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Près de 1500 personnes interpelées : « Nous ne laisserons pas les voyous impunis » a déclaré le ministre de l’Intérieur. Voyous, les lycéens qui manifestaient pacifiquement et que la police a sauvagement matraqués avant de les embarquer ? Ou faut-il accuser le ministre qui transforme des flics en civil en « casseurs » et ose ensuite traiter comme tels des lycéens pacifistes ? Qui est le voyou ? Le Préfet Lambert qui ordonne de tirer au flashball sur des enfants ou ceux-ci lorsqu’ils manifestent pour leur avenir ? Qui sont les voyous ? Les travailleurs qui bloquent les dépôts de carburant pour défendre leurs droits ou les flics qui les attaquent dans la nuit en violation des libertés syndicales ? Les premiers voyous de France s’appellent Hortefeux, Lambert et Sarkozy. Quant aux jeunes matraqués, embarqués et poursuivis devant les tribunaux par cet État voyou, ce ne sont pas des voyous, mais de dignes héritiers de leurs ancêtres qui se sont battus à travers les âges pour la liberté.

Sarkozy s’est dit déterminé mercredi à libérer tous les dépôts de carburant bloqués par des opposants à la réforme des retraites, contre laquelle les jeunes veulent rester mobilisés malgré les violences de casseurs.

« J’ai donné hier des instructions pour débloquer la totalité des dépôts de carburants afin de rétablir au plus tôt une situation normale », a déclaré le président de la République au Conseil des ministres.

Le chef de l’État a répété que la réforme irait « à son terme » et a dit sa volonté de « garantir le respect de l’ordre républicain ».

Quelques heures après la promesse du Premier ministre François Fillon de ramener à la « normale » la situation dans les stations-service en « quatre à cinq jours », les forces de l’ordre sont intervenues dans la nuit dans les dépôts de La Rochelle, du Mans et de Donges (Loire-Atlantique).

Mais des manifestants ont commencé dans la matinée à bloquer celui de Port-de-Bouc (Bouches-du-Rhône) et ailleurs, comme à Brest, Ouistreham (Calvados) ou Grandpuits (Seine-et-Marne), le blocus perdurait.

Mardi, à trois jours des vacances de la Toussaint, près de 4.000 stations sur les 12.500 du pays étaient « en attente d’approvisionnement », selon le gouvernement, qui avait écarté le week-end passé tout risque de pénurie.

Le mouvement bénéficie du soutien de l’opinion, à en croire un sondage BVA selon lequel 59% des Français veulent qu’il se poursuive.

Sans attendre l’intersyndicale des salariés jeudi, lycéens et étudiants entendaient poursuivre leur mobilisation, forte mardi, avec 180.000 jeunes dans les rues, selon le syndicat étudiant Unef. Les principales organisations lycéenne et étudiante, l’UNL et l’Unef, ont appelé à un rassemblement à 11h devant le Sénat, où la réforme des retraites est en discussion avant un vote prévu jeudi.

Selon le ministère, 178 lycées ont été bloqués mercredi, le plus faible total depuis une semaine. La mobilisation étudiante a, en revanche, franchi un palier mardi lors de ce que l’Unef a décrit comme une « journée exceptionnelle ».

Mardi, l’Unef a comptabilisé « 29 universités mobilisées » sur les 83 du pays. Après trois autres la veille, Montpellier-III a annoncé sa fermeture administrative.

Les actions lycéennes ont fait mardi l’objet de violences. Annonçant l’interpellation de « 1.423 casseurs en une semaine », le ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux a prévenu : « Nous ne laisserons pas les voyous impunis ».

Les incidents ont été violents à Lyon, où les transports en commun ont été préventivement arrêtés mercredi à la demande de la préfecture.

À Nanterre, de légers incidents ont repris en milieu de matinée pour la troisième journée consécutive.

Des perturbations étaient à prévoir dans le fonctionnement de nombreux secteurs, comme dans la production d’énergie ou dans les aéroports, où des organisations syndicales ont annoncé des actions de blocage, comme à Nantes et Clermont-Ferrand. À Orly, 25% des vols ont été annulés. Toulouse-Blagnac a également vu des suppressions de vols.

À Marseille, le syndicat FO a momentanément bloqué les trois tunnels urbains de la ville.

Le trafic de la SNCF devait rester perturbé mercredi, tout comme les transports urbains dans des villes comme Rennes ou Nantes. Un peu partout, des barrages filtrants ont gêné la circulation.

En Ile-de-France, le trafic était en revanche « normal » ou « quasi normal » sur les réseaux de la RATP et du RER, à l’exception du B.

[Source : france-soir]