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Le 8 janvier au matin, Réda, un jeune homme sans-papiers, s’est jeté par la fenêtre en tentant d’échapper à la police, venue perquisitionner chez lui.

Réda est mort.

La police affirme qu’elle n’était pas venue l’interpeller en raison de sa situation de sans-papiers.

Toujours est-il que si Réda a sauté du 9e etage, c’est bien parce qu’il pensait que l’on venait l’interpeller pour le placer en Centre de Rétention.

Et son geste n’est pas un acte isolé : Peut-être avez-vous entendu parler d’Ivan, 12 ans, tombé du 4e étage en août dernier, ou de Chunlan, morte le 20 septembre en tentant de fuir la police.

Une fois placées en Centre de Rétention, de nombreuses personnes vont jusqu’à commettre des tentatives de suicide. Le 12 Juin, un homme de 27 ans se donnait la mort au Centre de Rétention de Bordeaux.

Parlons donc de ces Centres de Rétention, ou CRA, en fait des veritables prisons où l’on parque les personnes en situation irrégulière comme on parque du bétail dans une étable. Surpopulation, humiliations quotidiennes, conditions inhumaines de rétention en des lieux qui ne devraient même pas exister. Situé à quelques pas du célèbre hippodrome, faisant face aux calèches des personnalités les plus fortunées de Paris, le CRA de Vincennes connaît depuis décembre une situation quasi-insurrectionnelle. En effet, les retenu-e-s du centre refusent d’obéir aux ordres qui leur sont donnés et certain-e-s ont entamé une grève de la faim.

Il va sans dire que nous apportons tout notre soutien à celles et ceux qui luttent pour que leurs droits et leur dignité soient enfin respectés au pays des Lumières.

Pour 2008, le Ministère de l’Immigration et de l’Identite Nationale prévoit 28 000 expulsions de personnes sans-papiers. Il est nécessaire de rappeler que les lois de plus en plus répressives à l’égard des étrangers sont appliquées dans le seul but de créer plus de « sans-papiers » qui constituent ainsi une main-d’œuvre totalement exploitable et exploitée. Exploitée par le patronat faisant pression sur ses employé-e-s sans-papiers qui de ce fait se trouvent contraint-e-s d’accepter un métier des plus pénibles et largement sous-payé, sans quoi ils/elles s’exposent à être dénoncé-e-s, arrêté-e-s puis expulsé-e-s.
Ministère de l’Immigration et de l’Identité Nationale, Rafles et Expulsions massives, Suicides de personnes sans-papiers, tests ADN pour les candidats au regroupement familial …

L’État français se livre à une véritable persécution des sans-papiers, alors que dans le même temps le président Sarkozy fait mine d’honorer la memoire de Guy Moquet, résistant fusillé à 17 ans par les nazis.

La France a par ailleurs été accusée à l’ONU de légitimer le racisme.

Un mot nous vient à l’esprit : la honte.

Nous ne voulons pas d’un monde où les peuples cohabitent sans pouvoir se rencontrer, et où les frontières tracées par les dirigeants et les patrons se dressent comme des murs au pied desquels meurent celles et ceux qui aspirent à une vie meilleure.

Samedi 19 janvier, pour la journée nationale de soutien aux sans-papiers, nous organiserons un départ en groupe depuis Levallois.

Rendez-vous devant le lycée à 14 heures.

À bas toutes les frontières !

Solidarité entre les peuples !

[Source : Indymedia Paris]