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RFI ne s’est pas aperçu, fin novembre, de l’élection de l’Assemblée constituante, et encore moins de la révolution qui a chamboulé l’Islande depuis plus de deux ans maintenant, mais la rédaction de la radio mondiale française n’aura pas manqué l’accord passé, début décembre, en vue d’un règlement de la dette de plus de 5 milliards de dollars à l’origine de cette révolution. Accord énigmatique toutefois : le peuple a bien décidé par référendum, le 6 mars 2010, avec une majorité confortable de près de 95% des suffrages,de ne pas payer cette dette. Énigmatique également le fait que l’essentiel de cet « accord », avec la Grande Bretagne, n’ait pas été publié. On croit comprendre aussi que cet « accord » reste soumis à approbation.

L’Islande a annoncé jeudi 9 décembre 2010 un remboursement intégral, dès 2016, de sa dette de 5 milliards de dollars, soit 3,8 milliards d’euros, à la Grande-Bretagne et aux Pays- Bas. Cette somme correspond à la somme que ces deux pays avaient avancée pour dédommager leurs citoyens victimes de la faillite de la banque islandaise en ligne Icesave.

En pleine crise financière, la banque en ligne islandaise Icesave avait fait faillite, entraînant dans son sillage 320 000 épargnants hollandais et britanniques. Comme elle était incapable de rembourser ces cybers clients, ce sont les gouvernements britannique et hollandais qui avaient volé au secours de leurs compatriotes en couvrant leurs pertes.

Un accord prévoyait alors que le gouvernement de Reykjavik indemnise les épargnants lésés avec un intérêt de 5.5%. Mais par la voie d’un référendum le 6 mars 2010, 93% des Islandais avaient rejeté cette proposition, refusant que le contribuable paie un tel tribut à la ruine du système bancaire. Depuis, Londres et La Haye tentaient de récupérer leur avance auprès de Reykjavik. C’est désormais chose faite.

Le nouvel accord, négocié à Londres mercredi 8 décembre, prévoit l’étalement du remboursement à partir du mois de juillet 2016. Les Pays-Bas vont percevoir 1,3 milliards d’euros à un taux de 3%. Le montant perçu par la Grande Bretagne n’est pas encore connu. Le nouvel accord doit encore être soumis aux autorités islandaises pour validation.

Ce différend était l’un des principaux points de friction dans les négociations d’adhésion de l’Islande à l’Union européenne, ouvertes fin juillet à Bruxelles.

[Source : RFI]