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Cet article a été repris quasiment tel quel par le Quotidien des Sans-Papiers. Ce dernier ne cautionne pas tout ce qui est écrit dans cet article, mais son contenu descriptif sur le camp de Vincennes nous a semblé tout de même intéressant, quand bien même il semble sous certains abords n’avoir pas été écrit par une personne sans papiers, ou par un soutien des sans-papiers… Rappelons qu’un camp propre et “digne de ce nom” selon l’article reste un camp, et donc offre des conditions de vie déplorable. De plus il semble étrange que les responsable du camp cherchent à “respecter l’équilibre diététique” des détenus et la conservation de “la chaîne du froid…” La nourriture étaient souvent périmée sous “l’ancien régime”.

Le camp de rétention de Vincennes est un lieu carcéral. Il est composé de deux bâtiments parallèles ayant des rôles biens distincts. Le premier bâtiment s’appuie sur un talus au sommet duquel se trouve le second. Le premier bâtiment se subdivise en trois parties : l’accueil, le sas et le rez-de-chaussée de la salle de rétention. Rien qu’au rez-de-chaussée, on peut déjà constater l’exiguïté du bâtiment. Le couloir d’accès est considérablement étroit. La salle de fouille par exemple, ne fait que 9 m2 au maximum. Les consuls et les avocats bénéficient tout de même d’une cabine vitrée d’environ 3 m2. Même les personnels de justice et de santé travaillent dans des conditions plutôt déplorables. Leurs espaces de travail sont étroits mais ils ont tout de même l’avantage d’être munis de fenêtre. L’OMI et la CIMADE ont toutefois réussi à trouver de la place pour leurs employés qui sont respectivement au nombre
de deux. Les conditions de travail de ces personnes sont encore plus rudes que celles du personnel de justice et de santé dont les bureaux ne possèdent même pas de fenêtre. Si telles sont les conditions de travail des personnes de service, on ne peut qu’imaginer les conditions dans lesquelles vivent les retenus.

Déjà, ils ont “l’avantage” de bénéficier d’une cour avec un auvent en tant qu’espace commun. Cette cour donne accès à la cantine. Les chambres des retenus se trouvent au premier étage du bâtiment. Chaque chambre est vaste de 12 à 15 m2 et accueille 3 ou 4 retenus. Les toilettes et les douches sont quand même en bon état. Le second bâtiment ressemble à quelques détails près au premier. Il a juste “l’avantage” d’avoir une salle commune munie d’un poste de télévision et d’une laverie récemment mise en place.

Cela a permis une amélioration considérable en termes d’hygiène dans le camp de rétention de Vincennes. Actuellement, les draps des lits des retenus sont remplacés et nettoyés une fois par semaine. Les retenus ont le talus qui se trouve entre les deux bâtiments, comme cour de promenade. Le manque d’espace de vie commune et d’équipements se fait ressentir dans le comportement des retenus du camp de rétention de Vincennes. Ces derniers ont tendance à se regrouper selon leur origine géographique pour pouvoir communiquer facilement entre eux. De plus, ils n’ont aucun choix à part errer dans les couloirs ou rester allongés sur leur lit. Comme tous les camps de rétention “dignes de ce nom”, celui de Vincennes est également doté d’une salle de sports équipée et adaptée. Toutefois et malheureusement pour les retenus, celle du camp de rétention de Vincennes est fermée en raison d’un manque de personnel de sécurité. Ce manque de
personnel se fait également ressentir sur le plan sanitaire. Les crédits alloués par le gouvernement ne permettent même pas la mise en place d’un service de santé adéquat. L’infirmière n’est présente au camp que 20 heures sur 24.

En cas d’absence de celle-ci et dans les cas d’urgence, les gardiens du camp de rétention de Vincennes doivent appeler le SAMU ou les pompiers du coin. En ce qui concerne la nourriture, une entreprise de restauration se charge de ravitailler le camp de rétention. Si les dirigeants du camp ont mis un point d’honneur à ce que l’équilibre diététique et le respect de la chaîne du froid soient respectés, les rations sont plutôt insuffisantes. Malgré ces conditions précaires, un projet d’extension permet au camp d’accueillir 76 lits supplémentaires. Ce projet a tout de même permis à la zone d’accueil d’être élargie à 110 m2. Le bâtiment principal fut également doté d’un parloir ainsi que d’une pièce indépendante réservée aux audiences consulaires. Les retenus du camp de rétention de Vincennes sont majoritairement des sans-papiers d’origine africaine. Ceux qui se retrouvent dans ce camp perdent tout espoir de s’installer en
France. En désespoir de cause et vivant dans des conditions de vie chaotique, les retenus sont sujets à des troubles mentaux. De plus à Vincennes, les retenus sont laissés à leur propre sort. L’absence d’un accompagnement psychologique par des spécialistes rend la situation encore plus critique. La mort tragique d’un retenu tunisien de 41 ans a entraîné la colère des retenus qui, pour manifester leur colère et leur incompréhension, ont allumé plusieurs foyers d’incendie. L’arrivée rapide des pompiers a cependant permis de limiter les dégâts. Les retenus furent évacués puis réincarcérés dans d’autres camps. Cet incident devra mettre en alerte les autorités du camp de rétention de Vincennes pour éviter que cela ne se reproduise.

Le Mardi 06 Janvier 2009 à 12:15
Article écrit par Toli

http://www.web-libre.org/dossiers/centre-retention-administrative-vincennes,6202.html