Grève de la faim au Mesnil-Amelot
Publié le: 31 décembre 2007
Depuis bientôt une semaine, la révolte gronde parmi les 120 détenus de la prison administrative pour étrangers du Mesnil-Amelot (CRA) située pratiquement sur les pistes l’aéroport de Roissy. Ils protestent contre les conditions de leur détention mais aussi et surtout contre le sort fait aux sans-papiers dans ce pays et la véritable chasse à l’homme dont ils sont l’objet.
En effet, soumis à la pression de la politique du chiffre à tout prix, les Préfectures et les services de police recourent à tous les moyens et à tous les stratagèmes pour interpeller, placer en rétention et expulser à tout va. Rafles dans les transports publics et dans les rues, descentes de police sur les lieux de travail et même dans les magasins comme cela s’est produit mercredi à Paris, convocations pièges, contrôles au faciès, interpellations à domicile, tout est bon pour faire du chiffre – pour tenter d’atteindre l’objectif démentiel de 25 000 existences fracassées en 2007.
Malgré leur situation très difficile (conditions carcérales dans lesquelles la police a tous les pouvoirs, possibilité de dispersion des détenus, menaces d’une expulsion précipitée), ceux du Mesnil-Amelot ont réussi à s’organiser et à élaborer leurs revendications, essentiellement la fin de la chasse à l’homme dont ils sont les victimes, et à faire connaître leur mouvement.
Face à la révolte des détenus contre la crasse et la promiscuité dans lesquels on les fait vivre et le bannissement qui les attend, les autorités conservent le silence.
Comme ils le disent eux-mêmes, les détenus du Mesnil-Amelot, comme la quasi-totalité des sans papiers d’ailleurs, sont des travailleurs et, ont, le plus souvent, des charges familiales, en France ou au pays. Les persécutions dont ils sont victimes n’ont d’autre justification que l’entêtement doctrinaire et la démagogie xénophobe des Stakhanov de l’expulsion.
Le RESF appelle à manifester sa solidarité aux détenus innocents du Mesnil-Amelot en téléphonant, en envoyant des fax et des mails au sous-préfet en charge de Roissy et au ministre en charge des rafles, du drapeau et des prisons administratives.
[Source : RESF]



