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Gisli est avocat. il est aussi “consumer spokesman” – chargé de la défense des consommateurs. Surtout, il réfléchi depuis très longtemps à la question constitutionnelle, et il a été parmi les premiers, dès la crise de l’automne 2008, à proposer qu’une nouvelle constitution soit élaborée. Son parti, centriste, en aura fait une condition du soutien au gouvernement de gauche parvenu au pouvoir en février 2010, dit-il. Gisli est aujourd’hui un des animateurs du conseil constitutionnel, ainsi que s’appelle en fait l’assemblée constitutionnelle, consultative, dont le projet devra être validé par le Parlement.

L’assemblée constituante est devenue un simple « conseil » dès lors que la haute cour a mis en cause sa faible représentativité. En effet, les électeurs ne sont pas précipités aux urnes pour choisir parmi les 522 candidats – une participation de 35% du corps électoral représentant la moitié de l’ordinaire.

Pour sortir de l’impasse résultant de cette contestation, le Parlement aura choisi de nommer les membres – élus – de l’assemblée constituante consultative comme membres d’un “conseil” attaché au Parlement.

Ce qui ressort de nos différentes interviews, c’est que l’élection à cette assemblée aura d’autant moins passionné les foules que les médias auront refusé de couvrir la campagne, considérant qu’il était impossible de rendre compte de plus de 500 candidatures. Ce n’est que deux jours avant l’élection que la radio d’État a commencé à donner la parole aux candidats...

Les diverses commissions examinent à la fois la question dite des droits-de-l’homme, celle de l’organisation des pouvoirs exécutif et législatif, comparant avec les différents systèmes existants sur terre.

Le climat parmi les constituants est plutôt bon. La bonne volonté pour élaborer des solutions, générale. Par contre, il n’est pas certains que des solutions très nouvelles soient en cours d’examen.

Gisli considère qu’une sorte de décentralisation, permettant un meilleur contrôle des décisions de l’État central par les différentes régions serait une avancée importante. De même, un conseil constitutionnel, “à la française”.

Pour le reste, il envisage un système progressif, considérant que des changements trop radicaux auraient moins de chance de passer.

Nous avons insisté sur le problème apparu du fait d’une mauvaise circulation de l’information, aussi bien pendant la campagne pour l’élection de cette assemblée que depuis. Depuis plusieurs semaine qu’elle se réunit, l’assemblée constituante aura suscité la curiosité de journalistes italiens – et français, avec nous –, mais nullement de la presse islandaise... Ainsi la question de la démocratisation de médias pourrait se poser. Le fait que ceux-ci ont une responsabilité d’éclairer le débat public n’est manifestement pas prise en compte et mériterait de l’être.

Nous avons également suggéré qu’une entreprise aussi sérieuse que celle consistant à vouloir redéfinir les règles de la démocratie mérite plus que deux ou trois mois de réflexion et la rédaction d’un projet destiné à être adopté ou rejeté par le Parlement. Une « maison de la démocratie », où la recherche sur la question des institutions pourrait être une entreprise permanente nous semblait pouvoir être une façon de prolonger utilement les débats...

Bande-son de cette interview (en anglais) à venir.