze heures du matin, il faut être là dés le premier métro pour être sûr d’avoir un ticket ! Sinon il faut revenir le lendemain et rater une deuxième journée de travail. C’est comme ça depuis des années, c’est la préfecture la plus dure. »

Télé liberté enquête. Nous avons passée une première nuit a récolter de nombreux témoignages.

Merci de diffuser cette information afin que tous sachent et prennent la mesure de cette organisation administrative, énième vexation pour les étrangers venus s’installer au pays des droits de l’Homme, au pays de l’égalité, de la fraternité de la liberté et désormais de l’identité nationale !



« J’ai honte, je suis humiliée des tracas que l’on fait subir à ces personnes »

Témoignage : Lettre adressée au
préfet de Bobigny pour protester sur les conditions d’accueil des
étrangers à la Prefecture

À

Monsieur le Préfet de la Seine Saint Denis

Préfecture de Bobigny
93007. Bobigny Cedex

vier
2010

Monsieur le préfet,

J’ai en mains la Charte Marianne de la Préfecture de Seine Saint
Denis.

Quelle farce !

On y apprend entre autres :

- que les locaux sont ouverts de 8h30 à 16h.

En ce qui concerne la Direction des Etrangers, les portes s’ouvrent
timidement à 9h05 ou 9h10 (café oblige peut être) et sont refermées
à 10h, en tout cas ce Lundi 18 Janvier 2010. Et pourtant, ce n’est pas
faute de public !

Une foule compacte attend malgré la météo, toutes nationalités
confondues, sexes et âges mélangés : le bébé de deux mois attend
dans sa poussette, le vieux monsieur digne qui a passé une bonne partie
de sa vie ici, la mamy en fauteuil roulant. Certains ont passé la nuit
ici ou sont arrivés à 1h30 du matin : eux rentreront .

Ceux qui ont pris le train dès 6 heures ce matin ne sont pas sûrs
d‘être reçus. D’autres, plus combinards ou plus argentés,
achèteront leur place dans la file d’attente (20€) aux miséreux
débrouillards et opportunistes qui ont dormi ici dans le froid pour
vendre leur froid et donc leur place près de la porte d‘entrée.

On lit aussi :

- accès plus facile à nos services !
Comment ? 2 files d’attente, une en haut , une en bas : pourquoi ? Pour
qui ? Où sont les informations lisibles par tous. Dans quelle file se
placer ?

S’il vous plaît, faites au moins afficher les informations à
l’extérieur puisque la majorité des gens ne pourra pas rentrer.

- à votre écoute !

Quelle écoute : à 10h05 le lundi 18 Janvier 2010, une femme policier
juchée sur un banc essaye gentiment mais vainement de renseigner
quelques uns et finit par dire :

« Rentrez chez vous, revenez demain »

Seules dix ou vingt personnes peuvent entendre cette information. Pour
les autres se sera le bouche à oreilles, une information déformée. On
jouait à ce jeu à l’école : on appelait cela le « téléphone
arabe ».

Que comprendront-ils au bout de la file d’attente qui va jusqu’aux
marches du Métro ?

Que la société qui les héberge se moque de leur
journée de travail perdue, de leur bébé qui aura eu froid pour rien .

J’ai soixante trois ans. Je suis française de souche et même de
longue date. Mes origines se retrouvent au fin fond de la Normandie
jusqu’en 1630. J’ai été institutrice. Je suis formatrice bénévole
à l’Association Essivam (95), je donne des cours de français à des
étrangers et je les aide dans leurs démarches . C’est pour cela que
j’étais à la porte de la Préfecture de Bobigny ce Lundi 18 Janvier
2010 comme d’autres jours analogues auparavant.

J’ai honte, je suis humiliée des tracas que l’on fait subir à ces personnes.

On ne peut respecter un pays et des institutions qui vous
traitent comme cela .

S’il vous plaît :

- Faites afficher les informations sur des pancartes à l’extérieur.

- Faites donner des rendez vous et faites les respecter.

- Faites ouvrir de nouveaux guichets .

Avec mes respects, Monsieur le Préfet.

Je suis certaine que vous saurez
me comprendre.

Madame Hédin Mauricette épouse Osdoit