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Jean-Marie Matagne, président de l’Action des citoyens pour le désarmement nucléaire, a mis un terme à sa grève de la faim en faveur d’un référendum sur la question de la bombe atomique, après 42 jours de jeûne, en même temps que Luc Dazy, lui au 25e jour.

Notons que l’information sur cette grève de la faim de 42 jours n’aura pas beaucoup circulé… Ni la presse l’aura répercutée, ni même google, qui ne donnait pas plus de trois réponses pour « Jean-Marie Matagne », au 42e jour de grève de la faim, à l’heure où celui-ci se rendait à l’Elysée pour tenter d’obtenir audience.

Image : Pressenza Archivo Au 41e jour, Matagne se taillait pourtant un franc succès au « conseil fédéral » d’EELV, lequel adoptait à la quasi unanimité une résolution reprenant mot-à-mot la revendication de l’ACDN – pour un référendum. Et Pascal Durand, élu secrétaire national le même jour, était là, à la conférence de presse de ce 42e jour, pour signifier cette prise de position.

A l’Elysée, les grévistes de la faim auront été même empêchés de déployer leur banderole large d’à peine de deux mètres, réclamant l’« Abolition des armes nucléaires » – de même que France 3 a été interdit de filmer ce mini-rassemblement Faubourg Saint-Honoré.

Depuis 42 jours, Jean-Marie Matagne avait déjà eu l’occasion d’écrire à la Présidence de la République. D’autant qu’il aura engagé sa grève de la faim en réaction aux prises de position de François Hollande en faveur de la continuation de la politique française dite de « dissuasion atomique ».

S’en était-on avisé ? Il fallait lire jusqu’au bout les soixante « engagements pour la France » pris par le candidat socialiste, pour trouver ce soixantième point :

“Je maintiendrai une ambition nationale élevée pour notre outil de défense… Je fixerai un cap à nos forces armées, en conservant les deux composantes de notre dissuasion nucléaire…”

Message technique : les « deux composantes » de la dissuasion, ce sont d’une part les sous-marins, eux-mêmes à propulsion nucléaire, lanceurs de missiles porteurs de têtes nucléaires, et d’autre part les forces aériennes, porteuses des mêmes engins de destruction massive.

En clair, le candidat Hollande s’est engagé à maintenir tel quel le dispositif français, celui-là même dont l’ancien premier ministre Michel Rocard a pu dire qu’il coûte 16 milliards, et qu’un ancien ministre de la Défense, Paul Quilès, dénonce comme reposant sur des… mensonges.

Mieux : l’éléphant mitterrandien titre son livre : Nucléaire : un mensonge français… Ministre de la Défense, en 1985-86, responsable des des questions de la Défense au Parti socialiste de 1995 à 2008, président de la commission de la Défense à l’Assemblée nationale de 1997 à 2002 – certainement une des personnes les mieux informées sur la question.

On apprend, au passage, qu’il n’y aurait pas seulement un ancien ministre de la Défense (d’avant la chute du mur de Berlin, tient-il à préciser), mais… des militaires. Ceux-ci défendent le point de vue simple que s’il s’agit de rogner les budgets, autant que cela se fasse au détriment de cette arme excessivement chère qui ne sert à rien. C’est ce qui s’impose si on veut pouvoir assurer effectivement des fonctions militaires, comme en Afghanistan ou en Libye, ou n’importe quelle autre, qui toutes demandent d’autres moyens que cette arme dont la finalité est le non-emploi.

Faut-il préciser que si ce « non emploi » est la seule chose souhaitable, il n’est pas pour autant garanti… On est automatiquement exposé, ne serait-ce que du fait de la prolifération à laquelle on participe d’abord en fabriquant toujours de nouvelles bombes, puis en exportant les bases de ce savoir faire sous couvert de nucléaire civil. Mais notre plus grand crime, on le commet en légitimant, pis en banalisant non seulement le fait d’en avoir, mais l’usage qu’on peut en faire. La doctrine française aura poussé l’ignominie au plus loin, sous Chirac, lorsque celui ici osera l’étendre, par exemple aux voies d’approvisionnement de pétrole – en défense de nos intérêts vitaux...

Il faut en finir avec les budgets militaires dans leur ensemble, et travailler à la résolution des conflits par d’autres moyens. Déployer l’intelligence plutôt que la force… (Ainsi, en Afghanistan, mettre en œuvre, d’urgence, le projet Poppy for medecine qui permettrait à ce pays de produire de la morphine d’hôpital. L’opium aujourd’hui acheté au paysans afghans par les Talibans pour se financer en alimentant le marché mondial de l’héroïne, trouverait un autre débouché, lui légal. Leur serait retiré “le nerf de la guerre”...)

Mais, sans attendre, il faut en finir avec la bombe.

Paris s’éveille

L’impossible débat sur la dissuasion nucléaire

Aussitôt ouvert, aussitôt refermé. A peine Michel Rocard a-t-il suggéré mardi dernier de renoncer à la dissuasion nucléaire pour faire des économies que François Hollande a clos tout débat sur la question. « Renoncer à la dissuasion nucléaire pour des raisons d’économie budgétaire n’est pas aujourd’hui la position de la France », a répondu le président. Jean-Yves Le Drian a porté l’estocade : « La dissuasion est un élément déterminant de notre sécurité. C’est le cas depuis qu’elle a été créée par le général de Gaulle », a rappelé le ministre de la Défense. Michel Rocard a bien trouvé une oreille attentive chez les Verts et les communistes, mais rien n’y a fait. Dans une belle unanimité, ténors du PS et de l’UMP ont rejeté la proposition de l’ancien Premier ministre socialiste, qui n’en était d’ailleurs pas à son premier essai sur le sujet. La conclusion s’impose d’elle-même : en France, la dissuasion reste taboue, et circonscrite à un cercle très fermé de décideurs politiques et militaires pour qui toute remise en cause confine à l’hérésie. S’attaquer au symbole suprême de la souveraineté nationale, c’est courir aussitôt le risque d’un procès en « irresponsabilité »... L’ancien ministre socialiste de la Défense Paul Quilès parle même d’une « véritable omerta ».

Il est vrai que la dissuasion nucléaire est un sujet d’une rare complexité. Sensible par nature – une arme de destruction massive d’ultime recours – et régi par une doctrine d’emploi ultrasecrète. Ou plutôt de non-emploi, car – comme son nom l’indique – elle est faite pour empêcher un ennemi de s’en prendre aux intérêts vitaux français. Le ferait-il que les conséquences encourues seraient pires que le mal qu’il aurait provoqué. La dissuasion, c’est donc bien l’assurance-vie de la nation, et « on ne fait pas d’économies sur son assurance-vie », affirme Jean-Yves Le Drian.
Pas d’économie ? Pas si sûr, mais pour s’en convaincre, encore faut-il accepter d’ouvrir un débat contradictoire, en évitant bien sûr de déballer sur la place publique des éléments qui n’ont pas à y être, tout en arrêtant d’asséner des contrevérités qui ont cours depuis trop longtemps. Après tout, débattre, ce n’est pas forcément être contre. Il suffit pour s’en convaincre de regarder ce qui se passe au Royaume-Uni entre conservateurs et libéraux-démocrates.

En France, la dissuasion repose sur deux composantes : océanique avec quatre sous-marins lanceurs d’engins (SNLE, dotés des missiles M51, dont un en permanence en mer), et aéroportée avec deux escadrons de Rafale (missiles ASMP-A). A chacun son rôle. Les avions peuvent envoyer un ultime avertissement avant de délivrer le feu nucléaire puisqu’ils sont « visibles » de l’ennemi. Les sous-marins, eux, sont indétectables et peuvent frapper n’importe quel point de la planète. Il n’y a pas de chiffre officiel de la facture, mais on estime que, tout compris, la dissuasion absorbe environ un quart des dépenses d’équipements chaque année, soit entre 3 et 3,5 milliards d’euros. Rapporté à l’échelle du budget de l’Etat, c’est peu. A celle du ministère de la Défense, c’est beaucoup.
Comme ni la gauche ni la droite n’ont jamais remis en cause son principe, la dissuasion bénéficie d’un privilège rare : ses crédits sont « sanctuarisés », selon l’expression consacrée. En clair, la Direction générale de l’armement (DGA) est priée de régler, quasiment sans sourciller, les factures que lui présentent le Commissariat à l’énergie atomique (CEA) et tous les industriels impliqués. De source industrielle, « impliquée » justement, on reconnaît que les marges pratiquées sont rondelettes. Autrement dit, sans aller jusqu’à tout supprimer comme le propose Michel Rocard, on peut déjà faire des économies, quitte pour cela à lancer une opération vérité sur les prix fournisseurs.

En attendant, le candidat Hollande n’a pas dérogé à la règle : rappelant que la dissuasion était « indissociable » du statut de « grande puissance » de la France (en clair, de sa place à l’ONU), il s’est prononcé pour le maintien des deux composantes. La dissuasion restera donc sanctuarisée. De toute façon, affirment les défenseurs de l’arme atomique, ne conserver que la composante océanique, par exemple, n’induit pas d’économies. Pourquoi ? Parce que les Rafale et les missiles ASMP-A ont été développés, livrés, et donc payés. C’est évidemment faux. Supprimer la composante aéroportée reviendrait à passer par pertes et profits des milliards investis. Mais ce serait aussi économiser les milliards nécessaires à l’entretien d’une flotte d’avions sur au moins deux décennies.

Le statu quo prôné par François Hollande aura, lui, des conséquences financières bien concrètes : car, réduction des déficits oblige, les crédits militaires vont nécessairement baisser. Comme la dissuasion est sanctuarisée, cela signifie qu’il y aura moins d’argent pour le reste – blindés, drones ou encore navires –, ce dont les soldats ont besoin quand le politique les envoie au feu. Autre point qui mériterait débat : la dissuasion nécessite d’anticiper très longtemps à l’avance son renouvellement. La DGA a d’ailleurs commencé à financer des études sur ce thème auprès d’EADS et de DCNS. Ces dernières vont absorber dans les prochaines années une très grosse part des crédits, déjà bien maigres, de recherche militaires. Là encore, au détriment du reste, même si les retombées de la recherche nucléaire irriguent au-delà de la dissuasion.

Il y a un autre engagement qui risque de coûter cher. Toujours dans la continuité de Nicolas Sarkozy, François Hollande a confirmé lors du sommet de l’Otan de Chicago la participation de la France au projet de défense antimissile poussé par les Américains. Le président assure que son feu vert est assorti de conditions, notamment que la facture ne dérape pas. Qui peut croire que ce ne sera pas le cas vu la complexité du sujet ? Le problème, c’est que la France s’est mise dans une seringue dont elle n’aura sans doute pas la force politique de se sortir. Il faudra donc payer. Tout comme la dissuasion, un débat contradictoire eut été utile, sans préjuger de ses conclusions. A quoi bon refaire un nouveau Livre blanc de la défense si une partie est déjà écrite...

Écrit par Alain Ruello, chef adjoint du service Industrie aux « Echos »

[Source : Les Echos]

Réception à l’Elysée : les jeûneurs refoulés par la police.

Une équipe de France 3 interdite de filmer !

le 25 juin 2012

On leur avait promis qu’ils seraient reçus à l’Elysée. Ils sont venus de Saintes. Ils n’ont pas été déçus du voyage. Ils ont eu droit à un comité d’accueil bleu marine.

SOIR 3 édition du 25 juin 2012

http://www.pluzz.fr/soir-3-poitou-charentes-2012-06-25-22h50.html

Lundi matin, 25 juin, à l’issue d’une conférence de presse à laquelle a participé le nouveau secrétaire national d’EELV, Pascal Durand, une délégation composée de trois adhérents d’ACDN : Jean-Marie Matagne, président, en grève de la faim depuis le 15 mai dernier, Luc Dazy, en grève de la faim depuis le 1er juin, et Eric Bastin, porte-parole national de « Monde sans Guerres et Sans Violence », a voulu se présenter à la porte de l’Elysée où elle devait être reçue à 11 heures, d’après une communication téléphonique de la Préfecture de La Rochelle datant de samedi matin. Ils étaient accompagnés de quelques journalistes, dont une journaliste et un caméraman de France 3 National.

Ils sont interceptés à l’angle de la Rue du Faubourg Saint Honoré et de la Rue des Saussaies, à une petite centaine de mètres de l’entrée de l’Elysée, par une dizaine de policiers en uniforme à fourragère. Ceux-ci les empêchent de continuer leur route sur le trottoir, au contraire des autres passants, contrôlent leurs identités, exigent qu’ils replient une banderole de 2 mètres où il est écrit « Abolition des armes nucléaires ! » et les repoussent sous prétexte de « sécurité » sur le trottoir de la Rue des Saussaies, très étroit à cet endroit. Finalement, la banderole doit être repliée. Ils interdiront en outre, chose inouïe, au caméraman de France 3 de filmer quoi que ce soit. Les « invités » devront repartir sans passer devant l’Elysée, qui est sur leur chemin.

Les tractations pour se faire recevoir durent près d’une heure. Joint au téléphone par Jean-Marie Matagne, le chef de cabinet de Madame le préfet de La Rochelle confirme sa version des faits : la Préfecture a bien eu de l’Elysée l’annonce que la délégation serait reçue. Mais les représentants de l’ordre, de même que l’un des intermédiaires de l’Elysée venu sur place, refusent de prendre la communication et maintiennent, sur consigne de l’Elysée, que la délégation n’a pas été invitée et qu’elle n’a qu’à attendre un courrier à venir dans le courant de la semaine, dont le contenu n’a pas été révélé.

Au cours des échanges, les policiers ont à plusieurs reprises affirmé à la délégation qu’elle aurait dû disposer d’une autorisation écrite de la Préfecture de Paris pour pouvoir exhiber sa banderole ; que toute banderole ou pancarte, fût-elle portée par une seule personne, était preuve de manifestation dès lors qu’elle était « revendicative », et que toute manifestation devait faire l’objet d’une déclaration et d’une autorisation préalables, à défaut de quoi elle était illégale. Un policier est allé jusqu’à dire qu’un unique manifestant non autorisé pouvait à lui seul constituer un attroupement illégal. En somme, désormais, seuls les hommes-sandwiches porteurs d’une publicité (sous réserve qu’elle ne soit pas « revendicative »...) sont encore autorisés a priori à déambuler sur les trottoirs parisiens.

Outre le manque de parole ou d’ouverture dont a fait preuve l’Elysée, ACDN dénonce ces graves atteintes aux libertés publiques – à rapprocher de la répression violente dont les manifestants contre la ligne THT ont fait l’objet en Normandie ce week-end.

Atteintes :

- à la liberté d’expression

- à la liberté de manifestation

- à la liberté d’information.

ACDN attend le courrier de l’Elysée, mais appelle toutes les forces démocratiques à se mobiliser contre une dérive autoritaire qui augurerait bien mal du « changement » promis.

[Source : ACDN]

 Ils suspendent leur grève de la faim

 Extension des jeûnes tournants dans toute la France

le 26 juin 2012

Communiqué de presse conjoint d’ACDN et des Comités RAHAN, 26 juin 2012

Jean-Marie Matagne et Luc Dazy, après avoir consulté leurs proches et leurs médecins, suspendent leur grève de la faim.

Au surlendemain du vote d’Europe Ecologie-Les Verts adoptant leur objectif*, les deux grévistes de la faim membres d’ACDN, Jean-Marie Matagne (42 jours de jeûne intégral) et Luc Dazy (25 jours), toujours dans l’attente d’une réponse de l’Elysée, ont commencé ce mardi 26 juin à se réalimenter.

Dans toute la France, chaque jour, des citoyens ont pris le relais en jeûnant un ou plusieurs jours, à leur convenance, pour signifier leur volonté d’obtenir ce référendum, seul moyen pour le peuple français de faire valoir sa volonté de vivre dans un monde et une France sans armes nucléaires.

Les comités « RAHAN » (pour un Référendum et l’Abolition Historique des Armes Nucléaires) issus de la grève de la faim coordonnent cette action et multiplieront les initiatives aux niveau local et national dans les semaines et les mois à venir.

[Source : ACDN]

Désarmement nucléaire : Europe Ecologie-Les Verts adopte le référendum

le 24 juin 2012

Le Conseil Fédéral (instance décisionnelle suprême) d’Europe Ecologie-Les Verts, réuni à Paris les 23 et 24 juin 2012, a adopté à l’unanimité moins une abstention une résolution « pour un référendum sur la participation de la France à l’abolition des armes nucléaires ».

Le Conseil Fédéral, très chargé par ailleurs, a consacré à l’examen de cette motion plus de quarante minutes. Elle était portée devant le Conseil Fédéral par son Président, Philippe Meirieu. Elle a été présentée en douze minutes par Jean-Marie Matagne, puis a fait l’objet d’un débat. Un seul amendement a été retenu, celui proposé par le Bureau du Conseil Fédéral, rendant « hommage à l’action de Jean-Marie Matagne, assum(ant) son combat et s’engage(ant) à le porter ».

De longs applaudissements et une ovation debout ont émaillé cette séance.

Désormais, on peut espérer que le combat pour un référendum sur la participation de la France au désarmement nucléaire sera celui de l’ensemble du parti EELV et notamment de « ses représentant-es au parlement et au gouvernement » qui devront « tout mettre en œuvre pour que soit mis à l’étude dans un délai rapproché un projet de loi ou une proposition de loi » portant l’organisation d’un large débat et d’un référendum sur la question suivante :

« Approuvez-vous que la France participe avec les autres Etats concernés à l’élimination complète des armes nucléaires, sous un contrôle mutuel et international strict et efficace ? »

Voir ci-dessous le texte de la résolution.

CONSEIL FEDERAL des 23 et 24 juin 2012 à Paris :

Au sommet de l’OTAN de Chicago (21 mai 2012), les premiers gestes de la France depuis le changement de majorité vont dans le sens contraire au désarmement nucléaire : opposition au retrait des armes nucléaires US installées dans cinq Etats européens, malgré la demande de plusieurs d’entre eux ; approbation de la poursuite du bouclier antimissile US en Europe. Cela ne fait que renforcer la nécessité de recourir à un référendum.

Motion :

Attendu que :

- D’après l’Assemblée générale de l’ONU (Résolution 1653 XVI du 24.11.1961) les armes nucléaires sont « contraires aux lois de l’humanité et criminelles aux termes du droit international », et que « tout Etat qui emploie des armes nucléaires et thermonucléaires doit être considéré comme violant la Charte des Nations Unies, agissant au mépris des lois de l’Humanité et commettant un crime contre l’Humanité et la civilisation » ;

- La France est tenue par l’article 6 du Traité de Non Prolifération qu’elle a signé en 1992 « de poursuivre de bonne foi et de mener à terme des négociations conduisant au désarmement nucléaire dans tous ses aspects, sous un contrôle international strict et efficace », obligation confirmée par la Cour Internationale de Justice dans son Avis du 8 juillet 1996 ;

- Le Conseil fédéral transitoire d’EELV du 2 avril 2011 a adopté à la quasi unanimité la résolution suivante (Décision CFT-11-058) :

« EELV mandate la candidate ou le candidat qui la représentera dans la campagne présidentielle de 2012 pour placer le désarmement nucléaire au cœur de son programme.

« EELV fera de la participation de la France au processus d’abolition des armes nucléaires l’un des points fondamentaux de ses programmes législatif et présidentiel, mais aussi l’un des engagements demandés au candidat ou à la candidate susceptible de représenter la gauche au 2e tour de l’élection présidentielle de 2012 » ;

- Le contrat de mandature PS-EELV précise : « parce que l’initiative du Président Obama est une opportunité historique (...) la France dira sa disponibilité pour une négociation en vue d’un désarmement nucléaire universel, graduel, négocié et contrôlé » ;

- Le peuple français n’a jamais été consulté sur l’institution, l’entretien, le développement, la modernisation de la force nucléaire française, qui lui a déjà coûté 300 milliards d’Euros ;

Résolution

Le Conseil fédéral des 23 et 24 juin 2012 demande à l’ensemble de ses représentant-es au parlement et au gouvernement de tout mettre en œuvre pour que soit mis à l’étude dans un délai rapproché un projet de loi ou une proposition de loi portant l’organisation d’un large débat et d’un référendum sur la question suivante :

« Approuvez-vous que la France participe avec les autres Etats concernés à l’élimination complète des armes nucléaires, sous un contrôle mutuel et international strict et efficace ? »

Le Conseil Fédéral rend hommage à l’action de Jean-Marie Matagne, assume son combat et s’engage à le porter. Il souhaite que Jean-Marie Matagne et Luc Dazy puissent arrêter leur grève de la faim et souhaite vivement que la présidence de la République qui les recevra demain entende leur exigence dont il est solidaire.*

Unanimité moins une abstention

CONSEIL FEDERAL, 23 & 24 juin 2012, Paris

Source : [Action des Citoyens pour le Désarmement Nucléaire]

Paul Quilès :

…ce que j’appelle « un mensonge français ».

En réalité, ce mensonge se compose de 10 contre-vérités :

1- L’armement nucléaire est notre « assurance vie »

C’est destiné à rassurer (sauf qu’une assurance vie n’est utile qu’au survivant ; il s’agit plutôt d’une assurance mort !). Mais pourquoi et au nom de quel principe interdire aux autres pays d’en disposer ?

2- La dissuasion interdit toute attaque nucléaire.

Si c’était le cas, pourquoi prévoir un coûteux « bouclier anti-missile », qui signe l’échec de la dissuasion (cf l’IDS de Reagan)

3- Notre armement correspond au principe de « stricte suffisance ».

Notion pas très stricte, qui a évolué dans le temps (exemples), preuve de son caractère fallacieux.

4- C’est indispensable pour lutter contre la prolifération.

Au contraire, l’addiction des grandes puissances au nucléaire pousse à la prolifération dans les pays qui pensent que c’est la meilleure défense et qui le nucléaire leur permettra de se faire entendre (Inde, Pakistan, Iran…)

5- Nous respectons le TNP.

Non, voir article VI (« Chacune des Parties au Traité s’engage à poursuivre de bonne foi des négociations sur des mesures efficaces relatives à la cessation de la course aux armements nucléaires à une date rapprochée et au désarmement nucléaire, et sur un traité de désarmement général et complet sous un contrôle international strict et efficace. ») La modernisation des armes va à l’encontre de cet engagement.

6- Nous ne pouvons pas demander le retrait des Armes Nucléaires tactiques américaines stationnées en Europe (seules dans l’OTAN, la France, la Hongrie et la Lituanie sont sur cette ligne !), parce que cela mettrait en cause la force aérienne nucléaire française.

Cela est faux : il s’agit d’un armement français sur le territoire français.

7- Cet armement ne coûte pas cher.

Actuellement, 3,5 Mds €/an, sans parler de ce qui est caché dans d’autres items budgétaires et bientôt plus, s’il faut renouveler des équipements comme les SNLE NG (sous-marins nucléaires de nouvelle génération). Au niveau mondial, le nucléaire militaire coûtera 700 Mds $ sur la prochaine décennie !

[Il est à préciser que les chiffres sont, de plus, largement sous-estimés, les Etats ayant tous tendance à camoufler les coûts vertigineux des systèmes d’armements nucléaires et de tout ce qui les accompagne, à commencer par les missiles qui les portent. En France, les frais de la bombe sont dissimulés en particulier dans le budget de la recherche, très important alors qu’on sait que la recherche – civile – est exsangue. Paris s’éveille]

8- Il assure notre indépendance.

Alors, quid de l’OTAN ? Envisage-t-on de se défendre seul contre une attaque nucléaire….venant d’où ? De Chine ? D’Iran ? De Corée du Nord ?

9- Il nous permet de faire entendre notre voix au Conseil de sécurité.

Notre position de membre permanent n’a rien à voir avec la possession de l’arme nucléaire. En 1945, seuls les Etats-Unis (membre du « club des 5 ») détenaient la bombe atomique.

10- Il y a un consensus en France sur cette question.

Faux. Il n’y a jamais eu de débat de fond, même dans les partis.

Je rajouterai même 2 autres contre-vérités qui ne sont pas colportées qu’en France :

- le nucléaire a permis de mettre fin à la seconde guerre mondiale ;

- cet amoncellement d’ogives ne présente pas de danger.

[Source : blog de Paul Quilès]