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Occupant de la Bourse du travail, L. vient de Tunisie. Il vit en France depuis 2001.

Je suis de Djerba. Je suis arrivé en 2001.

Je suis allé en Belgique avec un visa. Je suis resté là-bas un mois. Quand le visa a été périmé, je suis venu à Paris chez des amis. Je suis venu ici, parce que… la France, quoi !

Je travaille dans les restaurants comme aide-cuisinier et plongeur. Je n’ai jamais travaillé au noir, j’ai toujours été déclaré, avec une fausse carte bien sûr. J’ai tous les bulletins de paie, j’ai toutes les preuves.

À Djerba j’étais pêcheur. Mon bateau s’appelait Hamida. Un chalutier moteur 45. Je pêchais tout, sardines, thons, crevettes… Tout ! Je livrais à l’international, je travaillais avec la France…

Ici il y a du travail pour tout le monde. Moi j’ai besoin de papiers, comme tout le monde. Les papiers c’est la base. Je suis fatigué. Franchement, sans-papiers, c’est galère.

À l’hôpital j’ai payé 80 euros, la prochaine fois 180 euros.

En ce moment j’habite à la Bourse. Je dors ici depuis 9 mois, je connais tout le monde.

J’ai un dossier en préfecture. Si j’ai les papiers, je pars à Marseille direct, et je travaille dans la pêche. J’ai un métier, moi !

Si j’ai mes papiers, je reste, c’est tout.

Ici j’ai été contrôlé quinze fois, à Cadet, place Clichy, à République… à chaque fois ils m’ont laissé partir.


Atheni lawarad
Donne-moi les papiers


Propos recueillis par A.L.O.