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Aux représentants des partis politiques, des organisations syndicales, des associations Guadeloupéennes...

Cher(e)s Camarades, Cher(e)s Ami(e)s,

Vous n’ignorez pas la situation chaotique dans laquelle se trouve plongé Haïti, suite aux ouragans ayant récemment ravagés l’île. Tout manque : l’eau potable, les denrées alimentaires, le gaz, les vêtements, l’électricité, …

Haïti est sans conteste le pays le plus pauvre de la Caraïbe, et l’Etat haïtien malgré sa bonne volonté ne peut seul faire face à une telle situation. Certes, la solidarité internationale s’organise, mais au vu du désastre il eut fallu intensifier beaucoup plus nettement l’aide internationale.

Il n’empêche que nous pouvons – même si cela reste encore insuffisant – nous satisfaire du grand élan de solidarité qui s’est mis en branle en Guadeloupe comme en Martinique ; élan perceptible à tous les niveaux : du simple citoyen jusqu’aux entreprises et collectivités, en passant par les associations et comités.

Mais soyons francs, cet indéniable altruisme ne doit pas masquer une autre réalité guadeloupéenne, moins flatteuse celle-là : l’obsession d’une partie de l’opinion en matière d’immigration, et une réelle xénophobie envers la communauté haïtienne.

Et de vous conter cette effrayante anecdote illustrant tristement de telles affirmations : une guadeloupéenne avait osé affirmer devant des amis «  qu’aux aboiements de son chien, elle savait reconnaître tout haïtien » passant devant chez elle !

Certains n’hésitent pas à se retrancher derrière la stricte application de la loi, alors que ces lois d’exception et la politique « anti-haïtienne » furent réclamés à grand cris par leurs représentants. Et puis comment ne pas voir que ces reconduites à la frontière le sont le plus souvent au détriment du droit, et des droits de l’homme en particulier ?

Aussi, la Ligue des Droits de l’Homme Guadeloupe ne peut et ne veut se résoudre à baisser les bras face à de tels agissements de la part des autorités préfectorales. Comment pouvons-nous décemment accepter que l’on continue à expulser des ressortissants haïtiens, alors que c’est le chaos qui règne là-bas ? Le bon sens le plus élémentaire eut été au minimum de suspendre de telles expulsions ! La récente expulsion du petit Jephté et de son père est un cas emblématique, d’autant qu’aux dernières nouvelles celui-ci et son père errent dans les rues de Port-au-Prince dans le désœuvrement le plus total, et que du coup l’état de santé de Jephté s’est fortement dégradé !

C’est pourquoi, en raison des relations historiques, humaines et culturelles qui nous lient à Haïti, pays phare de la Caraïbe, nous vous demandons solennellement, en tant que représentants de vos organisations, de signer l’appel ci-joint, qui sera prochainement adressé au Préfet de la Guadeloupe.

Nous comptons sur vous cher(e)s camarades, c’est la société civile guadeloupéenne tout entière qui doit réaffirmer son attachement aux droits de l’homme et aux valeurs humanistes qui la fondent !

Je vous prie de croire en l’assurance de mes fraternelles salutations.

LDH Guadeloupe


Appel au Préfet de la Guadeloupe pour un moratoire des expulsions et la régularisation des sans-papiers

A l’occasion des dégâts catastrophiques provoqués en Haïti par les récents cyclones, les Guadeloupéens découvrent avec émotion les conséquences inhumaines de la politique d’expulsions en nombre pratiquée par les autorités. Sans prendre en compte les situations humaines et familiales, les étrangers sont arrêtés dans des opérations qui s’apparentent de plus en plus à des rafles, et immédiatement expulsés sans souci des conséquences sur leur vie et celle de leurs proches.

Aujourd’hui, une large part de la population haïtienne se trouve confrontée à des difficultés majeures pour sa survie, sans abri, sans alimentation et même sans eau potable, sans savoir si les secours parviendront jusqu’à elle. La Guadeloupe tout entière se mobilise afin d’apporter son aide.

Il n’est pas acceptable que les autorités continuent à expulser des êtres humains vers un pays en situation de catastrophe. De plus en plus souvent, on constate que ceux qui sont expulsés vivent depuis des années en Guadeloupe, qu’ils y ont toutes leurs relations et y ont construit leur vie malgré le lourd handicap que représente l’absence d’autorisation de séjour.

Celle-ci les maintient bien souvent dans des situations inacceptables sur le plan humain.

Nous demandons donc aux autorités préfectorales de prendre en compte ces souffrances et la situation particulière d’Haïti :

-En décidant d’un moratoire des expulsions vers Haïti ;

- En accordant l’autorisation de séjour à ceux qui vivent à nos côtés dans l’insécurité ;

- En organisant en Guadeloupe le retour du petit Jephté et de son père.