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Les mœurs des flics du 93 sont décidément bien curieuses : un sans-papiers est « relâché », mais les fonctionnaires lui fournissent… des faux papiers. Il proteste, mais on n’en tient nul compte, en dépit de la présence d’une avocate, et aussitôt qu’il sort deux flics de la BAC lui emboitent le pas et… l’arrêtent « sur réquisition ». Le comportement illégal de bout en bout de la police illustre bien la politique xénophobe en place, pour laquelle tous les moyens sont bons. Le Président de la République l’a ordonnée, et les ministres de l’Intérieur successifs rivalisent pour mettre en place cette politique qui génère les comportements les plus ignobles jusqu’à la base de la police. On croit rêver ? Non : ce cauchemar est bien la réalité de l’État raciste qu’on a laissé s’installer.

30 juillet au matin l’expulsion du squat de la rue des Sorins à Montreuil abouti à l’arrestation d’une grande partie des personnes qui y habitaient. Une majorité d’entre elles est sans-papiers et à été transférée au commissariat de Bobigny. De nombreux cars de police ont fait des aller-retours entre Montreuil et Bobigny pendant une bonne part de la matinée.

Vers midi un monsieur qui avait été arrêté est finalement libéré. Il demande à quelques personnes qui se trouvaient là, où est le métro le plus proche.

Le monsieur leur explique alors que, avant de sortir, les policiers lui ont donné un titre de séjour falsifié avec ses nom, prénom, date de naissance et photo dessus. Une avocate de permanence aux gardes à vues était présente lors de cette remise du titre faux et des protestations du monsieur. Il continue en disant qu’il ne comprend pas, que ce n’est pas à lui et qu’il ne voulait pas la prendre mais que les policiers lui ont mis dans ses affaires.

Alors que le monsieur se dirige vers le métro, deux hommes, sortis de derrière un arbre, semblent le suivre. Inquiétées, les quelques personnes présentes leur emboite le pas. Les deux individus accélèrent sensiblement. Une personne les dépasse alors, rejoint le monsieur et lui explique, tout en marchant, qu’il est probablement suivi.

C’est alors que les deux hommes les rattrapent et leur disent être de la BAC et agir sur réquisition (dont personne ne verra trace). Les deux personnes sont bonnes pour un contrôle d’identité. À ce moment le monsieur enlève ses chaussures non encore relacées et commence à se tordre par terre. L’autre explique que le Monsieur ne se sent pas bien, qu’il vient de sortir du commissariat, qu’il a été raflé ce matin, qu’il est traumatisé. Les policiers décident de les emmener tous les deux au commissariat. À ce moment le monsieur, totalement apeuré, sort le titre falsifié et dit qu’il ne comprend pas pourquoi les policiers du commissariat lui ont donné ça. Les flics appellent par talkie pour être sur que c’est un faux. Ils demandent aux deux personnes de les suivre au commissariat « sans les menottes, si vous restez tranquilles et que vous ne vous enfuyez pas ». Sur le chemin du retour ils expliquent que posséder un titre de séjour falsifié est un délit en France, que le monsieur « racontera son histoire a l’opj » et qu’ils « n’assument pas ». Arrivés devant le commissariat les policiers rendent sa carte d’identité à l’une et conduisent l’autre à l’intérieur pour une nouvelle GAV.

[Source : z-pajol]