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Le Camp de rétention administrative (CRA) du Mesnil-Amelot, en Seine-et-Marne, a été le théâtre d’incidents, samedi 2 août.

Deux départs d’incendies ont eu lieu alors qu’une manifestation de soutien aux sans-papiers se tenait devant le bâtiment.

Selon la préfecture de Seine-et-Marne, « des retenus ont tenté de mettre le feu à des éléments de literie » de deux chambres différentes en fin d’après-midi.

« A la suite de l’intervention rapide des gendarmes et des pompiers, les dégâts se limitent à trois matelas brûlés », a ajouté la préfecture.

Des militants ont manifesté devant le centre, samedi de 16 heures à 18 h 30, pour la destruction des CRA, la libération ainsi que la régularisation des retenus et des sans-papiers.

Suite aux incidents à l’intérieur du centre, la préfecture a accusé « une vingtaine de manifestants » appartenant à l’association SOS Sans-papiers d’avoir incité les détenus à se révolter.

Pour Rodolphe Nettier de SOS Soutien aux sans-papiers, « s’il y a eu émeutes et incendie (...) c’est uniquement parce que les forces de l’ordre empêchaient [les retenus] de manifester et donc d’avoir accès à leurs droits fondamentaux ».

« Tentatives de suicide et automutilations sont monnaie courante » dans le CRA depuis plusieurs mois et « c’est pour dénoncer cette situation que l’association SOS soutien aux sans papiers a organisé un rassemblement » devant le centre, a également répondu l’association dans un communiqué.

Communiqué de presse de SOS SOUTIEN AUX SANS PAPIERS

Mesnil Amelot

L’armée, qui est en charge de la sécurité des prisonniers du centre d’internement du Mesnil-Amelot, est une nouvelle fois en train de réprimer violemment un mouvement de protestation.

Les prisonniers ont entendus hier faire une action symbolique et massive en entamant tous une grève de la faim illimitée.

L’armée a alors pris prétexte d’un départ de feu, d’origine indéterminée, pour gazer et matraquer les sans papiers et les empêcher de s’exprimer. Les drames sont quotidiens depuis 6 mois au centre d’internement administratif du Mesnil-Amelot : tentatives de suicide et auto mutilations sont monnaie courante. C’est pour dénoncer cette situation que l’association SOS soutien aux Sans Papiers a organisé un rassemblement devant le centre ce samedi 2 aout 2008.

Après la rafle de militants de la porte de la Chapelle du 26 juillet, les autorités ont empêchés la tenue d’une manifestation régulièrement déclarée.

C’est la seule présence des manifestants hier qui a permis, pour une fois, de lever la chape de béton pesant sur la répression.

Les Sans Papiers ont voulus rappeler que, loin d’être une charge pour l’économie française, ils contribuent à son dynamisme, plus que les rentiers et les rombières de Neuilly et de Vichy.

Les prisonniers du Mesnil-Amelot demandent leur libération immédiate afin que la France ne puisse plus être montrée du doigt par l’ONU pour son mépris des droits de l’homme !

SOS SOUTIEN AUX SANS PAPIERS

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« La politique injuste du gouvernement crée des situations dangereuses tout à fait inacceptables, qui provoquent la révolte légitime des étrangers et de ceux qui défendent leurs droits », a déclaré le Parti socialiste dans un communiqué.

Le porte-parole de l’UMP Frédéric Lefebvre a de son côté pointé dimanche « l’incitation à la violence par un collectif d’extrême gauche », estimant que le Parti socialiste a fait preuve d’un « attitude totalement irresponsable en soutenant la violence et le non-respect de la loi ».

[Source : Le Monde | AP | SOS]


Le CRA du Mesnil-Amelot, qui est situé en bout de piste de l’aéroport de Roissy, avait déjà connu des troubles pendant l’hiver 2007, lorsque des retenus avaient entamé une grève de la faim pour protester des conditions de rétention « indignes ».

Un cahier de doléance avait alors été rédigé, dénonçant un manque d’hygiène dans les sanitaires, des arrestations « arbitraires », des conditions de rétention « indignes », des fouilles « humiliantes » ou encore des comptages de nuit répétés.