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Ces derniers jours la Lybie est en train d’organiser la déportation massive d’Erythréens enfermés depuis plusieurs mois voir plusieurs années dans ces fameux camps de rétention construits pour protéger l’Europe et donc financés par l’Union européenne. Mardi, dans un de ces camps, celui de Misratah, lors des procédures d’identification des révoltes ont éclatées et de violents affrontements avec la police ont eu lieu. Il y a eu également une tentative d’évasion et des personnes qui ont préféré essayer de se suicider plutôt que de risquer l’identification et l’expulsion, cette expulsion signifiant tortures, travaux forcés et camps de redressement militaires.

Suite à cette révolte, 250 Erytréens emprisonnés à Misratah ont été réveillés dans la nuit du 29 au 30 juin par l’armée libyenne. Elles ont été chargées de force dans des containers pour les transporter vers une autre prison, celle de Sebha afin de vider le camp de Misratah suite à la révolte. Le voyage a duré 12h dans des conditions terribles (très forte chaleur, manque d’air...).
L’association érythréenne Habeshia de Rome a pu avoir des nouvelles des déportés maintenant qu’ils sont dans cette prison de Sebha.

Selon les témoignages recueillis dans chaque cellule, sont confinées environ 90 personnes. La surpopulation est telle qu’ils ont passé la première nuit assis parce qu’il n’y a pas de place pour étendre les jambes, il y a peu d’eau et peu de nourriture, même pas assez pour nourrir la moitié des détenus. Les expéditions punitives des flics libyens continuent. Toutes les deux heures les gardiens entrent dans les cellules et battent les prisonniers sans raison. Cinq Érythréens qui ont été blessés lors des affrontements du 29 sont dans un état grave. À la violence s’ajoutent les humiliations : la moitié des déportés sont nus parce qu’ils ont été pris de force pendant leur sommeil.

Les Erythréens expulsés vers Sebha, dont beaucoup sont incarcérés depuis plus de deux ans, exigent que les institutions nationales et internationales leur reconnaissent le droit d’asile politique et la liberté.

Les Nations Unies, l’OIM, Amnesty International, HRW et la Croix rouge internationale ont été informés de la situation par forteresse Europe et l’association érythréenne Habesha.

[Source : rétention_l]