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ANIS VA POUVOIR sortir de la clandestinité sans crainte.

La préfecture de l’Essonne a annoncé hier qu’elle s’apprêtait « à réexaminer de façon favorable » son dossier de demande de régularisation. Ce lycéen tunisien de 21 ans de Massy avait reçu une obligation de quitter le territoire datée du 29 avril.

Pourtant, une semaine plus tôt, le garçon avait sauvé la vie d’une mamie de 96 ans à Villejuif (Val-de-Marne), dans l’immeuble de sa soeur. Un incendie s’était déclaré dans l’appartement de la vieille dame. Handicapée, elle ne pouvait plus sortir. Anis avait alors alerté le gardien et les secours. A quelques minutes près, la résidante aurait pu mourir.

Emue, une voisine avait écrit à la préfecture pour plaider la cause du jeune sans-papiers, estimant qu’après un tel acte il méritait des papiers français. Mais peut-être faute de coordination entre les services, l’Etat avait signifié à Anis de retourner dans son pays.

« Dommage qu’il ait fallu utiliser la pression »

Du coup, « après avoir pris connaissance de la situation d’Anis, ressortissant tunisien qui est arrivé récemment sur le territoire national, et après vérification de la nature des faits », la préfecture a rectifié le tir. « C’est une bonne nouvelle, sourit Anis, encore sous le choc. Aujourd’hui, je pense à la vieille dame que j’ai sauvée. » Dès lundi, le lycéen a rendez-vous en préfecture.

A RESF (Réseau éducation sans frontières) qui soutient le sans-papiers, c’est la satisfaction. « On attend d’avoir le papier de régularisation en main pour en être sûr, réagit Nadia N’Guyen, une militante de RESF. La préfecture a réagi rapidement à partir du moment où on a fait connaître la situation. Dommage qu’il ait fallu utiliser la pression. »

L’avocat d’Anis a lancé hier un appel afin que le jeune héros reçoive le prix de l’intégration.