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Ramzan Elzurkhaiev et sa femme sont Russes d’origine. En
Tchétchénie, lui et sa femme ont été plusieurs fois arrêtés,
enlevés, menacés par les autorités locales, puis battus,
frappés, torturés. Leurs tortionnaires n’ont pas hésité à
s’en prendre à leur très jeune fils, ébouillanté sous leurs
yeux. Alors ils ont fuit avec leurs trois enfants. En
Pologne, où ils ont vécu plusieurs mois jusqu’à ce qu’ils
soient à nouveau menacés de mort par leurs persécuteurs
qui les avaient retrouvés. La famille a dû à nouveau fuir.
Ils sont finalement arrivé en France. Le couple se sont installés
dans le Rhône avec leur trois enfants. Aujourd’hui,
Mariam, 6 ans, Imam, 4 ans et Djabraïl, 3 ans sont scolarisés
en maternelle à Vénissieux.

En vertu des accords de Shengen, la France refuse d’examiner
la demande d’asile de la famille. Ils sont en procédure
dite Dublin II. La France peut les expulser en
Pologne, mais elle peut aussi les autoriser à déposer en
France une demande d’asile, c’est le préfet qui décide.

Ramzan a été arrêté et enfermé en centre de rétention le
3 juin, il devait être expulsé en direction de la Pologne le
matin du 16 juin. Sa femme Taissa, résidente à Lyon, sans
papiers mais libre, avait un drôle de choix : partir « volontairement
 », sans savoir si elle retrouverait son mari en
Pologne, où il peut être mis incarcéré, ou rester seule ici
séparée de son mari et sans régularisation.

Le matin de l’expulsion, des personnes du Resf 69 étaient présent à l’aéroport. « Nous étions venus à l’aéroport », rapportent
Catherine Tourier et Mireille Peloux, « soit pour
prendre congé d’eux et de leurs enfants, soit pour les soutenir
si Ramzan refusait l’expulsion. Taissa n’est pas venue,
Ramzan a refusé de monter dans l’avion. Nous l’avons très
brièvement aperçu entre deux fonctionnaires de la police de
l’air et des frontières. Il paraissait calme mais déterminé. Il ne
s’est pas laissé embarqué. »
Ramzan a été placé en garde à
vue. En effet, refuser l’expulsion est un délit en France,
même si on vous renvoie vers vos tortionnaires. Le procureur
décidera s’il y a lieu de poursuivre ou de libérer
Monsieur Elzurkhaiev.

Les accords de Shengen et la procédure dite Dublin II, ne
sont qu’un prétexte administratif fallacieux pour justifier
l’expulsion des Tchéchènes menacé. La prise en compte
d’autres textes internationaux justifierait une décision
conforme au respect des droits humains élémentaires.
Catherine et Mireille rappelle à bon escient les termes de
la convention internationale des droits de l’enfant, du 20
novembre 1989, ratifiée par la France. L’article 3.1. stipule
ainsi : « Dans toutes les décisions qui concernent les
enfants, qu’elles soient le fait des institutions publiques ou privées
de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives
ou des organes législatifs, l’intérêt supérieur de l’enfant
doit être une considération primordiale. »
Alors les deux
militantes du Resf interrogent : « Quelle protection offronsnous
à ces trois enfants ? Leur père doit-il être jeté en prison ?
Pouvons-nous accepter que le gouvernement s’en débarrasse en
les expédiant vers un pays où leurs parents et eux-mêmes sont
menacés ? »

[Source : Resf 69]