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Les députés italiens ont adopté jeudi 14 mai une loi controversée sur la sécurité intérieure et l’immigration selon l’AFP. La dite loi va durcir la lutte contre l’immigration clandestine et placera l’Italie parmi les pays européens les plus sévères en la matière.

Mercredi, le gouvernement de droite de Silvio Berlusconi a dû remporter un vote de confiance pour faire passer le texte. Le vote a été acquis par 297 voix contre 255 avec 3 abstentions. Le projet de loi crée un délit « d’immigration et de séjour » clandestins. Ainsi l’entrée ou le séjour illégal sur le territoire italien est passible d’une amende de 5000 à 10 000 euros. En plus de cette amende, la durée de rétention des immigrants augmente. Elle passe de deux à six mois. De même, toute personne reconnue coupable d’avoir hébergé ou loué un logement à des clandestins risque jusqu’à trois ans de prison. Une disposition très contestée a quand même été retirée du projet. Elle prévoyait une obligation pour les médecins, directeurs d’école et facteurs de dénoncer les immigrants clandestins.

L’adoption de cette loi par les députés est une petite victoire pour Silvio Berlusconi. Le président du Conseil italien l’avait annoncée selon « Le Monde » lors de la dernière campagne électorale. Il reste seulement l’étape du Sénat – où le « Cavaliere » dispose d’une confortable majorité – avant l’entrée en vigueur de la loi controversée. « Nous fermons les portes (de l’immigration) et nous ne les entrouvrons que pour ceux qui viennent pour travailler et s’intégrer », a résumé à l’AFP, jeudi le chef du gouvernement.

La loi voulue par la droite italienne prévoit une autre mesure jugée « emblématique » par l’AFP. Elle permet aux « associations de citoyens » d’effectuer des patrouilles pour signaler aux forces de l’ordre des atteintes à l’ordre public. Toujours sur le plan de la sécurité intérieure, elle prévoit également l’enregistrement des sans domicile fixe. Après son approbation – qui ne fait plus de doute – tout immigrant régulier devra payer 200 euros pour obtenir la nationalité italienne. L’obtention et le renouvellement du titre de séjour seront cautionnés au versement d’une somme allant de 80 à 200 euros.

Le vote du jeudi intervient au moment où la péninsule est critiquée dans toute l’Europe pour ses mesures extrêmes en matière d’immigration. Il y a quelques jours seulement que le pays a refoulé vers la Libye et ce, à deux reprises, des embarcations chargées de clandestins qu’il a secourus ou interceptés en mer. En Italie même, la gauche et les associations de défense d’immigrants parlent de « retour à la logique des lois raciales de l’époque de Mussolini ». D’autres voix s’élèvent ailleurs. Pour le Haut commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR), cité par « Le Point », « c’est une violation de la loi européenne ».

Berlusconi assure à l’AFP que 76% des Italiens soutiennent la position de son gouvernement sur l’immigration. L’année dernière, près de 36 000 migrants sont arrivés en Italie depuis l’Afrique via l’île sicilienne de Lampedusa ; un chiffre en hausse de 75 % par rapport à 2007 selon les autorités italiennes. Rome justifie ainsi sa position par ces “arrivées massives”…

Source : http://www.yabiladi.com/article-politique-1755.html