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Face aux prétentions exorbitantes posées par le ministère de l’Immigration pour la mission d’accompagnement des étrangers enfermés en centres de rétention, la Cimade oppose un front du refus, fédérant les autres associations susceptibles d’intervenir. Hortefeux pourrait bien n’avoir d’autre choix que de ravaler son décret...

À l’issue de débats intenses mais « sereins », la Cimade, réunie samedi 4 octobre à Paris en assemblée générale extraordinaire, a décidé de poursuivre le bras de fer qui l’oppose au gouvernement à propos de la présence associative dans les centres de rétention administrative (CRA).

Alors que la convention la liant à l’Etat arrive à son terme en décembre 2009, elle ne répondra pas en l’état à l’appel d’offres rédigé par le ministre de l’immigration pour organiser le nouveau bail. Pour autant, elle n’a pas décidé de se retirer purement ou simplement des CRA où sont enfemés les sans-papiers en instance d’expulsion (35.000 personnes y ont transité l’année dernière, soit une hausse de 24% en quatre ans), même si certains, minoritaires, y étaient favorables.

C’est pour une position intermédiaire que la Cimade a opté : elle refuse l’éclatement en lots de la mission d’aide juridique aux retenus qu’elle exerce seule depuis 1985, mais elle accepte de la partager avec d’autres associations comme elle l’a fait savoir depuis plusieurs semaines.

Autrement dit, elle entend la demande de pluralisme formulée par Brice Hortefeux, tout en rejetant l’idée selon laquelle l’assistance aux étrangers en situation irrégulière serait un marché comme les autres avec des prestataires de service mis en concurrence les uns avec les autres.

Concrètement, les salariés et bénévoles de la Cimade se sont mis d’accord à la fois pour exiger la modification de la réforme et pour essayer de regrouper des associations et des organisations non-gouvernementales susceptibles de partager la même vision de la défense des droits des étrangers en rétention. C’est-à-dire, espèrent-ils, sans tenir compte des impératifs de discrétion et de confidentialité inscrits dans l’actuel appel d’offres.

Ces associations seraient candidates, ensemble, pour l’ensemble des huit lots définis par le ministère de l’immigration.

Elles souhaiteraient aussi avoir la possibilité d’exercer leur mission à plusieurs dans un même centre, ce que le dispositif Hortefeux interdit. Leur rôle de regard extérieur et de contrepoids serait préservé, via la publication régulière de témoignages et de rapports communs dénonçant, si elles le jugent nécessaire, les conditions de rétention.

Dans les jours qui viennent, les discussions vont s’engager (ou reprendre) avec d’éventuels partenaires. En premier lieu avec le Secours catholique, sur la même longueur d’onde que la Cimade puisqu’il a récemment indiqué ne pas souhaiter être candidat à ce marché public, « au regard des conditions mises par ce décret et cet appel d’offres » ; avec France terre d’asile, l’Ordre de Malte, et la l’Afssam, sollicitées par le ministère de l’immigration ; mais aussi avec Forum réfugiés, qui a annoncé son intention « d’y aller » avant de faire savoir qu’un regroupement d’associations l’intéressait. D’autres structures, y compris syndicales, pourraient être conviées.

[Source : Mediapart.fr]