Grève et répression au CRA de Vincennes


Publié le: 9 janvier 2008

Les forces de l’ordre sont intervenues dans la nuit de dimanche 30 à lundi 31 décembre, pour la seconde nuit consécutive, au centre de rétention de Vincennes (Valde- Marne). Les policiers ont fait rentré dans leurs chambres des étrangers protestant contre leurs conditions de rétention, a-t-on appris auprès de retenus.

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Selon un retenu de l’un des deux centres de rétention administrative (CRA) de Vincennes qui a requis l’anonymat, des policiers ont “entouré” vers minuit les retenus qui se trouvaient dans la cour et qui refusaient de gagner leurs chambres en criant “Liberté !”.

“On nous traite comme des bêtes sauvages” Une “cinquantaine de policiers casqués et avec des matraques à la main” se trouvaient derrière les grillages de la cour, a précisé la même source. “Les gens ont été poussés. Il y a des blessés”, a assuré un autre retenu.

La préfecture de police de Paris n’avait pas pu être jointe dimanche soir.

Les retenus se sont plaints notamment des “8 à 10” comptages de la nuit dernière, qui ont gêné leur sommeil. “On nous traite comme des bêtes sauvages”, s’est indigné un porte-parole, qui a indiqué que les “deux tiers” des personnes en rétention à Vincennes poursuivaient une grève de la faim.

“Il n’y a pas de comptage la nuit sauf exception”, a-t-on affirmé en revanche à la préfecture de police, qui a toutefois précisé : “La nuit dernière (de samedi à dimanche)faisait partie des exceptions en raison d’un déclenchement d’alarme périphérique”. “La quasi-totalité des personnes se sont alimentées”, a-t-on encore affirmé à la préfecture de police, qui a démenti tout mouvement “organisé” de grève de la faim.

“Doléances” et grève de la faim Dans la nuit de samedi à dimanche déjà, les forces de l’ordre étaient intervenues pour le même motif au CRA de Vincennes.

Le mouvement de protestation a commencé la semaine dernière au centre de rétention du Mesnil-Amelot (Seineet- Marne) et a emprunté diverses formes : rédaction de “doléances” portées au chef du centre, et grève de la faim pour certains depuis jeudi.

Les retenus du Mesnil-Amelot ont cessé leur grève de la faim samedi alors qu’un juge des libertés et de la détention de Paris a décidé de remettre en liberté Abou Ndianor, l’un des meneurs de la contestation.

Professeur de mathématiques d’origine sénégalaise présent sur le territoire française depuis 2001, Abou Ndianor avait été arrêté à Orléans (Loiret) mi-décembre et transféré au centre du Mesnil-Amelot.


[Source : Nouvelobs.com]