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Alors que les relations sont extrêmement tendues entre la
préfecture du Nord et le Comité des Sans Papiers du Nord
(CSP59) suite à l’acharnement estival du préfet Canepa à
l’encontre des grévistes de la faim [voir QSP n°1,
« Chronologie d’une grève de la faim »], la préfecture ayant
même exclu le CSP59 de la commission de réexamen des
titres de séjour, cette fois c’est au tour de la Justice de jeter
le discrédit sur la lutte des sans-papiers.

Depuis des semaines Armand Nwatschock, membre de la
commission juridique du CSP59, a été mis sur écoute – ce
qui semble avoir été sle cas de tous les militants du
CSP59. Une vingtaine de témoins auront également été
convoqués par la Police de l’Air et des Frontières (PAF)
pour être questionnés sur les dons d’argent ou les chèques
dont Armand aurait bénéficié, voire sur ses éventuels rapports
sexuels avec des femmes sans-papiers…

« Il a été demandé aux femmes interrogées si elles avaient couché
avec Armand pour que celui-ci facilite leurs démarches.
Aux hommes, la police a demandé s’ils lui avaient versé de
l’argent », rapporte Roland Diagne, porte-parole du CSP,
interrogé par Le Monde.

Le 17 décembre Armand a été arrêté par sept policiers à
son domicile dans le cadre d’une « commission rogatoire
pour trafic d’influence » et mis en garde-à-vue, accusé de
« monnayer » ses services d’aide juridique aux sanspapiers.
Il a été libéré après trente cinq heures de garde à
vue. L’épouse d’Armand et ses enfants ont également été
entendus.

Roland Diagne, a quant à lui été convoqué dans l’aprèsmidi,
le même 17 décembre, tandis qu’une perquisition
avait lieu dans les locaux de l’association Immigration et
Droits des Migrants, qui abritent le CSP59. Des tracts qui
dénoncent l’arrestation d’Armand ont été saisis par les
policiers.

« C’est notre mobilisation permanente et notre volonté de préserver
la visibilité des sans papiers qui nous sont reprochés »,
assure Roland Diagne. « Désormais, poursuit-il, on veut
nous salir et nous mener sur le terrain judiciaire. »
Le 19, la police interrogeait Suzanne, 86 ans, que tous à
Lille appellent la « mamie des sans-papiers ». Elle a reçu la
visite de deux policiers qui se sont penchés sur les documents
relatifs à la comptabilité du CSP59.

Elle a déclaré que la police cherchait à savoir si c’est
Armand seul qui choisissait les dossiers de sans-papiers à
soutenir en Préfecture.

[Sources : CSP59/ Nord Eclair/ Le Monde]


De toute évidence, il n’y a pas plus d’argent au CSP59 que
dans les divers collectifs de sans-papiers. Accuser de plus le
CSP59 de faire jouer de ses relations auprès de la Préfecture
pour obtenir des régularisations est particulièrement “amusant”
quand on sait qu’au contraire cette organisation représentative
des sans-papiers lillois a été explicitement exclue des négociations,
et entretien les plus mauvaises relations avec les autorités
– qui semblent encore une fois ne reculer devant rien. QSP