Nous suivre :



Dossiers :
 
Articles :

On découvrait au détour des commentaires sur l’article de la Loppsi instituant deux nouvelles milices attachées à la police qu’il en existerait déjà une pour la gendarmerie – et que celle-ci ambitionne d’atteindre les 40 000 inscrits pour 2012. On découvre ci-dessous que sa réalité serait plus modeste aujourd’hui : 24 000 personnes – et un budget de 40 millions d’euros.

Visitant pour un tout autre motif un blog ami, on découvre l’article ci-dessous faisant état de cette « réserve citoyenne de gendarmerie ». Une recherche rapide permet de découvrir des choses aussi sympathiques que le site de l’« association nationale des réservistes et sympathisants de la gendarmerie », où l’on a bêtement recopiée la « Foire aux questions », ci-après.

Où l’on découvre que, comme pour la police, il existe d’ores et déjà deux statuts en fait, pour deux « degrés » de milice – là aussi sur le modèle pétainiste de la Milice et du Service d’ordre légionnaire, plus restrictif dans son recrutement.

À la différence des milices que la Loppsi institue pour la police qui recrutent pour un maximum de 45 jours par an, les équivalents pour la gendarmerie vont jusqu’à... 120 jours par an.

Il y a donc d’une part la « réserve opérationnelle de la gendarmerie » pour laquelle les volontaires doivent « avoir suivi avec succès une préparation militaire ». Et, d’autre part, une « réserve citoyenne de la gendarmerie » – pour laquelle une telle préparation n’est pas obligatoire.

« Concrètement, rien, ou presque, ne différencie un gendarme réserviste d’un gendarme de « l’active ». Le réserviste porte une arme (il a auparavant suivi une formation de quinze jours pour l’initiation à la réserve) et peut également être agent de police judiciaire. C’est-à-dire qu’il peut être en mesure de verbaliser un contrevenant », peut -on lire dans un article du Progrès, en surfant à la recherche de cette sale bestiole.

En creusant par-ci, par-là, on découvre aussi le statut du « volontaire du service national », les « VSN » – du même nom que les tontons macoutes en Haïti…

Ceux-ci sont également indemnisés, mais leur rémunération sont totalement exonérées de tout impôt ou charge sociale. Gageons que cette disposition s’applique à l’ensemble de ces milices.

Quant à cette « réserve citoyenne de la gendarmerie », le général qui la commande explique comment « elle devient largement indispensable, surtout en ces périodes troublées », dans un discours que nous avons ajouté enfin, et qui n’est certes pas le document le moins éloquent de cet ensemble typique du sarkozisme, cette forme de néo-fascisme désormais authentifiée (pour qui aurait eu un doute).

Nous avons appris récemment, grâce à la presse régionale, qu’un certain nombre de blaireaux [Manière de dire car un blaireau est infiniment plus respectable qu’une raclure de bidet qui rêve d’être justicier] en Creuse et dans d’autres départements étaient devenus officiers de la « réserve citoyenne de la gendarmerie » !

Kesaco la « réserve citoyenne de la gendarmerie » ?

Il s’agit d’un corps de création récente (2001), qui jusqu’ici a fait peu de bruit et dont nous n’avons pas entendu parler, y compris dans la presse contestataire.

Cette réserve vient compléter la réserve « opérationnelle », là où se retrouvent tous les militaires qui ne sont pas morts à la guerre, ceux que Boris Vian décrivait ainsi : « Le combattant qui ne s’est pas fait tuer garde en lui-même une mentalité de raté ; il aura à cœur de compenser cette déficience et contribuera donc à préparer la suivante ; or, comment voulez-vous qu’il la prépare bien, puisqu’il s’est tiré de la précédente et que, par conséquent, du point de vue de la guerre, il est disqualifié ? »

Voici comment est définie cette réserve dans les textes officiels [Tous les textes en italiques sont issus des sites officiels de l’État et de la gendarmerie.]

La réserve citoyenne est la deuxième composante des réserves après la réserve opérationnelle. Elle est composée d’anciens militaires d’active ou de réserve ainsi que de volontaires recrutés dans la société civile. Les réservistes citoyens sont des bénévoles agréés par l’autorité qui mènent des actions visant à faire connaître la gendarmerie. Sous certaines conditions, les réservistes citoyens peuvent fournir un renfort nécessaire à la réserve opérationnelle.

Analogue à la réserve opérationnelle, la réserve citoyenne n’assure toutefois pas de mission en temps de paix. Sa vocation est alors davantage d’entretenir l’esprit de défense et de renforcer le lien armée-nation.

Mobilisable en cas de besoin, elle peut fournir des renforts à la réserve opérationnelle.

En fonction des besoins des forces armées, l’autorité militaire peut faire appel aux volontaires de la réserve citoyenne pour, avec leur accord, les affecter dans la réserve opérationnelle.

L’actuelle réserve citoyenne sera transformée en « volontariat de la sécurité nationale » afin de permettre à ses volontaires de contribuer à l’encadrement de la journée d’appel de préparation à la défense, aux actions de rayonnement des armées, à la politique de mémoire et à celle de sécurité nationale. Ils pourront également être sollicités en cas de crise grave sur le territoire national.

« Ils pourront également être sollicités en cas de crise grave sur le territoire national. »

Vous avez bien lu, il ne s’agit pas de défendre le merveilleux territoire de « notre » glorieuse nation contre l’invasion des hordes sauvages d’ennemis étrangers. Non, il s’agit de crise grave sur le territoire national. De toutes façons, les compétences de la gendarmerie se limitent au territoire national, c’est l’armée de l’intérieur, celle qui brise les grèves et mate les révoltes. Nous voici donc dotés d’une milice civile, paramilitaire, prête à aider les uniformes à rétablir l’ordre.

Alors comme ça, y’en a des qui n’ont jamais fait leur service et qui sont tellement frustrés, qui rêvent tellement d’épouser la Grande Muette, qu’ils sont volontaires pour renforcer le lien « armée-nation » et à l’occasion casser du contestataire ! Je savais avoir à supporter des concitoyens, mais cons à ce point j’imaginais pas, le « citoyennisme » poussé à cette extrémité, chapeau !

Prenez la peine d’aller sur leur site Internet, les débats sont de haute tenue : l’uniforme des réservistes citoyens doit-il ressembler à celui des réservistes opérationnels ? Ben non mon couillon, y en a qui sont des vrais des durs des tatoués et d’autres qui sont rien que des militaires d’opérette !

Au premier degré, ce désir d’avenir et de galons qui habite certains obsessionnels de l’ordre établi peut prêter à sourire, voire à se foutre franchement de leur gueule, mais à y bien réfléchir ça donne plutôt des frissons dans le dos. Il s’agit d’une pierre de plus dans la construction d’une société hyper-sécurisée, on met en place des milices dormantes, prêtes à se réveiller au premier coup de clairon, en même temps que la police ouvre des sites Internet dédiés à la délation, où chacun peut dénoncer son voisin sans être obligé d’écrire une lettre anonyme en capitale d’imprimerie pour cacher son écriture, qu’on puce les gamins avec des GPS et que le bracelet électronique voit son utilisation s’élargir sans limites.

Tout se passe comme si pour atteindre le « Meilleur des mondes » décrit par Aldous HUXLEY, où la domination de quelques-uns sur le plus grand nombre est gravée dans l’ADN suite à des manipulations génétiques, il fallait que l’on passe par une phase du style « 1984 » de George ORWELL, âge d’or du contrôle policier.

Comment se débarrasser des armées, des polices et des nations ?

Patrick FAURE
(article paru dans le n° 22 hiver 2009 de Creuse-Citron, le journal de la Creuse libertaire.)

[Sources : Creuse-citron ; anarchie23.centerblog.net]

Ci-dessous, donc, les questions et réponses aux questions qu’on pourrait se poser, recueillies sur le site de l’association nationale des réservistes et sympathisants de la gendarmerie :

Association Nationale des Reservistes Et des Sympathisants de la GENDarmerie FAQ (Foire Aux Questions)

• Comment intégrer dans la réserve opérationnelle de la gendarmerie ?

Tout d’abord, il faut aller se renseigner auprès de sa brigade locale, soit au Centre d’Information et de Recrutement, afin de remplir un dossier.

Conditions d’admission :

- Être de nationalité française.

- Être Âgé de 18 ans au moins lors de la signature de l’ESR.

- Ayant participé à la journée d’appel et de préparation à la défense (JAPD), ou ayant été dispensés, ou ayant effectué les service national.

- Être de bonne moralité.

- Ne pas avoir atteint la limite d’âge.

- Être apte physiquement, mesurant 1,70m pour les hommes et 1,60m pour les femmes.

- Ne pas avoir été condamné soit à une peine criminelle, soit dans les conditions prévues aux articles 384, 385 et 388 à 390 du code de justice militaire.

Pour information, les anciens militaires sont automatiquement intégrés dans la réserve au terme de leur activité pour une durée de 5 ans. Ces personnels sont plus communément appelés les disponibles. Toutefois pour servir en réserve opérationnelle, les volontaires devront signer un engagement à servir dans la réserve (ESR).

Les volontaires qui n’ont pas reçu de formation militaire préalablement à leur demande ne sont intégrés qu’après avoir suivi avec succès une préparation militaire

• Comment intégrer dans la réserve citoyenne de la gendarmerie ?

Les conditions d’admission sont analogues à celles qui régissent l’entrée dans la réserve opérationnelle. Toutefois, la préparation militaire est remplacée par un stage de présentation des différents moyens et missions de la gendarmerie.

• Qu’est ce que l’ESR ?

Le contrat d’engagement à servir dans la réserve opérationnelle (ESR) de la gendarmerie consacre le volontariat du réserviste. La signature du contrat est suivie d’une affectation dans la réserve opérationnelle après reconnaissance préalable de l’aptitude de l’intéressé à occuper un tel emploi.

• Est on rémunéré ?

Chaque période d’activité fait l’objet d’une convocation qui ouvre droit à une rémunération journalière et éventuellement à des indemnités de déplacement et d’alimentation (rubrique rémunération).

• Est on assuré lors de nos activités ?

Des lors que vous êtes convoqué, vous êtes assuré du départ de votre domicile au lieu de convocation, pendant le renfort et le retour chez vous.

En cas d’accident en service, vous avez accès aux infrastructures de soins militaires et êtes couvert par l’Armée.

• Étant réserviste dans une autre armée, puis je intégrer la réserve de la gendarmerie ?

Conformément à l’article 4 du décret n° 2000-1170, les réservistes des autres armées peuvent également demander à servir dans la réserve opérationnelle de la gendarmerie.

Mise en œuvre pour les :

- Officiers.

Les officiers de réserve des autres forces armées et services communs volontaires adressent directement à leur région militaire de rattachement un dossier.

Les dossiers parviennent à la direction générale de la gendarmerie nationale (DGGN) par le canal de la direction des personnels militaires propre à chacune des armées.

La DGGN procède à l’examen des candidatures et prononce les changements d’armée. Un arrêté portant changement d’armée est inséré au Bulletin officiel des armées.

- Sous-officiers et militaires du rang.

Les intéressés formulent une demande individuelle de changement d’armée auprès de leur organisme de gestion.

La région militaire transmet les dossiers à la région de gendarmerie qui prononce les décisions de changement d’armée après avis des légions de gendarmerie départementale (LGD) ou légions de gendarmerie mobile (LGM) placées sous son commandement. Un ordre d’affectation est établi par la légion de gendarmerie avec copie à la région.

• Quelle est la composition du dossier de changement d’armée ?

Le dossier est commun aux Officiers, Sous-Officiers et Militaires du rang :

- un état de renseignement 314/18 ainsi rédigé : « ... qui demande son changement d’armée au profit de la gendarmerie ».

- un certificat médical portant mention du SIGYCOP, établi par un médecin des armées et datant de moins de six mois.

- un état de services.

- la copie des diplômes.

- la copie des bulletins de notes des cinq dernières années.

- un relevé de punition.

• Est ce que je peux m’absenter de mon travail pour effectuer des activités réserve ?

Selon la loi n° 99-894 du 22/10/99 portant organisation de la réserve militaire et du service de défense, il y a 2 cas :

- Pour une durée inférieure ou égale à 5 jours ouvrés, l’article 10 stipule que le réserviste peut s’absenter de son poste de travail ou de l’organisme au sein duquel il poursuit une formation, dans la limite de 5 jours ouvrés par année civile, au titre des activités militaires, sous réserve de prévenir l’employeur de son absence un mois avant son départ.

- Pour une durée supérieure à 5 jours ouvrés, l’article 11 stipule que le réserviste doit obtenir l’accord de son employeur (sous réserve de dispositions plus favorables, résultant du contrat de travail, de conventions ou accords collectifs de travail, de convention conclues entre l’employeur et le ministre chargé des armées).

De plus, la demande d’accord doit être formulée avec un préavis de 2 mois. Si l’employeur oppose un refus, cette décision doit être motivée et notifiée à l’intéressé ainsi qu’à l’autorité militaire dans les 15 jours jours qui suivent la réception de la demande.

• Combien de jours puis je faire dans la réserve ?

Il n’y a pas de minimum, mais il faut savoir qu’il faut un minimum de 5 jours pour pouvoir être noté.

Par contre, l’article 12 de la loi n°99-894 du 22/10/99 portant organisation de la réserve militaire et du service de défense stipule que le maximum est de 120 jours.

• Y a-t-il des anciens militaires dans la réserve ?

L’article 14 de la loi n°99-894 du 22/10/99 portant organisation de la réserve militaire et du service de défense indique que les anciens militaires de carriere ou sous contrat et les personnes qui ont accompli un volontariat dans les armées sont soumis à l’obligation de disponibilité dans la limite de 5 ans à compter de la fin de leur lien au service.

C’est le commandant de légion qui décide de l’affectation dans la Réserve Opérationnelle ou citoyenne, il est à noter qu’en cas d’inaptitude médicale pour servir dans l’opérationnelle, l’intéressé est admis dans la réserve citoyenne.
En cas de radiation des cadres d’active par mesure disciplinaire, l’intéressé est toutefois soumis à l’obligation de disponibilité.

• Puis je intégrer la réserve en tant qu’officier ?

Il est possible d’être recruté en tant qu’officier sans même passer par une PMSG, PMG,...

On les appelle les réservistes spécialistes, qui sont recrutés sur la base de leur qualification professionnelle civile et ils ne peuvent être employés que dans cette spécialité.

• Réserviste d’une autre armée, peut on intégrer la réserve de la gendarmerie ?

Les réservistes peuvent demander à servir dans une autre armée, conformément à l’article 4 du décret n°2000-1170 relatif aux conditions de recrutement, d’exercice d’activités, d’avancement, d’accès à l’honorariat et de radiation du personnel de la réserve militaire.

• Fait on du renfort en PSIG, ... ?

Il est tout à fait possible de faire des renforts dans la réserve opérationnelle de la gendarmerie en PSIG, BT nuit et jour, COG, transfèrement, ...

Le groupement et le gestionnaire réserve décide de votre emploi dans telle ou telle unité. Les paramètres pris en compte peuvent être de différentes natures (sérieux, maturité, motivations, avis des actives, niveau de compétence, ...)

• Ai je droit au tarif militaire pour le transport ?

Dans le cadre d’un renfort, formation, ..., la gendarmerie vous fournit un Bon Unique de Transport qui vous permet de bénéficier de tarifs avantageux (voire gratuit) de la gare SNCF la plus proche de votre domicile à celle la plus proche du lieu de convocation.

En dehors, vous ne disposez d’aucun dispositif avantageux.

• Étant policier, douanier, ... puis je intégrer la réserve ?

Les policiers municipaux, nationaux, douaniers, fonctionnaires de l’administration pénitentiaire peuvent rentrer dans la réserve de la gendarmerie.

Toutefois, il est à noter qu’il faudra que le policier national devra se renseigner plus tard sur la compatibilité réserve de la gendarmerie et la réserve de la police nationale.

• Quel est la limite d’age des réservistes ?

Selon l’article 5 de la loi n°99-894 du 22/10/1999 portant organisation de la réserve militaire et du service de défense, la limite d’age sont celles des cadres d’active définies par le statut général des militaires augmentée de 5 ans, sauf pour les militaires du rang qui, elle est à 40 ans actuellement.

Il est question de l’augmenter, le projet de loi ayant été déposé à l’Assemblée Nationale, attend d’être discuté.

Pour la gendarmerie :

- D’Aspirant à Lieutenant-Colonel, la limite d’age est de 57 ans.

- Pour le Colonel, la limite d’age est de 63 ans.

- Pour le Lieutenant-Colonel, la limite d’age est de 62 ans.

- Pour les chefs d’escadron, la limite d’age est de 61 ans.

- Pour le major, la limite d’age est de 61 ans.

- Pour les Capitaine, Lieutenant, Aspirant et de maréchal des logis à
Adjudant-Chef, la limite d’age est de 60 ans.

• Étant Maréchal des Logis de réserve, quelle doit être ma tenue ?

L’article 19 de la loi portant statut général des militaires stipule que le grade de sergent (équivalent à Maréchal des Logis) est un sous-officier.
De ce fait, c’est pantalon à bande, galonnage or et képi couleur or.

• Peut-on intégrer la réserve après avoir démissionné d’ESOG ?

Il est tout à fait possible d’intégrer la réserve après avoir démissionné d’ESOG.

Pour cela, il faut se rapprocher de sa cellule réserve local (il en existe une par département et se trouve en général au Groupement)

Le grade lors de l’engagement dépendra du temps passé en ESOG.

[Source : resgend.fr]

Paris s’éveille ne reculant devant aucune facétie, voici les explications du général qui commande ce bins :

Exposé du général DANEDE, délégué aux réserves de la gendarmerie, le 20 Novembre

Nos remerciements respectueux au général DANEDE, délégué aux réserves de la Gendarmerie Nationale, pour avoir autorisé R.E.S.GEND à publier la teneur de son exposé lors de l’assemblée générale de l’association.

« Je tiens tout d’abord à rendre hommage au travail fourni par mon prédécesseur, le général CROUVIZIER qui a œuvré pendant plusieurs années pour que la réserve de la gendarmerie nationale acquière un haut niveau de performance.

RÉSERVE OPÉRATIONNELLE

Je voudrais également vous dire au nom du directeur général, dont le souhait d’être présent a été contrarié par un emploi du temps très contraint, que, pour lui, la réserve est indissociable de la performance de la gendarmerie.

Avec la R.G.P.P. (révision générale des politiques publiques), il est effectivement exact que les effectifs de la gendarmerie ont diminué de mille personnels par an.

• La situation est identique pour la réserve, dont l’effectif a été ramené en 2010 à 24.000, avec un budget qui atteint 40 millions d’euros.

Mon objectif est de relancer la croissance des effectifs en recrutant, peu ou prou, 3000 réservistes supplémentaires par an.

Il faut une dynamique de recrutement de jeunes de 18 à 25 ans pour la réserve opérationnelle, ainsi que de réservistes citoyens pour participer à l’ancrage de la gendarmerie sur le territoire.

Le cursus de formation des officiers de réserve a été refondu : trois semaines à Saint Astier et une semaine à Melun. Il faut maintenant mettre en place un véritable cursus de carrière pour ces jeunes officiers.

Concernant l’emploi, le critère est simple : en unités, sur le terrain, aucune différence avec l’active.

Il ne s’agit pas de supplétifs, mais de renforts.

Exemple : douze escadrons de réserve de mobile ont été mis sur pied et employés à l’occasion du tour de France.

Pour l’année 2011, la participation des réservistes devrait être importante lors du G 8 et du G20.

Dorénavant,dans l’ordre initial de tout responsable de la gendarmerie, dans le paragraphe « avec qui », les réservistes sont systématiquement inclus. Le réserviste participe pleinement à la manœuvre.

Je tiens à préciser que le point moyen de disponibilité est de vingt-huit jours.

• RÉSERVE CITOYENNE

La réserve citoyenne est une composante de la réserve militaire de la gendarmerie. Elle participe à l’ancrage fort de la gendarmerie dans les territoires. Un officier de la réserve citoyenne peut être considéré comme une personne « honoris causa » de la gendarmerie. Il n’agit pas dans les mêmes domaines qu’un officier de la réserve opérationnelle. Par exemple, lorsqu’un sénateur qui est colonel de la réserve citoyenne participe à un débat sur la gendarmerie nationale, il est certain qu’il est très motivé.

L’objectif est de disposer d’une réserve citoyenne de grande qualité . Il faut valoriser notre réserve citoyenne qui, en retour, valorise l’image de notre institution dans la société.

• RAPPROCHEMENT GENDARMERIE-POLICE AU SEIN DU MINISTÈRE DE L’INTÉRIEUR

Rien n’est facile quand cent mille personnes arrivent dans un nouveau ministère. Mais la gendarmerie a pris toute sa place et occupe un certain nombre de postes de responsabilités. Il faut donc continuer à progresser en préservant l’identité de notre institution.

Après cet exposé, le général s’est livré au jeu questions-réponses.

Question : On ne peut pas utiliser notre qualification d’APJA (agent de police judiciaire adjoint).

Réponse : Cette question va se régler rapidement dans le cadre de la LOPPSI 2.

Question : Quelles sont les éventuelles passerelles gendarmerie-police ?

Réponse : Ces passerelles sont en cours d’élaboration. Elles font l’objet d’une grande attention de la part du directeur du personnel et devraient se concrétiser dans le courant de l’année 2011.

Question : La protection sociale.

Réponse : Cette question est actuellement travaillée au niveau du ministère de la Défense, la gendarmerie participe aux travaux. Si le réserviste est considéré comme un actif quand il est convoqué, il est cependant toujours sous la protection de sa sécurité sociale. C’est là où se pose le problème.

Il est toutefois toujours conseillé de souscrire une assurance complémentaire. Même si le réserviste est totalement intégré dans le système de protection sociale de la Défense, le sujet reste complexe.

Question : La sélection pour les P.M.G. est-elle prévue plus sévère ?

Réponse : La préparation militaire gendarmerie est menée au niveau de la région. La motivation des candidats est réelle. C’est l’emploi qui fait ensuite la fidélisation. Il est important que la sélection soit sévère surtout sur le plan de la moralité. La population des réservistes est hétéroclite (PMG, anciens gendarmes… certains travaillent, d’autres pas), sa variété fait sa qualité et ses défauts. Je ne pense pas qu’il faille une sélection plus drastique, ces jeunes viennent pour servir leur pays, avec des motivations diverses, il faut savoir, et c’est le rôle des plus anciens, les guider et les former.

Question : En Ile-de-France, peu de réunions sont organisées avec l’active, de même qu’entre sous-officiers et officiers. Les gens ne connaissent pas leur conseiller-réserve.

Réponse : Je suis surpris de cet état de fait, je vois dans deux jours le commandant de région, j’aborderai ce sujet avec lui.

Question : Une solution pour améliorer la situation ne serait-elle pas d’établir l’autorité des conseillers-réserve sur ceux des unités subordonnées ? Ceci permettrait de favoriser la nomination de conseillers-réserve motivés, dynamiques et disponibles…

Réponse : Identique à la précédente.

Question : La réserve citoyenne ?

Réponse : Elle devient largement indispensable, surtout en ces périodes troublées. Le problème de la tenue est en cours d’étude. On sait que le besoin de reconnaissance est très fort, mais il s’agit d’un problème assez difficile à résoudre dans l’immédiat.

Question : Les associations ?

Réponse : Il existe quatre associations de réservistes de la gendarmerie. Mon action sera de fédérer ces forces, car toutes doivent agir dans la même direction.

Question : Peut-on envisager des tests psychologiques pour les réservistes, comparables à ceux de l’active ?

Réponse : Cette question a été largement débattue, mais elle a un coût. Il y a donc un seuil de rentabilité, on ne peut pas tout faire. Mais il est sûr que l’on doit l’envisager.

En conclusion, il faut garder présent à l’esprit que le but premier de la réserve militaire de la gendarmerie est de maintenir le lien armées-nation et d’être employée en appui de l’active."

(Recueilli par le colonel (h) SOBOL)

[Source : resgend.fr]