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Au cœur de l’été, dans l’espoir de faire diversion de l’affaire l’Oréal, Nicolas Sarkozy lance une campagne raciste sans précédent contre les Tziganes, Rroms, "gens du voyage, éternels bouc-émissaires... Quotidiennement les déclarations les plus violentes sont à la une des journaux. Officiellement, la chasse à l’homme est annoncée : les centaines de camps “irréguliers” sont menacés d’expulsion immédiate. D’ores et déjà la police d’Hortefeux met les bouchées doubles pour exécuter cette politique indigne.

« Seront punis de cinq ans d’emprisonnement et de 45000 euros d’amende ceux qui, par l’un des moyens énoncés à l’article précédent, auront directement provoqué, dans le cas où cette provocation n’aurait pas été suivie d’effet, à commettre l’une des infractions suivantes :
[...]
Ceux qui, par l’un des moyens énoncés à l’article 23, auront provoqué à la discrimination, à la haine ou à la violence à l’égard d’une personne ou d’un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée, seront punis d’un an d’emprisonnement et de 45000 euros d’amende ou de l’une de ces deux peines seulement. »

Article 24 Code pénal

Le gouvernement espère que la relâche estivale permette de faire passer la rhétorique raciste qu’il étale de façon obscène.

L’association La Voix des Rroms a souligné que les déclarations du Président et du Ministre de l’Intérieur sont susceptibles d’être l’objet de poursuites pénales pour incitation à la haine raciale.

C’est un fait : l’État a engagé une campagne en effet strictement « illégale », répondant exactement à l’incrimination d’incitation à la haine raciale. L’État hors-la-loi. Mais pire qu’hors-la-loi : en dehors des clous de toute morale.

Non : les mots sont faibles. Comment qualifier ce déferlement démagogique ?

Comment qualifier la stigmatisation d’un groupe humain ?

Comment qualifier le fait que l’État lâche sa police en plein été sur des camps de nomades – dans l’espoir qu’il n’y ait pas trop de public pour assister à l’ignominie de ces interventions contre des familles, qui n’ont d’autre perspective que d’être pourchassées ?

Ce n’est pas seulement un discours, mais une pratique raciste massive que Sarkozy-Hortefeux impulsent comme pour faire oublier leurs autres méfaits...

Qu’ils soient poursuivis, bien sûr ! Qu’ils soient condamnés surtout.

Mais quelle peine peut rendre justice de tels crimes politiques ?

Si les pratiques racistes de l’État sont constantes, sous la IVe comme sous la Ve République, aucun régime n’aura osé commettre une telle campagne depuis l’État français pétainiste.

Nous, citoyens, sommes condamnés au spectacle de cette ignominie : le discours d’une politique de ségrégation raciale – et les actes qui suivent.

Les rafles antijuives – et déjà anti-tziganes – dont ont été responsables les flics de Pétain bien coordonnés avec les nazis, se produisaient dans une France sous occupation militaire allemande – et l’opposition n’existait que sous forme de résistance, clandestine, demandant par nature un courage extrême, au risque de sa vie.

Aujourd’hui, les rafles anti-sans-papiers et anti-tziganes prennent place dans un pays en paix où chacun est libre (à peu près) d’exprimer son indignation.

Halte à la campagne raciste de Sarkozy !

Toutes les forces anti-racistes ont le devoir de se mobiliser contre cette ignominie estivale. Les Rroms ne doivent pas être victimes des congés payés !

Mobilisation générale !

QSP