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D’autant que l’histoire n’est pas terminée...

Une sale affaire de violence policière a eu lieu à Pantin le 14 décembre 2015. Ce jour-là, le fils aîné de la famille Kraiker, Bilal, âgé de 18 ans, a été agressé par la police dans le hall de l’immeuble du 21, rue Auger.

Ici la police (Brigade Spécialisée de Terrain) procède à de très fréquents contrôles d’identité au pied de la tour qui se situe près de la porte de Pantin. Un harcèlement quasi quotidien qui en fatiguerait plus d’un.
Ce jour-là les policiers sautent sur Bilal, 18 ans, il est étranglé et reçoit une pluie de coups. Puis laissé là sans soins, écroulé sur le bitume. C’est sa mère qui le conduira à l’hôpital où il sera opéré en urgence dans la nuit. Le policer l’ayant notamment visé aux testicules.

Suite à cette bastonnade, il reçoit 30 jours d’ITT et décide de porter plainte à la police des polices, l’IGPN, le commissariat de Pantin ayant refusé sa plainte.

Mais le harcèlement ne s’arrête pas là.

Le 26 décembre la police remet ça. Ils se mettent à fouiller une quinzaine de jeunes gens présents « un peu trop profondément » dira l’un d’entre eux. La colère gagne ces jeunes harcelés et humiliés quotidiennement.
Les policiers n’hésitent pas à lancer une grenade de désencerclement, la détonation affole la mère de Bilal qui vient juste de descendre.

Zahra Kraiker est animatrice à la mairie de Paris, elle sort en panique, craignant pour son fils déjà blessé et pas encore rétabli. Elle demande alors ce qui se passe aux policiers, affolée, des jeunes lui apprennent que Bilal est menotté à l’arrière de la voiture de police. Alors qu’elle veut comprendre pourquoi ils s’en prennent encore à lui, elle est alors violemment repoussée, puis battue, et aspergée de gaz lacrymogène.

La scène publiée sur Internet a été filmée par une voisine qui depuis craint les menaces de l’OPH comme plusieurs autres familles témoins ou victimes de la violence policière qui se déchaîne au pied de cette tour nommée l’îlot 27.

Wassil, le plus jeune des enfants de Zahra, âgé de 15 ans, arrive, voyant sa mère battue, il tente de s’interposer pour la défendre, c’est alors contre lui que se déchaîne le policier, il est à son tour violemment tabassé, immobilisé au sol, menotté, tandis que sa mère est jetée au sol, son fils est frappé au visage, toujours menotté dans le dos, n’attendant qu’une chose : que la pluie de coups cesse, avant d’être embarqué.
Zahra Kraiker aura 10 jours d’ ITT (interruption temporaire de travail) suite à ses blessures.

Au total, cinq jeunes, dont quatre mineurs, seront frappés et embarqués.
Au bout de 48 heures les familles auront enfin de leurs nouvelles, ils seront déférés en vue de l’ouverture d’une information judiciaire au bout de 72 heures !
La garde à vue au commissariat de Pantin, sera mouvementée : gifle, insultes racistes, etc. Puis, les cinq jeunes gens sont libérés et placés sous le statut de témoins assistés, « signe que les faits qui leur sont reprochés ne sont pas aussi clairs que la version policière » - notera S. Mouillard journaliste de Libération dans son article du 29 décembre 2015.

Mais cette affaire sordide de violence policière ne s’arrête pas là.

Entre-temps le commissaire de Pantin a été changé, et c’est le nouveau commissaire qui, hier matin - mercredi 10 février 2016 - à 6h20, se présente au domicile de la famille Kraiker pour embarquer leurs deux fils et leur chiot (le chiot sera amené à la SPA) ainsi que les deux jeunes témoins de l’agression précédente, pour, leur dit-on, des faits de dégradations en réunion ?!!

Ils ont donc été à nouveau placés en garde à vue dans ce même commissariat de Pantin, où il est impossible de rentrer, la porte étant barrée par une béquille bleue et de nombreux hommes en armes, le doigt sur la détente de leur Famas.

Entre-temps de nouvelles arrestations de jeunes de l’îlot 27 sont faites... Histoire de mettre en scène une affaire d’importance ?

Cet après-midi - jeudi 11 février 2016- ils ont été déférés au tribunal de Bobigny pour une « affaire » de dégradations au 21 de la rue Auger, à hauteur de 86 000 euros !
Surprise : le juge n’est pas au courant du contexte actuel, ni de la plainte déposée à l’IGPN par la famille Kraiker, ni donc de l’enquête en cours !

Le procureur de la République requérait pour Bilal, jeune majeur, une peine d’emprisonnement ! L’avocat Me Mairat expose alors le contexte dans laquelle le dite « affaire émerge ». Pendant ce temps les mineurs sont reçus par le juge pour enfants (audition non publique). Les parents vont et viennent entre les deux chambres, effondrés, mais déterminés.

Bilal, 18 ans, sera jugé le 19 mai prochain, le procureur requérait carrément sa mise en détention immédiate ! Après délibéré, il a été libéré mais mis sous contrôle judiciaire avec interdiction d’aller au 21 de la rue Auger, l’immeuble voisin où il y aurait eu des dégradations, sous peine d’emprisonnement immédiat.

Un Comité de vigilance contre les violences policières s’est créé en soutien à la famille Kraiker et aux autres habitants du quartier victimes du harcèlement de cette police qui n’hésite pas à tabasser tout ce qui bouge, enfants, maman, etc.
Un Facebook du même nom publie informations et vidéos, notamment celle de la conférence de presse qu’ils ont organisée le 30 décembre dernier, que nous vous invitons à regarder ci-dessous.
FB

Ajout extrait article publié sur le site de révolution permanente : http://revolutionpermanente.fr/L-interminable-persecution-de-la-famille-Kraiker-par-la-BST-de-Pantin

Le 12 mars 2016, Wassil est interpellé et placé en garde à vue, avant d’être libéré sans poursuites.

Dés le mois d’avril, le procès intenté contre Bilal est classé sans suites, le chiot n’entrant pas dans la catégorie des chiens dangereux. Les frais de fourrière lui sont remboursés.

Le 19 mai 2016, le procès contre Bilal et Wissal est reporté à septembre, Pantin Habitat n’ayant pas apporté d’éléments probant attestant des dégradations commises par les deux frères et leurs voisins.

Les 24 et 25 mai 2016, Bilal et Wissal sont convoqués par la juge d’instruction en qualité de témoins assistés dans l’affaire du 26 décembre. A l’issue de l’audition, ils sont mis en examen pour violences sur PDAP sur la base d’un témoignage anonyme.

Le 6 juillet 2016, Bilal est confronté à ses agresseurs dans les locaux de l’IGPN.

Le 25 janvier 2017, Wassil est atablé dans le kebab à l’angle de la rue des 7 arpents avec son ami Amine, pour regarder un match de foot. Peu après, alors qu’ils se rendent chez Amine, ils voient les policiers de la BST courir après plusieurs personnes dans leur direction. Crayant d’être pris à partis, ils prennent également la fuite. Rattrappés, ils sont accusés avec trois autres jeunes, Zinedinne, Massinissa et Abdelali, d’avoir participé à un attroupement armé. Avant son arrestation, Wassil dit avoir entendu un agent de la BST crier « Y’a Kraiker, attrapper-le ! »

Placés en garde-à-vue, trois d’entre eux sont libérés sans poursuites. Seuls Wassil et Zinedinne sont déférés au parquet de Bobigny le 26 janvier au soir. On accuse Wassil d’avoir été en possession d’une béquille, ce qu’il nie fermement devant le juge pour enfants.

La famille Kraiker rapporte les propos des policiers durant la garde-à-vue, qui a été particulièrement difficile pour Wassil. Le chef de la BST, Christian, lui a déclaré :

«  Alors, ton père va toujours dire que t’es un enfant modèle ?  » ; «  C’est dommage que j’avais pas un flashball, je t’aurais tiré sur la tête  » ; «  Montre-nous comment tu pleures !  » ; «  Votre association ne sert à rien  » ; «  à cause de vous, un de nos collègues a été viré  » ; «  Et vous voulez pas vous entretuer ?  »

Lors de leur interpellation et de leur garde-à-vue, Wassil, Abdelali et Zinedine ont subit jets de gaz lacrymogène, clés de bras et gifles. Une contravention pour « bruit ou tapage injurieux troublant la tranquillité d’autrui  » a également été établi contre Wassil, alors même qu’il se trouvait en garde-à-vue.

La BST semble clairement vouloir punir la famille Kraiker, qui a eu le culot de mettre en lumière les pratiques de cette nouvelle « police de proximité », créée pour mettre les quartiers populaires au pas et préparer le terrain pour la transformation urbaine en cours dans les quartiers périphériques de la capitale.