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Le commissariat de Poissy, dans les Yvelines, a ouvert une enquête vendredi sur une étrange affaire. Dans la nuit de jeudi à vendredi, plusieurs hommes cagoules et armes se sont introduits dans un camp de Roms des Yvelines.

D’après les témoignages recueillis par les enquêteurs, ces hommes ont fait irruption dans le camp de la plaine de Triel-sur-Seine vers deux heures du matin dans une voiture munie d’un gyrophare. Ils ont pénètre dans des caravanes avec des fusils et des matraques, arrachant certaines portes.

Habilles comme des policiers

Plusieurs personnes du camp ont indique avoir été molestées et menacées avec des armes a feu, une femme précisant avoir été obligée de se déshabiller. L’agression aurait dure une demi-heure, les hommes cagoules tirant en l’air à plusieurs reprises. Les habitants du camp ont précisé que leurs agresseurs « étaient habilles comme des policiers ».

« Ces familles ne pourront jamais oublier ce qu’elles ont vécu. Le plus dramatique est que ces hommes sont repartis avec les papiers d’identité de plusieurs personnes du camp », a indique a Annick Omond, du Collectif de soutien aux familles roms de la plaine de Triel-Chanteloup.

Une trentaine de familles roms, menacées d’expulsion, vivent depuis plusieurs années dans des conditions précaires sur un terrain prive dans la plaine de Triel-sur-Seine. Elles réclament un autre terrain pour pouvoir vivre dans de meilleures conditions et notamment être raccordées a un réseau d’eau potable.

***

Dans la nuit du 27 au 28 octobre, un peu avant 3h du matin, une agression violente a eu lieu contre les familles roms qui vivent sur le terrain de Triel.

Quatre personnes cagoulées et armées, habillées comme des policiers, sont arrivées en voiture, ont menacé les habitants des caravanes avec leur armes (y compris des personnes tenant des bébés dans les
bras), en ont brutalisé certains. Ils ont pris, ou se sont fait remettre sous la menace, des sacs, des portefeuilles des documents (carte de séjour, permis de conduire, etc..), des cartes bancaires,
le peu d’argent que les familles avaient.

Les personnes du terrain, ayant compris que leurs agresseurs étaient de “faux policiers”, ont appelé la police. Ne voyant pas venir la police malgré leurs appels répétés, ils ont prévenu des membres du
collectif. Ceux-ci, une fois sur place, se mirent à appeler la police. Il leur fallut parlementer pour obtenir que des policiers viennent enfin sur le terrain.

Après le premier passage de la police, les autorités ont enfin semblé mesurer la gravité de cette agression : envoi de la police scientifique dans la matinée ; appel d’interprètes pour prendre les dépositions au commissariat de Poissy ; appel du Sous Préfet pour nous dire “que les agressions contre les personnes sont
intolérables” et que “tous les moyens seront mis en œuvre pour que l’enquête fasse toute la lumière sur cette affaire.

Sans préjuger des résultats de l’enquête, et quels que soient les mobiles des agresseurs (crapuleux ? racistes ? autres ?), nous constatons que les déclarations faites l’été dernier par les responsables de l’Etat
appelant à “chasser les roms” n’ont pu que favoriser cette attaque immonde et intolérable.

RomYvelines, Communiqué n°8 du 29 octobre 2010

Conférence de presse du Collectif RomYvelines vendredi 29 octobre à 17h sur le camp

Source : Collectif contre la xénophobie