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Il y a tout juste une semaine se déroulait la « Nuit Blanche », le spectacle nocturne de la municipalité du Paris branché. Parallèlement, était lancé dans le 18e arrondissement l’évènement « la Nuit Noire », son équivalent alternatif.

Au Lavoir Moderne Parisien, épicentre culturel menacé du quartier déshérité de la Goutte d’Or, un débat sur l’état de la culture populaire était organisé. Il a clôturé plusieurs semaines de tables-rondes sur l’indépendance de la culture. Le but est de faire renaître le monde associatif de la capitale, étouffée par le gel des subventions, la « gentrification » de Paris et la spéculation immobilière, repoussant les arts vivants toujours plus loin du centre, voir dans les banlieues.

Il y avait là des représentant de squats alarmés : à l’approche de la trêve hivernale, ils sont nombreux sous la menace d’expulsion (Miroiterie, Carrosse, Rôtisserie pour les plus célèbres) et tous les établissements culturels indépendants sont menacés de fermeture pour cause de santé financière fragile. Les subventions sont coupées ou prennent des années de retard, les banques ne prêtent plus alors que les loyers s’envolent.
La municipalité impose des « résidences d’artistes » froides et contrôlées et laisse se développer des établissements rentables qui profitent des subventions culturelles.

Alors que faire ?
Peut-on laisser les artistes s’exiler hors de la capitale et l’abandonner à l’industrie du divertissement ?
Doit-on entrer en clandestinité et ouvrir de nouveaux squats ?
Peut-on encore espérer quelque chose de l’État qui réduit inlassablement les budgets de la culture ?
Doit-on réclamer que les crédits soient attribués au niveau local par les acteurs culturels eux-même ?
Doit-on nouer des partenariats avec le privé qui multiplie les opérations « tremplin » pour dénicher à moindre frais de nouveaux musiciens ?
Doit-on promouvoir le mécénat ou la production du public en coopérative ?

Trente-deux ans après le cri d’alarme de la Mano Negra « Paris la nuit c’est fini, Paris va crever d’ennui... » (Ronde de nuit sur « Patchanka »), il y a urgence !
Artistes et spectateurs sont invités à être créatifs et participer à cette refondation...

Points de vue :

Encourager les expériences peu médiatisées

Bertrand Delanoë, lorsqu’il a remis la médaille de vermeil de Paris à Lorànt Deutsch, le 4 juin 2010, a souligné que la ville avait voulu honorer l’auteur de Métronome : l’Histoire de France au rythme du métro parisien (Michel Lafon, 2009), parce qu’il avait su faire partager aux lecteurs son « amour de Paris », tout en leur offrant une « vraie vision » de son passé.

Les historiens qui ont protesté contre cette reconnaissance officielle ont dénoncé les erreurs historiques et l’orientation royaliste de ce livre. Mais on peut aller plus loin en faisant le lien avec le projet de Maison de l’Histoire de France lancé par Nicolas Sarkozy. Ce projet, qui vient d’être abandonné, était justifié en effet par des arguments comparables à ceux du maire de Paris. Dans les deux cas, il s’agissait de promouvoir une histoire capable de susciter de « l’amour » (celui de Paris et celui de la France).

Les hommes politiques ont spontanément tendance à privilégier ce que j’appelle l’« histoire-mémoire ». C’est une histoire qui cimente des identités collectives (« nous Parisiens », « nous Français »...) en jouant sur des ressorts affectifs. Une histoire qui réhabilite des victimes, dénonce des coupables, distribue les éloges et les blâmes. L’énorme succès du livre de Lorànt Deutsch (deux millions d’exemplaires vendus) s’explique avant tout parce qu’il exploite ces ressorts identitaires pour séduire le grand public.

Les historiens professionnels récusent, pour la plupart d’entre eux, ce type d’histoire-mémoire, parce que la science qu’ils pratiquent et qu’ils enseignent obéit à d’autres principes. Le but civique de la connaissance est de favoriser l’émancipation des individus en développant leur esprit critique. Des citoyens émancipés, ce sont des citoyens qui pensent par eux-mêmes et qui choisissent leurs affiliations en connaissance de cause, pour des raisons rationnelles - ce qui n’interdit pas, évidemment, les motivations affectives. Des citoyens émancipés, ce sont aussi des hommes et des femmes qui ont appris à douter de leurs propres croyances. C’est un exercice douloureux pour tout le monde, mais Diderot disait déjà que le but ultime de l’éducation était de combattre les préjugés en mettant « le peuple à la gêne ».

En rendant un hommage solennel à Jules Ferry et à Marie Curie le jour de son investiture, le nouveau président de la République a fait l’éloge de « l’école comme émancipation », présentant « la connaissance, le goût d’apprendre, la jubilation de la découverte, le sens de la curiosité intellectuelle » comme autant de « trésors auxquels l’école a pour vocation de préparer les jeunes consciences, tous les enfants de la nation ».

Ce rappel de l’idéal des Lumières est réconfortant. Malheureusement, en ciblant son discours uniquement sur le milieu scolaire, François Hollande a considérablement affaibli la portée civique de son propos. On peut craindre que la nouvelle politique culturelle qui s’ébauche entérine, une fois de plus, la division du travail héritée d’André Malraux : un discours sur le savoir à destination des enseignants et des élèves ; un discours sur l’éducation populaire à destination des associations et des « jeunes de banlieue » ; un discours sur la création à destination des artistes et des publics cultivés.

Faire porter toute la responsabilité de l’éducation civique sur les épaules des enseignants et des travailleurs sociaux revient à dédouaner de leurs responsabilités les autres acteurs de la sphère publique. C’est aussi une manière de conforter les préjugés ethnocentristes des élites qui pensent qu’elles n’ont plus rien à apprendre et que seuls les élèves ou les pauvres ont besoin d’être « éduqués ».

Il est légitime que l’État s’efforce de répondre aux revendications et aux aspirations des différentes professions qui remplissent aujourd’hui des missions culturelles. Mais dans le même temps, il faut lutter contre l’atomisation des milieux que favorise l’institutionnalisation de la culture. Il faut inciter les artistes, les enseignants-chercheurs et les associations d’éducation populaire à travailler ensemble dans le respect des compétences de chacun. Tous ceux qui se sont engagés dans ce genre de démarche savent combien elle est difficile, fragile, ingrate. Au lieu de célébrer les auteurs déjà consacrés par le marché, la gauche ferait mieux d’encourager publiquement les expériences que mènent, loin des caméras et des micros, ceux qui croient encore à l’idéal universaliste des Lumières.

Soutenir ce genre d’expériences n’est pas seulement une exigence civique. C’est aussi un moyen d’appréhender concrètement des problèmes trop souvent négligés. Quel rôle peut jouer l’art dans la transmission du savoir ? Quel rôle peut jouer la science dans le développement de la création ? Comment les publics auxquels nous nous adressons s’approprient-ils nos discours et nos œuvres ? C’est en répondant à ces questions que l’on pourra redynamiser la culture publique en lui donnant de nouvelles armes pour résister aux lois du marché.

Gérard Noiriel, directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales

source : Le Monde du 11/10/2012

Refonder l’économie de la culture

L’inventaire à la Prévert des projets abandonnés ou différés aura laissé le « milieu » sans voix. On l’avait pourtant connu plus revendicatif. Peut-être le deuxième temps de l’exception culturelle devait-il commencer ainsi, rompant avec le registre émotif et quasi religieux du discours culturel pour tenter d’inventer un autre projet.

La première étape d’une « refondation » impose de questionner ces polarités confortables entre payant et gratuit, populaire et élitiste, public et privé, État et marché, local et central, protection du patrimoine et promotion de la création. La faible lisibilité des politiques culturelles réside aussi dans l’empilement des réformes et des taxes, dans le désordre des partages de responsabilité, et dans la part excessive des établissements nationaux installés à Paris, capitale qui cumule les avantages. Comment comprendre que, d’après le département des études et de la prospective du ministère de la culture, l’Orchestre national du Capitole de Toulouse ait été subventionné en 2010 à 12 % par l’État et à 66,5 % par la Ville, et celui de Paris à 46,5 % par l’État et à 30 % par la Ville ?

Face à des moyens en diminution, au-delà de l’interruption de la fuite en avant des grands et petits travaux porteurs de la promesse d’inaugurations médiatisées, il est urgent d’affirmer des priorités et de repenser la place de l’économie de la culture dans un monde qui, pour l’avoir détestée, s’est soudain mis à en attendre une légitimité qu’il s’inquiétait d’être en train de perdre.

Pour un gouvernement de gauche, la priorité va à la transmission. Elle passe par la préservation du patrimoine, un patrimoine vivant, pensé dans le cadre de générations imbriquées. Elle renvoie à l’éducation, au soutien aux pratiques amateurs, aux associations dans les quartiers ainsi qu’aux lieux de ces pratiques, tels les conservatoires et les médiathèques. Dans les établissements culturels, le coup de frein budgétaire ne saurait être compensé en rabotant les programmes éducatifs, la qualité de l’accueil, la politique tarifaire. La transmission implique de repenser la relation entre le commerce et le monde non marchand. Aider l’économie des librairies menacée par la concurrence du e-commerce et par la spéculation immobilière requiert du volontarisme et quelques moyens.

La seconde priorité va à la création. Ce sont les ateliers, les salles de répétition, la préservation de la marge artistique. Le foisonnement est signe de vitalité, mais le nombre de compagnies aidées doit être repensé. 627 compagnies de théâtre et 249 compagnies de danse sont subventionnées : le saupoudrage nourrit les déceptions. L’aide doit se tourner vers la mise à disposition de moyens en gestion, en communication, en diffusion des spectacles. Il n’est pas supportable que tant de spectacles soient joués cinq ou six fois avant de disparaître, au prix de la frustration des artistes et de la dépendance permanente vis-à-vis des aides.

De même, le périmètre de l’intermittence doit être revu et corrigé. L’invention d’un régime social ad hoc pour les contrats précaires dans le spectacle vivant et l’audiovisuel s’est muée en un mode de gestion affichant un milliard d’euros de déficit couvert par les Assedic. Revenir aux fondements de ce régime aiderait à mettre un terme à ces usages dévoyés.

On compte 550 000 emplois culturels directs. La culture participe de l’attractivité des territoires, conduit le citoyen à « voter avec ses pieds » en s’installant, toutes choses égales par ailleurs, dans des lieux où l’offre est abondante. Pourtant, ce n’est pas la problématique des retombées qui justifie la dépense de l’Etat. Elle en atténue le poids, mais elle met la culture en concurrence avec d’autres choix publics.

En convoquant trop souvent l’économie, les acteurs de la culture la mettent en danger. On ne bâtit pas un hôpital parce qu’il deviendra le plus gros employeur de la ville. On ne décide pas de construire un musée pour les emplois créés. La relation culture-économie est bien plus indirecte. Comme l’économiste William Baumol le rappelait, on n’achète pas des œuvres d’art pour gagner le jackpot, mais pour le bonheur de les regarder.

Refonder l’économie de la culture, c’est affirmer la volonté de la mutualisation et de la solidarité. La qualité du modèle du Centre national de la cinématographie (CNC) aura permis cette année de produire 270 films et d’atteindre une part de marché des films français d’environ 40 % ; elle ne saurait empêcher le partage, lorsque ses recettes viennent à excéder ses besoins, avec d’autres industries culturelles en difficulté. A refuser le partage on met en péril la légitimité de l’établissement. On peut regretter l’abandon de l’idée d’un Centre national de la musique récupérant une partie de ces sommes, rassemblant des guichets épars et soutenant la création musicale secouée par le numérique et le marasme qui a atteint l’industrie ces dernières années.

L’économie du numérique ne pourra se déployer contre les consommateurs. Elle est sommée d’inventer toute une palette de modèles, qui vont du paiement traditionnel à l’unité à la gratuité et au financement participatif. Un des principaux enjeux est de se départir de tout angélisme face aux géants du Net. C’est là l’autre volet des grands travaux de la mandature, à porter au niveau européen, pour que la nouvelle économie de la culture ne soit pas seulement celle du gigantisme sans limite d’entreprises américaines alliant l’habileté fiscale, l’importance de leur trésorerie et la capacité agrégative des réseaux.

Françoise Benhamou, économiste, enseignante à Paris-XIII et auteure notamment d’une Économie du patrimoine culturel (La Découverte, 2012)

source : Le Monde du 11/10/2012

Face à des institutions figées, inventons une nouvelle gouvernance culturelle

La tentation est grande de mettre en regard l’engagement pris par François Hollande de « sanctuariser » le budget de la culture au mois de janvier et les coupes spectaculaires que ce même poste subit dans le budget 2013. Outre qu’il serait absurde de procéder à un bilan après les seuls premiers mois d’exercice, il est utile aujourd’hui de se demander ce que peut être une politique culturelle d’Etat, particulièrement si elle est orientée à gauche.

Depuis près d’un quart de siècle, la notion de politique culturelle nationale est en crise et l’on ne compte plus les tentatives de « refondation », en général avortées. Pour rendre compte de manière équitable de la situation du ministère de la culture, il convient de la replacer dans le contexte des contradictions de l’action publique dans ce domaine, marqué simultanément par l’essor implacable d’industries culturelles largement multinationales, la montée en puissance des collectivités locales, devenues aujourd’hui acteurs majeurs du secteur, et le déclin relatif de la notion de légitimité culturelle au profit de l’équivalence de toutes les formes d’expression.

La politique de décentralisation, initiée par Gaston Defferre en 1982 et poursuivie par ses successeurs, a déplacé une partie significative de l’initiative culturelle vers les collectivités territoriales, même si les plus grandes institutions, presque toutes parisiennes, restent gérées par l’Etat.

Les travaux du département des études, de la prospective et de la statistique du ministère de la culture et de la communication montrent la part prise par ces collectivités dans le financement de la culture. La dernière enquête générale, publiée en 2006, fait apparaître que la dépense publique pour la culture était de l’ordre de 10 milliards d’euros cette année-là, dont 5 milliards pour les communes et les intercommunalités, 1,3 pour les départements et 0,55 pour les régions, à mettre en rapport avec les 2,9 milliards d’euros du ministère de la culture et de la communication.

Par ailleurs, cette administration s’est développée alors que les principales transformations de la consommation ont été l’effet du développement des industries culturelles, qui fournissent des alternatives radicales à l’offre publique. Dans les années récentes, la généralisation des consommations nomades et l’usage d’Internet apparaissent comme les agents les plus importants de la transformation des pratiques culturelles.

A la différence de la télévision, qui a concerné très tôt et massivement les classes populaires, la pratique d’Internet est plus répandue chez les jeunes diplômés et dans les catégories sociales supérieures : la généralisation de la culture d’écran accentue, selon le sociologue Olivier Donnat, la porosité entre culture et distraction. Enfin, en postulant l’égale dignité de toutes les formes de culture, le ministère reconnaît qu’il n’y a plus vraiment un ensemble de grands chefs-d’oeuvre nationaux ou universels qui constitueraient une sorte de « canon », que les institutions devraient servir en excluant les formes jugées moins nobles d’expression.

Notons cependant que toute politique culturelle est le produit d’une série de tensions entre différents objectifs : l’égalisation des conditions d’accès à la culture, la garantie partielle des risques que suscitent la création d’avant-garde et le maintien de la réputation de la France dans le monde.

A ces objectifs bien établis est venu s’ajouter au cours des vingt dernières années l’impératif de créativité, thématique nébuleuse qui associe le soutien aux entreprises dont on pense qu’elles apportent une plus-value esthétique, et la mise en place de districts créatifs où est censé souffler l’esprit artiste. L’action de l’Etat est contrainte par le budget, qui a toujours été limité en matière de culture, mais aussi par le poids des lobbies.

La situation des institutions culturelles paraît figée : le système des scènes nationales, un label créé en 1990 pour garantir la qualité de structures locales vouée au spectacle vivant, continue de dominer le secteur de la diffusion de ces oeuvres sans qu’on soit vraiment assuré qu’il soit aujourd’hui le meilleur vecteur de la démocratisation culturelle.

Inventée par la droite gaulliste, et reformatée par la gauche de Mitterrand qui y a ajouté une dimension festive, la politique culturelle est sans doute beaucoup plus consensuelle qu’on veut bien le dire. Cependant, la pérennisation des dispositifs a fait son oeuvre, et le paysage institutionnel n’offre plus guère de marge de manoeuvre. On comprend que les politiques aient tendance à déserter au niveau national un terrain où leur action ne paraîtra pas marquante. On se souvient du scepticisme assez général des politiques lorsque Martine Aubry, alors candidate aux primaires citoyennes de la gauche, avait évoqué une augmentation du budget de la culture de 30 % à 50 % au cours du mandat. Les choses sont très différentes au niveau territorial, où la culture peut faire l’objet d’un affichage spécifique et contribuer à l’identité politique d’un élu : c’est le cas de la maire de Lille en particulier.

Les formes usuelles des justifications culturelles caractéristiques de l’âge d’or de l’Etat-providence sont dépassées, mais nous faisons semblant de ne pas le voir. Ces formes d’action étaient censées favoriser l’accès à la culture. Depuis le tournant néolibéral, l’impératif démocratique a décliné et une nouvelle idéologie s’est développée, fondée sur la puissance sans doute illusoire du tournant créatif, l’intensification de la « marchandisation » de la culture, et l’intégration progressive de la haute culture au monde du luxe.

La crise du capitalisme ne peut qu’aggraver les inégalités et amplifier le désenchantement des acteurs de la culture à l’égard du système, sous l’effet conjugué des baisses de subventions et de la contraction du budget des ménages. On ne fait jamais mieux avec moins de ressources. Mais la crise peut aussi avoir des effets positifs si elle permet de mettre en question les limites du modèle actuel, non pas en refondant pour la énième fois le discours ministériel, mais en restaurant les conditions d’une parole véritablement politique sur la culture.

En prenant ses fonctions, Aurélie Filippetti a fermement rappelé la dimension politique de la culture et sa relation à l’intérêt public, mettant fin à l’insignifiante « culture pour chacun » instaurée sans grande conviction par son prédécesseur. Sous ce rapport, les choix drastiques de la ministre peuvent être interprétés de deux façons : à première vue, il s’agit de contribuer à un budget d’austérité et à sabrer des projets qui portaient tous la marque de l’ancienne présidence. Mais ces coupes ont aussi mis en lumière la faiblesse de nombreuses décisions dont le précédent occupant de la Rue de Valois est loin d’avoir eu le monopole : les dépassements de budget sont monnaie courante pour les grands équipements. Pis, leur justification n’est pas toujours très assurée, comme si le domaine permettait davantage de comportements discrétionnaires.

La hache de la ministre doit susciter un débat public : le manque de rigueur qui a souvent prévalu par le passé appelle un nouveau type de gouvernance qui ne soit plus l’effet des caprices du prince, mais qui exprime le seul objectif qui vaille, celui de constituer une véritable sphère culturelle publique.

Jean-Louis Fabiani, directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales, sociologue de la culture

source : Le Monde du 11/10/2012