L’information au jour le jour sur le quotidien des sans-papiers.

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Dans cette tâche laborieuse des quotas
à mettre en place, des forteresses à
ériger, des avions et des bateaux à
affréter, des polices à mobiliser pour
les expulsions de sans-papiers,
Hortefeux et les 26 sinistres européens
seront accompagnés de 200 personnes
(députés, sénateurs, représentants
du comité économique et social
européen, représentants des
régions...)... Des « propres sur eux » de
droite comme de gauche.

Depuis l’avènement de Nicolas
Sarkozy, toute allusion, tout rapprochement
entre son gouvernement et
celui de l’An 1940 du Maréchal
Pétain est répréhensible.

Celles et ceux qui osent rapprocher
les deux époques sont susceptibles
d’être conspués, poursuivis par la
Police, condamnés par la Justice...

En convoquant ce sommet à Vichy,
ville symbole du gouvernement pétainiste
et de cette sombre époque de
chasse à l’intru, c’est Hortefeux luimême
qui provoque les rapprochements.
Tout comme Sarkozy, qui
jaquetait pendant sa campagne que
« le travail rend libre ». C’est cette
phrase qui était au fronton du camp
nazi d’Auschwitz, en Pologne. Ce
n’est pas nous non plus qui avons
repris le principe de la « rétention de
sûreté » chère à Rachida Dati en
2007, promulguée par ailleurs par
Adolf Hitler en novembre1933.

Nous vivons une période nauséabonde
où la politique xénophobe des États
européens rappelle celle où le racisme
était clairement revendiqué, alors...
Rassurons-les quand même. S’ils ne
s’étaient pas réunis à Vichy pour ce
sommet, ont les auraient allumé aussi.
Mais devant cette provocation
vichyste, notre mot d’ordre est « à
l’abordage ».

  VICHY, TRAVAIL-FAMILLE-PATRIE

Hortefeux va ainsi consolider le symbole
que représente cette ville par
rapport à la politique de collaboration avec le régime nazi et de la criminalité
étatique des politiques anti-étrangers.
Cette dénomination du « Ministère
de l’immigration et de l’Identité
Nationale » aurait sûrement satisfait
le gouvernement Pétain, installé dans
l’hôtel du Parc.

C’est dans cette ville que fut décidée
et mise en oeuvre la politique de
collaboration avec le régime nazi. Elle
s’est traduite, entre autres, par l’internement
en France puis la déportation
dans les camps de concentration de
milliers de personnes sous prétexte
qu’elles étaient juives, espagnoles ou
italiennes, antifascistes, homosexuelles,
tziganes, handicapées, communistes,
anarchistes, résistantes...

C’est de cette ville que, comme les
autres fonctionnaires, Papon recevait
les ordres pour organiser les déportations
de personnes à Bordeaux.
C’est de cette ville que fut dirigée la
Milice française.

Comment alors ne pas faire le lien
entre la politique de Vichy et celle
du gouvernement de Sarkozy, du
moins concernant le traitement des
immigrants ?

  VICHY, MINISTÈRE EUROPÉEN DES EXPULSIONS

Comment accepter de laisser pavoiser
tranquillement les 27 patrons de la
chasse à l’immigré ?

Le ministre italien organise le
fichage des Roms, puis après quoi ? Le
ministre français organise les rafles
d’étrangers, puis après quoi ? On sait
toujours où commence un outil de
répression, on ne sait jamais où et
quand il se termine.

Pour exemple, le camp de Rivesaltes,
fermé depuis 2007. Cet ancien camp
militaire a été transformé en camp
’’d’accueil’’ pour les réfugiés espagnols.
Ensuite, le gouvernement de
Vichy y enferma des Juifs... En attendant
leur déportation. Puis arrivèrent
les prisonniers de guerre allemands et
italiens. Pendant la guerre d’Algérie, des Algériens y furent également
internés. De 1962 à 1977 des Harkis y
furent ’’accueillis’’ etc. De 1986 à
2007, ce camp a été transformé en
Camp de Rétention Administrative
(CRA). Pendant ces années, de nombreux
sans-papiers y ont été retenus
en attendant leur expulsion. Fin 2007
alors que les camps de « rétention » se
multiplient, le centre a été déménagé
car un Musée-Mémorial de « repentance »
est en cours de construction sur
le site. Les sans-papiers enfermés y
seront-ils oubliés ?

Nous avons déjà assez supporté la
vindicte policière, le racisme latent
des gouvernants et leur cynisme, les
conditions inhumaines de rétention,
la double peine...

Il faut dire non et nous mobiliser
contre cette conception du monde
qui conduit à faire mourir des milliers
de gens lorsqu’ils tentent de rentrer
dans l’espace Schengen et à en traquer
les rescapés. Il faut briser la
machine à expulser !

  VICHY YA BASTA !

On ne pourra jamais empêcher des
hommes et des femmes de vouloir
émigrer et peu importe les raisons qui
les poussent : misère, guerre, famine,
épidémie, catastrophe naturelle,
amour... Cessons cette démagogie qui
consiste à dire qu’on va fermer les
frontières : cela conduit à une chasse
inhumaine, et c’est impossible ! De
plus la clandestinité profite aux
patrons.

Des travailleurs sans-papiers ont
entamé un mouvement de grève avec
occupation des lieux de travail afin
d’être régularisés. Cette lutte rend
visible le fait que les sans-papiers ne
sont pas essentiellement des gens qui
se cachent par peur du gendarme,
mais des êtres humains essayant de
vivre dans les conditions imposées par
l’exploitation capitaliste. Cette survie
est d’autant plus dure que leur statut administratif ne leur donne aucun
droit, si ce n’est celui de payer des
impôts, des charges sociales (sécurité
sociale...), avec en bonus la peur de
croiser les flics à chaque coin de rue.
Les sans-papiers sont instrumentalisés
pour renforcer la précarité et donc de
faire pression sur le marché du travail
en faveur des capitalistes. En outre la
chasse aux sans-papiers permet de
mettre en place un arsenal législatif
de plus en plus répressif. Cela légitime
le renforcement du contrôle de la
population (fichage...). Ainsi, lutter
contre l’exclusion sociale, précarité,
la restriction de la liberté individuelle
suppose de se mobiliser pour la régularisation
globale de tous les sans-papiers.

Depuis près de 5 ans, le Réseau
d’Education Sans Frontières, récemment
accusé, comme d’autres, par le
gouvernement d’être dangereux pour
l’ordre public, montré que les sanspapiers
peuvent être aussi des parents
d’élèves, des élèves ou des étudiants.
Ce réseau se mobilise pour que des
enfants et jeunes majeurs puissent
poursuivre leur scolarité sans qu’ils
vivent dans la crainte de l’expulsion
de leurs parents et donc d’eux-mêmes.
Il en va de même pour les étudiants
recevant des Obligations à Quitter le
Territoire Français.

De même, des collectifs tentent de lier la
lutte des sans-papiers avec celle
pour l’obtention de logements aussi bien
pour des personnes en situation
régulière (de nationalité française ou
étrangère) qu’irrégulière (sans-papiers).

Les sans-papiers ne sont ni des quotas,
ni des hordes fantomatiques de parasites,
ni des criminels en papiers, ce que veulent nous faire admettre les Étatspuissances
capitalistes. Ce sont des
hommes, des femmes, des enfants
essayant de vivre au sein de la société
européenne(...). La lutte antiraciste,
comme la lutte sociale, inévitablement
par cette prise de conscience
traduit concrètement par la convergence
des luttes.

Dès aujourd’hui, il faut se mobiliser
devant les ministères, les préfectures,
les camps de rétention, les ports &
aéroports, les commissariats, les administrations...

Pour dire non à la xénophobie de
l’État !

Pour la fermeture et la destruction des
camps de rétention

Pour la liberté d’installation
et de circulation

Pour l’ouverture des frontières !

Pour des papiers pour tous et toutes !

Nous appelons à propager la protestation
contre la tenue de ce sommet
et la politique qui l’inspire.

Nous appelons donc à faire circuler et
diffuser ce texte et à le signer.

Nous appelons les personnes et les
organisations locales, nationales voire
européennes à s’unir pour faire campagne
conjointe.

Nous appelons à des actions de protestations.

Nous appelons notamment à rendre
visible le rapprochement malheureusement
facile entre Vichy et la politique
anti-migrants actuelle.

Nous appelons aussi à perturber et
bloquer de partout les préfectures et
autres organes de gestion des étrangers
les 3 et 4 novembre prochains.

Collectif de Soutien aux Demandeurs d’Asile
et aux Sans Papiers

06 34 19 64 98/ csdasp37@no-log.org