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Hier, lundi 2 mars, un appel à mobilisation circulait pour tenter d’empêcher l’expulsion d’un gréviste de la faim de Palaiseau, Mohamed Ngadi, déjà condamné à cinq mois de prison pour avoir, deux fois, résisté à son expulsion. Transféré de Paris à Sète, il devait être expulsé cette fois en bateau de la compagnie Comanav, à destination du Maroc. Et on apprenait, dans la nuit de lundi à mardi, qu’une intervention déterminée de militants cévenols – qui seront parvenus à grimper jusque sur le toit du ferry – aura finalement empêché cette expulsion !

On a le récit de la tentative d’expulsion de Mohamed Ngadi :

Sorti de Palaiseau vers 10 heures, lundi matin, puis mis dans un avion au Bourget vers 14h, direction Montpellier. De là en train ou bagnole jusqu’au port de Sète, lieu privilégié des départs vers le Maroc.

Anticipant de cette possibilité, des militants parisiens avaient prévenu dès vendredi des amis à eux, des Cévennes.

« Résultat, les gens de là-bas ont méchamment assuré aujourd’hui. »

« Une quinzaine a contourné le barrage de la douane et est montée jusque sur le toit de la cabine la plus haute du ferry (100m de long...), exigeant la libération des trois sans-papiers qui y étaient enfermés, dont Mohamed. »

« Après plus d’une heure de blocage et de négociation, les trois hommes ont été descendus et emmenés au centre de rétention de Sète. Aucune arrestation chez les occupants. Le capitaine était apparemment correct. »

« Chapeau aux copains copines déterminées. »

Lundi 2 mars, Mohamed Ngadi risquait d’être expulsé par le ferry Comanav de 19h vers le Maroc. Sans papiers, il s’est déjà opposé physiquement deux fois à son expulsion du territoire français par la Police de l’Air et des Frontières : pour cela, il a été emprisonné pendant 5 mois.

Détenu depuis plus de deux semaines au Centre de Rétention Administratif de Palaiseau (banlieue parisienne), il a participé au mouvement de grève de la
faim qui agite ce CRA depuis une dizaine de jours. Des révoltes éclatent régulièrement dans ces camps, comme à Toulouse et à Bordeaux, où, il y a peu, des prisonniers sans-papiers ont provoqué des départs de feu. Comme en Italie, à Lampedusa, où le centre de rétention a brûlé entièrement il y a une semaine...

La Comanav et Euromer participent à l’expulsion des sans-papiers moyennant finances : il n’y pas de petits profits. Cependant, on peut espérer qu’un certain nombre d’employés ne souhaitent ni remplir la fonction
d’auxiliaire de police ni faire des bénéfices sur les expulsions comme l’ont choisi les dirigeants d’Euromer.

Le capitaine peut refuser l’embarquement de la personne à expulser. Chacun, employé ou passager, peut refuser de participer de près ou de loin à la machine à expulser.

Rdv au port de Sète à 19h pour s’opposer à l’expulsion de Mohamed Ngadi.

[Source : collectifencevennes]