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La mobilisation des lycéens contre la réforme des retraites s’est amplifiée hier dans le 93. Des lycées et une autoroute ont été bloqués.Des violences ont aussi émaillé cette journée d’action.

La mobilisation des lycéens s’est encore amplifiée hier dans tout le département, où manifestations, grèves ou blocus ont touché près d’une trentaine d’établissements. Certains professeurs sont arrivés très tôt hier devant leur lycée afin de s’assurer que tout se passait bien, d’autres, accompagnés de parents, ont encadré les manifestations pour éviter des débordements.

Des incidents parfois violents ont toutefois émaillé cette journée de mobilisation, comme à Saint-Denis, à Epinay ou à Noisy-le-Sec. L’inspection académique, qui note une amplification du mouvement lycéen, a condamné fermement les actes de violence. « On a assisté à des exactions intolérables, tonne l’inspecteur d’académie, Daniel Auverlot. Je me suis déplacé au lycée Louise-Michel d’Epinay-sur-Seine et j’ai assisté à un véritable spectacle de désolation. Nous n’avons plus affaire à un mouvement lycéen, mais à un groupuscule de casseurs. »

« Les lycéens sont très motivés pour défendre leur avenir, assure de son côté Pierre Claustre, responsable du Snes. Et je ne vois pas pourquoi ça s’arrêterait. » Ce samedi, les lycéens du 93, comme ceux de Jean-Renoir à Bondy, devraient rejoindre la manifestation parisienne.

• 6 h 30, Montreuil : premier blocus à Jean-Jaurès

« En colère mais plus motivés que jamais. » Aurélia, 18 ans, résume l’état d’esprit des lycéens montreuillois de Jean-Jaurès au lendemain du tir de flash-ball policier qui a gravement blessé au visage Geoffrey, 16 ans, élève du lycée voisin Condorcet, devant leur établissement (lire en page II). Mobilisés avant l’aube, les élèves ont amassé poubelles, grillages et palettes pour bloquer l’accès du lycée, sous l’œil de profs et de parents venus pour empêcher tout débordement. La mobilisation a culminé à 10 h 30 quand 500 élèves (de Jean-Jaurès, Condorcet, Eugénie-Cotton) ont convergé vers l’hôtel de ville, rejoints pas des profs, des syndicalistes et des élus dont la maire (Verts), Dominique Voynet. Une heure plus tard, un cortège s’est dirigé jusqu’à la rue de Paris où une partie des lycéens se sont engouffrés dans la bouche du métro Robespierre. Avant la dispersion, des conteneurs à verre ont été incendiés en face de la halle Marcel-Dufriche. Toute la matinée, les policiers se sont tenus à distance.

• 8 heures, Noisy-le-Sec : jets de pierres contre un bus

Un bus de la ligne 145 (Pantin-Villemomble) est victime d’un jet de cailloux à hauteur du lycée Théodore-Monod. Aucun usager n’est blessé mais, par mesure de sécurité, le chauffeur fait évacuer les passagers.

• 9 heures, Saint-Ouen : manifestation avec les salariés

Des lycéens de Blanqui et Marcel-Cachin défilent aux côtés des salariés de Bull, Citroën, Alstom, de la RATP, des services communaux. Un défilé de près d’un millier de personnes, « très bien encadré », souligne la responsable de l’union locale CGT. Après la manifestation, des lycéens ont repris les barrages près de leurs lycées et des policiers ont essuyé des jets de projectiles.

• 9 heures à 10 heures, Epinay : incendies aux lycées

Un feu de poubelle se déclare contre le portail du lycée Feyder. Les vitres de la loge de la gardienne sont caillassées et le proviseur aspergé de gaz lacrymogène. Dans l’autre lycée de la ville, à Louise-Michel, la voiture de la conseillère principale d’éducation est incendiée et l’appartement de la gardienne dégradé.

• 10 heures, Tremblay-en-France : chaîne humaine

Une chaîne humaine barre l’accès au lycée Léonard-de-Vinci. Des mélomanes sont venus avec leurs djembés, d’autres peignent des banderoles étrillant Nicolas Sarkozy.

• 10 heures, Stains : policiers caillassés

Deux voitures de la police sont caillassées. Les policiers sont pris à partie par une centaine de personnes.

• 10 h 15, La Courneuve : pillage au supermarché Super U

Plus d’une cinquantaine de lycéens, essentiellement des filles, du lycée Arthur-Rimbaud de La Courneuve, pillent le supermarché Super U des Quatre-Routes. Trois personnes sont interpellées. L’intervention de l’équipe enseignante permet de ramener le calme. Au lycée Jacques-Brel, où les cours sont bloqués, le mouvement est mieux encadré et les lycéens préparent la manifestation parisienne d’aujourd’hui.

• 10 h 30, Saint-Denis : vols et échauffourées

Des adolescents sèment la pagaille. Le magasin Courir, dans la galerie marchande du centre commercial Basilique, est pris d’assaut. Les commerçants baissent leur rideau. Quelques échauffourées éclatent aussi entre des jeunes et des policiers rue Jean-Jaurès.

• 11 heures, Noisy-le-Sec : poubelles incendiées

Les élèves du lycée Olympe-de-Gouges partent manifester sur la place Jeanne-d’Arc. Un autre groupe de jeunes tente d’entrer de force dans le lycée professionnel voisin Théodore-Monod. « Ils ont incendié des poubelles, et ce sont nos élèves qui ont éteint le feu en allant chercher un extincteur dans un bus », note un professeur.

• 11 h 30, Bondy : autoroute A 3 bloquée

Ils sont une centaine à venir de Noisy-le-Sec. Ils empruntent la bretelle d’autoroute et parviennent à bloquer les quatre voies en prenant des risques inconsidérés, de l’avis d’un policier. Un hélicoptère les surveille. Aucun blessé et pas de carambolage.

• Midi, Le Raincy : 500 jeunes devant le lycée

Parti à 10 heures du lycée Nobel à Clichy-sous-Bois, le cortège des manifestants, encadrés par une vingtaine d’enseignants et de parents, a grossi au fil des haltes, d’abord au lycée Boulloche à Livry-Gargan où ils ont été rejoints par des élèves de Henri-Sellier, pour atteindre plus de 500 personnes au Raincy, devant le lycée Schweitzer, à la mi-journée. En début d’après-midi, la mairie du Raincy déplorait des caillassages et des bris de vitres à l’hôtel de ville par « une centaine de jeunes manifestants ».

• 14 heures, Saint-Denis : départ de la manif de l’université

Une manif composée de lycéens, étudiants et salariés (cheminots, communaux…), part de l’université Paris-VIII pour défiler calmement dans les rues de la ville. La plupart des commerces, y compris la poste, qui avaient baissé le rideau le matin, rouvrent leurs portes. Une nouvelle assemblée générale doit se tenir lundi midi à la fac.

[Source : Le Parisien]