Nous suivre :



Dossiers :
 
Articles :

Des milliers de personnes sans abri, par la plupart émigrants boliviens ou paraguayens, ses ont organisées à grande échelle, pour résoudre par elles-mêmes la question de leur logement, en occupant des terrains qu’ils aménagent. La bataille est parfois sanglante, laissant trois et des dizaines de blessés, mi-décembre. Occupation de parcs publics, de terrains des chemins de fer, ou autres, sont de véritables rapports de force avec des autorités qui ne cachent pas que, pour elles, ces immigrants sont de trop. Buenos Aires protège militairement ses jardins, pendant que les damnés de la terre se cotisent pour installer l’eau et l’électricité sur leurs terrains avant même de construire leurs baraques. En Argentine comme en France, le droit de se bâtir un abri quand on n’en a pas a le plus grand mal à s’imposer face à des États non seulement incapables de régler la question du logement, mais toujours prêts à envoyer la police contre les plus pauvres, avec les applaudissements d’une partie du public, haineux et bien au chaud.

Quelque 6000 squatteurs qui avaient entrepris de s’installer dans le deuxième plus grand parc de Buenos Aires, en Argentine, ont accepté de quitter mercredi, après en être venus à une entente avec le gouvernement.

Les squatteurs avaient entrepris de se diviser les lieux et menaçaient d’y créer un nouveau bidonville si le gouvernement n’acceptait pas de les aider à se trouver un logement ou ne leur fournissait pas un terrain.

Trois personnes ont perdu la vie et des dizaines d’autres ont été blessées quand les résidants de la ville ont tenté de les chasser — notamment en mettant le fin aux abris de fortune — après le retrait des policiers et face à l’indécision du gouvernement.

Une longue rencontre entre le maire Mauricio Macri et des représentants de la présidente Cristina Kirchner a accouché d’une proposition aux squatteurs peu avant minuit, mardi : acceptez une promesse d’être inclus dans un programme fédéral de logement ou vous serez chassés par la force. Les squatteurs ont choisi d’accepter la promesse gouvernementale et le dernier a quitté le parc mercredi matin.

Pour décourager tout autre coup d’éclat du genre, le gouvernement a prévenu qu’aucun autre squatteur ne sera admis au programme fédéral. De plus, les squatteurs du parc de Buenos Aires n’auront droit à aucun traitement de faveur, ont ajouté les responsables. Les logements disponibles seront octroyés aux plus démunis, en ordre de priorité, et seulement à ceux qui pourront démontrer qu’ils habitent Buenos Aires depuis au moins deux ans.

Plus de 500 000 personnes ont besoin d’un logis dans la capitale argentine. Il était donc impensable, politiquement, de permettre à des immigrants de la Bolivie, du Paraguay, du Pérou et d’ailleurs de passer au devant de la file.

[Source : AP]