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PARIS, 4 août 2008 (AFP) - Le ministre de l’Immigration, Brice Hortefeux, annonce lundi avoir saisi la justice d’une plainte contre l’association « SOS-Soutien O Sans-papiers » et ses membres, pour leurs responsabilités dans l’incendie samedi du centre de rétention administrative (CRA) du Mesnil-Amelot (Seine-et-Marne).

Cette plainte est déposée pour « provocation à la destruction, dégradation et détérioration volontaire dangereuse pour les personnes », explique le ministre dans un communiqué.

« Je n’accepte pas qu’un groupuscule d’extrême gauche, »SOS-Soutien O Sans Papiers« , ait pu appeler à la destruction par le feu du centre de rétention administrative du Mesnil-Amelot, je n’accepte pas que l’un des membres de ce groupuscule, M. Rodolphe Nettier, puisse impunément déclarer, dans les colonnes d’un quotidien, que ++ Notre mot d’ordre, c’est de brûler les centres, on assume puisque c’est de la légitime défense en réponse à la violence des autorités qui enferment des gens qui n’ont rien fait++ » écrit le ministre.

Deux débuts d’incendie, vite maîtrisés, avaient éclaté samedi au CRA du Mesnil-Amelot, lorsque « des retenus ont tenté de mettre le feu à des éléments de literie », avait expliqué la préfecture de Seine-et-Marne dans un communiqué. Celle-ci a estimé que ce « mouvement (avait) été incité de l’extérieur par une vingtaine de manifestants d’un collectif de soutien aux sans papiers ».

Pour Rodolphe Nettier, « s’il y a eu émeutes et incendie (...) c’est uniquement parce que les forces de l’ordre empêchaient (les retenus) de manifester et donc d’avoir accès à leurs droits fondamentaux ».

Lundi, le tribunal correctionnel de Meaux (Seine-et-Marne) a partiellement relaxé deux sans-papiers accusés d’avoir mis le feu à leur matelas samedi au centre de rétention du Mesnil-Amelot, mais la garde des Sceaux a demandé au parquet de faire appel. Ahmed Bouhlel et Khaled Troudi ont été relaxés « au bénéfice du doute » du chef de dégradation par un moyen dangereux mais ils ont en revanche été reconnus coupables de séjour irrégulier et condamnés à un an d’interdiction du territoire.

jag/sd