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En Italie les attentats et les meurtres racistes à l’encontre des Rroms se poursuivent. La presse italienne continue son traitement raciste de ces tragiques évènements.

À Rome, dans la nuit du 3 au 4 janvier, aux alentours de 22 heures, un incendie violent a éclaté à l’intérieur de deux bâtiments dans le quartier Marconi, à l’intérieur desquels avaient trouvé refuge plus de 250 Rroms. Le feu a pris à l’improviste et s’est propagé très rapidement dans les bâtiments désaffectés. Quelques Rroms qui ont remarqué le feu ont immédiatement donné l’alerte, permettant aux familles, parmi lesquelles plus de 100 enfants, d’être sauvés.

L’incendie était très vraisemblalement volontaire, puisqu’il y a eu deux départs simultanés dans chacun des deux bâtiments, qui se trouvent à des dizaines de mètres loin l’un de l’autre. La rapidité de la propagation du feu et la hauteur des flammes sont caractéristiques des attentats au cocktails molotov.

Malgré l’évidence, la quasi totalité des médias en ligne italiens ne font aucune référence au caractère sans doute volontaire de l’incendie, et ne ne rapportent aucun des nombreux témoignages en ce sens. Seule exception à signaler : The Velino, dirigé par Daniele Capezzone, rapporte exactement les faits. La présence de bouteilles à gaz à l’intérieur des bâtiments révèle que les agresseurs avaient l’intention raciste de provoquer un massacre.

Les familles rroms ont été transférées dans des halls de l’ancienne Foire de Rome, d’où – ainsi que cela a déjà été annoncé – ils seront bientôt expulsés. Des investigations sont en cours, mais l’expérience montre combien il sera difficile de faire la lumière sur les causes et les motivations – très vraisemblalement racistes et meurtrières – de l’incendie.

Autre événement, tragique : deux jeunes femmes roumaines ont été trouvées égorgées dans un hôtel romain. La presse italienne s’en est fait l’écho, en alléguant qu’il s’agissait de prostituées. Or, au moment où titraient les journaux à scandales de la péninsule, rien ne permettait d’étayer cette affirmation. Le fait d’être Roumaine et de prendre une chambre à l’hôtel n’induit pas automatiquement la prostitution, contrairement aux conclusions de certains journaux.

Le journal La Republica finit sa brève avec la phrase : « Les premiers indices mènent vers un camp de nomades. » Sans le moindre élèment étayant son accusation xénophobe. Ce ne sont plus les gitanes qui lisent les lignes de la main, ce sont les journalistes de La Republica qui lisent dans le marc de leur racisme express.

Cette insinuation criminogène a depuis été formellement démentie par les faits. Le fiancé de l’une des victimes, Roumain non-Rrom, a avoué le double assassinat et a donné des détails. Un crime passionnel, certes douloureux, mais banal. Le jeune Roumain n’a pas supporté que sa fiancée le quitte. Il l’a donc tuée, et il a tué aussi son amie, qui l’appuyait dans sa “trahison”.

À qui profite le crime ? L’assassinat de ces deux jeunes femmes, ne profite évidemment à personne ! Mais les affirmations anti-rroms de la presse alimentent l’antitsiganisme et ses relents fascisants. Le crime profite aussi à ceux qui veulent se maintenir au pouvoir en incitant au racisme et en exploitant la xénophobie, à coup de législations discriminatoires et illégales et de rafles.

[Sources : Roberto Malini, EveryOne Group,
voxrromorum, La voix des Rroms]